mercredi 14 août 2013

Elysium


Titre : Elysium
Réalisateur : Neill Blomkamp
Acteurs : Matt Damon, Jodie Foster, Sharlto Copley
Date de sortie en France : 14 août 2013
Genre : science-fiction, action

Synopsis : 
En 2154, il existe deux catégories de personnes : ceux très riches, qui vivent sur la parfaite station spatiale crée par les hommes appelée Elysium, et les autres, ceux qui vivent sur la Terre devenue surpeuplée et ruinée. La population de la Terre tente désespérément d’échapper aux crimes et à la pauvreté qui ne cessent de ne propager. Max, un homme ordinaire pour qui rejoindre Elysium est plus que vital, est la seule personne ayant une chance de rétablir l’égalité entre ces deux mondes. Alors que sa vie ne tient plus qu’à un fil, il hésite à prendre part à cette mission des plus dangereuses -  s’élever contre la Secrétaire Delacourt et ses forces armées – mais s’il réussit, il pourra sauver non seulement sa vie mais aussi celle de millions de personnes sur Terre.

Avis : 
En 2009, Neill Blomkamp avait, dès son premier film, marqué le public avec son District 9, dont la seconde partie se révélait particulièrement jouissive. Après un tel succès, le réalisateur sud-africain était évidemment attendu au tournant, obtenant pour son premier film hollywoodien un budget conséquent (90 millions de dollars, contre "seulement" 30 millions pour son film précédent) et un casting royal : Matt Damon, Jodie Foster, Sharlto Copley (l'acteur principal de District 9) ou encore William Fichtner.


Avec Elysium, Blomkamp reprend quelques thèmes qui lui semblent cher : on retrouve ainsi sans surprise la lutte des classes, avec cette opposition entre les plus riches, bien en sécurité sur Elysium, et les plus pauvres, soumis à l'autorité d'une police inhumaine, contraints de travailler dans des conditions horribles pour un salaire de misère, et n'ayant qu'un accès aux soins limités. Rien de bien nouveau ni de bien subtil dans tout ça, mais comme pour District 9, l'intérêt va très vite se trouver ailleurs. 

Elysium va ainsi rapidement se tourner vers l'action, avec un Matt Damon rapidement forcé de s'opposer à l'ordre établi pour survivre : obligé de rejoinde Elysium pour survivre, il va ainsi se voir greffer un exosquelette (on retrouve ici l'idée de fusion entre deux corps étrangers, l'armature métallique remplaçant le membre extraterrestre) et être poursuivi par Kruger, un agent sud-africain implacable. Les affrontements se font au corps à corps ou à coups d'armes futuristes, démembrant les victimes ou les faisant exploser.


Bénéficiant d'effets spéciaux très réussis, ces scènes d'action sont souvent intenses et parfois violentes, mais souffrent par moments de la réalisation très (trop ?) stylisée de Blomkamp : la caméra à l'épaule donne ainsi autant de séquences réussies que de passages illisibles, et le réalisateur abuse parfois de ralentis, au point de laisser l'impression de se regarder un peu filmer. Rien de bien grave, si ce n'est une scène clé complètement ratée en fin de film.

Reste quand même un scénario qui, bien qu'assez prévisible, reste très prenant et réserve quelques moments très forts. Matt Damon est époustouflant dans le rôle principal, et on appréciera aussi de voir Jodie Foster en garce ou Sharlto Copley en mercenaire violent. Avec Elysium, Neill Blomkamp confirme donc les belles promesses de District 9, et si le film est légèrement inférieur à son aîné, dont il partage un bon nombre de qualités et de défauts, il reste l'un des films de science-fiction les plus réjouissants de ces dernières années. De quoi nous faire patienter avant District 10 ou une adaptation de la saga de jeux vidéo Halo, pour lequel Blomkamp semble plus que jamais être le réalisateur idéal.

Note : 8/10


jeudi 8 août 2013

Kaïro


Titre : Kaïro
Réalisateur : Kiyoshi Kurosawa
Acteurs : Haruhiko Kato, Kumiko Aso, Koyuki
Date de sortie en France : 23 mai 2001
Genre : épouvante, horreur, thriller

Synopsis : 
Taguchi, un jeune informaticien, est retrouvé pendu dans son appartement. Sous le choc, ses collègues cherchent à en savoir plus sur ce suicide inexplicable. La victime a laissé un mystérieux message contenu dans une simple disquette. De toute évidence, celle-ci recèle un virus qui contamine ses utilisateurs et a de graves répercussions sur leur comportement. A Tokyo, l'inquiétude grandit au fur et à mesure que le virus se propage à travers les réseaux informatiques. Des petits groupes de jeunes gens tentent de résister, tandis que les disparitions se multiplient.  

Avis : 
La Mort est une solitude éternelle. Avec Kaïro, Kiyoshi Kurosawa va réaliser en 2000 l'un des meilleurs films de spectres de l'histoire du cinéma, et l'un des films les plus effrayants que j'ai pu voir. A l'image du Dark water d'Hideo Nakata, il va mêler épouvante et thriller dramatique, offrant un diagnostic particulièrement pessimiste de son pays.


Le Japon va mal, très mal. Suicides, disparitions, individualisme, autisme virtuel...Les relations entre les personnes n'existent plus, et quand elles existent, elles ne sont que superficielles, un peu à la façon dont on connaît ses interlocuteurs sur le web. On leur parle, mais on ne connaît rien d'eux, on ne s'intéresse pas vraiment à leurs problèmes, on ne s'inquiète pas véritablement de leur absence. Dans une telle situation d'isolement, le suicide semble y être une solution ("après la mort, je ne serai plus seule"), même si l'on s'aperçoit plus tard qu'il n'y a aucune solution à ces fléaux qui gangrènent le pays, et risquent de le mener vers son apocalypse. 

Pour illustrer cette déviance (parmi d'autres), Kurosawa la personnifie en une figure fantomatique, une ombre dont le symbole semble évident, entre dépersonnification et oubli progressif. Il va s'en servir pour offrir un vrai film d'ambiance, de ceux que l'on ne voit pas assez. De ceux qui ne font pas exploser le son pour donner l'impression de faire peur. Au contraire, le son sera ici un personnage à part entière, jamais agressif, mais omniprésent et angoissant. Il s'allie pour l'occasion avec le sens de l'image du réalisateur japonais : les plans, les perspectives, et les jeux sur les ombres sont d'une beauté remarquables, et participent au climat d'angoisse. Cela donne quelques scènes vraiment terrifiantes, comme ce fantôme s'approchant lentement d'un personnage, ou ce passage tétanisant dans la chambre d'Harue. 

Kaïro reste ainsi, à mes yeux, le meilleur représentant de la vague de films de fantômes asiatiques du début des années 2000, loin devant les Ring, Dark water, Ju-On / Ju-On : the grudge ou encore Shutter. Très effrayant et très intelligent, il ne s'essouffle finalement que lors de son final, un peu long et superflu. Reste une oeuvre formidable, et l'un des très rares films à m'avoir vraiment fait peur, même après l'avoir vu plusieurs fois.

Note : 9/10

 

mercredi 7 août 2013

Lone Ranger, naissance d'un héros


Titre : Lone Ranger, naissance d'un héros (The Lone Ranger)
Réalisateur : Gore Verbinski
Acteurs : Johnny Depp, Armie Hammer, William Fichtner
Date de sortie en France : 7 août 2013
Genre : western, aventures

Synopsis : 
Tonto, guerrie indien, raconte l'histoire méconnue qui a transformé John Reid, un ancien défenseur de la loi, en un justicier légendaire. Ces deux héros à part vont devoir apprendre à faire équipe pour affronter le pire de la cupidité et de la corruption.

Avis : 
Personnage méconnu en France, The Lone Ranger est un héros extrêmement populaire aux Etats-Unis. Véritable icône, il est d'abord apparu dans une feuilleton radiophonique en 1933, puis une série télévisée de 1949 à 1957. Déjà réalisateur de Rango, Gore Verbinski va ici retrouver un mélange entre western et humour, et mettre de nouveau en scène Johnny Depp après la trilogie Pirates des Caraïbes.


Un Johnny Depp qui va d'ailleurs très vite voler la vedette à Armie Hammer (The Social network) en campant un Tonto directement hérité du capitaine Jack Sparrow : toujours au bord de la folie, cet indien taciturne à l'apparence improbable est le véritable héros du film, son principal ressort comique. Certes, après la trilogie des Pirates, l'interprétation de Depp semble souvent un peu redondante, mais reste très efficace et fait régulièrement sourire. Seul William Fichtner (Elysium, la série Prison break) soutient la comparaison, parfait dans la peau du bandit sans scrupule.

Malgré un scénario plutôt simple et quelques choix étrange (la narration par un Tonto âgé dans un musée ne sert strictement à rien...), les 2h30 de Lone Ranger passent très vite. Les scènes d'action se succèdent à un bon rythme, avec une sympathique démesure et un réalisme souvent joyeusement absent. Les deux longues scènes dans les trains sont ainsi des modèles de générosité, même si l'on finit par se lasser de l'utilisation systématique du thème du héros, le William Tell Overture de Rossini, dont le côté épique finit par s'essouffler après plusieurs minutes.

Lone Ranger, naissance d'un héros est donc un divertissement pop-corn, ponctué de scènes d'action démesurée et de touches humoristiques inoffensives. Le mélange des genres (western / aventures / drame / humour) fonctionne plutôt bien, même si l'on regrettera que les thèmes les plus matures, comme le racisme ou la guerre avec les indiens, malgré une somptueuse bataille, ne soient qu'effleurés. On préfèrera finalement revoir les films précédents de Verbinski, et en particulier Rango dans un genre très similaire.

Note : 7/10