vendredi 6 septembre 2013

L'Homme aux poings de fer


Titre : L'Homme aux poings de fer (The Man with the iron fists)
Réalisateur : RZA
Acteurs : RZA, Russell Crowe, Lucy Liu
Date de sortie en France : 2 janvier 2013
Genre : arts martiaux, action

Synopsis : 
A son arrivée dans un village de la Chine féodale, un forgeron est contraint à se battre pour lui-même et pour les villageois, qu'il est amené à défendre contre de redoutables guerriers... 

Avis : 
 On le sait, le groupe de rap new-yorkais Wu-Tang Clan a toujours été largement influencé par la culture asiatique, notamment par le cinéma hongkongais et les films de kung fu. Dès lors, il est logique que pour sa première expérience en tant que réalisateur, RZA, membre fondateur du groupe, choisisse de rendre hommage à ce cinéma, tout en choisissant la forme à la mode du faux film d'exploitation, dans le sillage de Robert Rodriguez ou de Quentin Tarantino.


Cosignant le scénario avec Eli Roth (Cabin fever, Hostel), RZA va s'entourer de quelques jolis noms pour interpréter les personnages : on retrouve ainsi Russell Crowe (Gladiator, Les Misérables), Lucy Liu (Kill Bill, Charlie et ses drôles de dames), Rick Yune (Fast and furious, La Chute de la Maison Blanche) l'ancien catcheur Dave Bautista et quelques guest-stars comme Pam Grier (Foxy Brown, Jackie Brown), Gordon Liu (La 36e chambre de Shaolin, Kill Bill) ou Eli Roth. 

Du beau monde donc, pour un film qui va rapidement se révéler médiocre. D'abord parce RZA est quand même un acteur terriblement mauvais, ensuite parce qu'à force de vouloir jongler entre les clins d'oeil, l'aspect divertissant et un scénario faussement travaillé, le film se prend les pieds dans le tapis. Il n'en ressort finalement pas grand chose, l'histoire semble s'écrire au fur et à mesure sans véritable fil rouge, au point que certains personnages semblent vraiment inutiles, comme celui interprété par Crowe. En fait, à vouloir s'élever au dessus du simple hommage, RZA réussit même à donner l'impression d'un film pompeux, usant des gimmicks jusqu'à nous en dégouter.

Bien évidemment, il reste quelques passages réussis, notamment ceux mettant en scène l'homme de cuivre, quelques répliques sympathiques, mais le tout est bien trop inégal pour véritablement divertir sur la durée. A vouloir trop en faire, RZA ne fait finalement rien de bien convaincant, se ramassant finalement la figure très loin des films dont il s'inspire. Et si finalement la plus grande réussite de L'Homme aux poings de fer, c'était justement de montrer une nouvelle fois la qualité de certaines oeuvres de la Shaw Brothers, qu'il ne suffit pas d'imiter pour égaler ?

Note : 3,5/10


jeudi 5 septembre 2013

Percy Jackson : la mer des monstres


Titre : Percy Jackson : la mer des monstres (Percy Jackson: sea of monsters)
Réalisateur : Thor Freudenthal
Acteurs : Logan Lerman, Brandon T. Jackson, Alexandra Daddario
Date de sortie en France : 14 août 2013
Genre : aventures, fantastique

Synopsis : 
Percy Jackson ne sent pas vraiment l’âme d’un héros. Même s’il a déjà sauvé le monde, ce demi-dieu se demande si ce n’était pas tout simplement un coup de bol extraordinaire. Lorsqu’il découvre que son demi-frère est un monstre, il commence même à penser qu’être le fils de Poséidon est peut-être une malédiction. Mais il ne va pas avoir le temps de méditer sur le sujet car la barrière de protection divine qui protège le Camp des Sang-Mêlé est attaqué par une horde de monstres mythologiques, menaçant de détruire le sanctuaire des demi-dieux. Pour sauver leur seul refuge, Percy et sa bande doivent se lancer à la recherche de la légendaire Toison d’Or.

Avis : 
 Après un premier épisode plutôt moyen, Percy Jackson revient pour une aventure qui va légèrement corriger le tir : maintenant que l'univers mêlant mythologie grecque et jeunesse américaine contemporaine est installé, la saga choisit de se concentrer un peu plus sur l'aspect épique, mettant le jeune demi-dieu aux prises avec de nombreuses créatures, marchant directement dans les pas d'Hercule, d'Ulysse, de Persée ou de Jason.


Percy Jackson affrontera ainsi un taureau aux pieds d'airain, une manticore, le cyclope Polyphème, le monstre marin Charybde, ou encore le Titan Cronos dans sa quête pour retrouver la Toison d'or. Il rencontrera également la pythie de Delphes (qui étrangement, n'est pas en plein repas, alors qu'il est bien connu que la pythie vient en mangeant...), Hermès, devenu employé chez UPS, ou les trois Grées, conductrices d'un taxi largement pompé sur le magicobus d'Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban.

Bref, l'humour un peu lourd basé sur les anachronismes est bien là, accompagné comme il se doit par des jeux de mots très enfantins et des situations assez navrantes, notamment autour du nouveau personnage, le cyclope Tyson, demi-frère du demi-dieu Percy. On n'échappera pas non plus aux séquences émotion à deux balles, grosses comme des maisons (devinez donc comment se termineront les gentilles rivalités entre Tyson et Annabeth, ou entre Percy et Clarisse ?), ou aux errements scénaristiques étranges : les Dieux n'apparaissent pas, semblent bizarrement n'en avoir rien à foutre de la menace de Cronos, mais interviennent pour planter un arbre dans le cadavre encore frais d'une jeune fille héroïque...Avec un tel sens des priorités, ils pourraient presque présider la France !

Apparemment destinée à combler le vide laissé par la saga Harry Potter, la saga Percy Jackson n'en trouve toujours ni le charme ni la magie. Finalement plus enfantine que son modèle, elle accouche cette fois d'un épisode un peu plus réussi, grâce à un aspect épique et spectaculaire laissant un peu de côté les irritantes confrontations au monde réel, omniprésentes dans Le Voleur de foudre. Cela reste un divertissement principalement destiné aux enfants et ados, loin d'être aussi fédérateur que pouvait l'être le sorcier à lunettes, mais pas désagréable à regarder...

Note : 6/10


Zombie


Titre : Zombie (Dawn of the dead)
Réalisateur : George Romero
Acteurs : Ken Foree, Gaylen Ross, David Emge, Scott H. Reiniger
Date de sortie en France : 11 mai 1983
Genre : horreur, épouvante

Synopsis : 
Des morts-vivants assoiffés de sang ont envahi la Terre et se nourrissent de ses habitants. Un groupe de survivants se réfugie dans un centre-commercial abandonné. Alors que la vie s'organise à l'intérieur, la situation empire à l'extérieur... 

Avis : 
When there's no more room in hell, the dead will walk the Earth. Sans doute la réplique la plus emblématique de tout le cinéma d'horreur, une phrase qui rappelle instantanément au spectateur ce groupe de survivants enfermé dans un supermarché entouré de milliers de zombies. Une oeuvre fondatrice, pilier central du film de zombies, dont le film de George Romero reste encore aujourd'hui l'un des meilleurs représentants.


Il est toujours bon de rappeler, même si l'information est aujourd'hui largement connue, qu'il existe plusieurs montages pour Dawn of the dead, donnant des films vraiment différents : outre le director's cut, on distingue le montage américain, de Romero lui-même, et le montage européen, le plus connu en France, et que l'on doit à Dario Argento. Si l'histoire reste semblable, c'est surtout au niveau du rythme et de l'ambiance générale que les montages diffèrent, parfois par des détails, dont l'accumulation finit par donner deux oeuvres bien distinctes.

Chez Argento, le rythme est soutenu, suivant celui des musiques des Goblin. Les personnages sont peu développés, et on assiste surtout à un film d'action avec des zombies, avec un aspect bis ouvertement revendiqué et clairement tourné vers le fun. Chez Romero en revanche, le film est plus calme, insistant sur les rapports entre les membres du groupe, qui bénéficient d'une personnalité bien plus fouillée. De même, on retrouve cet humour cynique caractéristique du réalisateur, de même qu'une dimension dramatique bien plus présente. J'avoue avoir une préférence assez nette pour le montage américain, étant par nature plus friand des films prenant le temps de dérouler leur histoire. 


Les deux versions restent néanmoins d'excellents films, chacun dans leur catégorie : jouissif et rythmé chez Argento, plus sombre et profond chez Romero. Evidemment, le tout n'est pas exempt de défauts, d'effets gore souvent assez simplistes (en revanche, certains maquillages sont sublimes !) à un fond bien moins intelligent que l'on voudrait parfois le faire croire (un pamphlet contre la société de consommation ? allons...). Zombie est en tout cas un incontournable, même si j'avoue qu'il ne s'agit ni de mon film de zombies préféré (Le Mort-vivant de Bob Clark, ou même La Nuit des morts vivants de Romero, restant mes favoris), ni le meilleur Romero à mes yeux (je préfère quand il sort de sa saga zombiesque, comme pour Martin ou Season of the witch).

Note : 8,5/10 (montage américain : 9/10 ; montage européen : 8/10)