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vendredi 11 septembre 2015

Les Minions


Titre : Les Minions (The Minions)
Réalisateur : Pierre Coffin, Kyle Balda
Acteurs : Sandra Bullock, Jon Hamm, Michael Keaton
Date de sortie en France : 8 juillet 2015
Genre : animation, comédie

Synopsis :
A l'origine de simples organismes monocellulaires de couleur jaune, les Minions ont évolué au cours des âges au service de maîtres plus abjects les uns que les autres. Les disparitions répétitives de ceux-ci, des tyrannosaures à Napoléon, ont plongé les Minions dans une profonde dépression. Mais l'un d'eux, prénommé Kevin, a une idée. Flanqué de Stuart, l'adolescent rebelle et de l'adorable petit Bob, Kevin part à la recherche d'un nouveau patron malfaisant pour guider les siens. Nos trois Minions se lancent dans un palpitant voyage qui va les conduire à leur nouveau maître : Scarlet Overkill, la première superméchante de l'histoire. De l'Antarctique au New York des années 60, nos trois compères arrivent finalement à Londres, où ils vont devoir faire face à la plus terrible menace de leur existence : l'annihilation de leur espèce.

Avis :
Ils étaient les véritables stars de Moi, moche et méchant et de sa suite. Devenus depuis un étonnant phénomène de société, présents partout ou presque, les petits bonhommes jaunes ont aujourd'hui droit à leur propre film, en forme de préquelle. Qui sont-ils ? Comment ont-ils rencontré Gru ? Retour sur le passé des Minions, et principalement sur leurs péripéties au beau milieu des sixties.


L'introduction, largement reprise dans la bande-annonce officielle, sera le passage le plus réussi du film : elle nous montre l'évolution des petites créatures, leurs rencontres avec les plus grands prédateurs de la préhistoire, puis avec quelques grandes figures humaines, dans une succession de scènes loufoques. Le reste sera bien moins réussi : les Minions sont clairement le type de personnages qui ont besoin d'être en retrait et dont le potentiel comique s'épanouit lorsque vient compléter la trame principale.

Car hélas, le film n'a pas grand chose à raconter, et le fait sans imagination ni ambition : les Minions, c'est pour les gosses en bas âge, et à l'exception de 2-3 gags plus subtils, l'ensemble se résume à des bruits de pets et des chutes. Bien sûr, le capital sympathie et quelques moments vraiment réussis suffisent à faire passer un bon moment, mais on aurait aimé autre chose qu'un vulgaire sous-produit uniquement destiné à vendre des produits dérivés.

Trop de Minions tue Les Minions : les créatures sont finalement le genre de créatures qui devrait rester en retrait, un peu comme les Ewoks en leur temps ou Les Pingouins de Madagascar récemment. A trop les utiliser, leur potentiel comique se réduit peu à peu, surtout quand ils ont pour unique but d'amuser les plus petits... On préférera largement les revoir dans Moi, moche et méchant 2.

Note : 5/10


jeudi 24 octobre 2013

Gravity


Titre : Gravity
Réalisateur : Alfonso Cuarón
Acteurs : Sandra Bullock, George Clooney
Date de sortie en France : 23 octobre 2013
Genre : catastrophe

Synopsis : 
Pour sa première expédition à bord d'une navette spatiale, le docteur Ryan Stone, brillante experte en ingénierie médicale, accompagne l'astronaute chevronné Matt Kowalsky. Mais alors qu'il s'agit apparemment d'une banale sortie dans l'espace, une catastrophe se produit. Lorsque la navette est pulvérisée, Stone et Kowalsky se retrouvent totalement seuls, livrés à eux-mêmes dans l'univers. Le silence assourdissant autour d'eux leur indique qu'ils ont perdu tout contact avec la Terre - et la moindre chance d'être sauvés. Peu à peu, ils cèdent à la panique, d'autant plus qu'à chaque respiration, ils consomment un peu plus les quelques réserves d'oxygène qu'il leur reste.

Avis : 
 On n'entend parler que de lui depuis plusieurs semaines : Gravity a donc débarqué sur nos écrans de cinéma, précédé d'une réputation formidable en faisant l'un des meilleurs films de l'année, voire même la meilleure oeuvre de science-fiction depuis des années. Mieux encore, c'est aux références ultimes que certains articles nous renvoient, allant jusqu'à citer 2001, l'odyssée de l'espace ou le Solaris de Tarkovsky ! Evidemment, face à des qualificatifs aussi dithyrambiques, le risque d'ête déçu est démultiplié. Alors, Gravity est-il la bombe annoncée ? Ou un énième pétard mouillé ?


De mon point de vue, la réponse est claire : Gravity est une extraordinaire réussite, le genre de film qu'on ne voit que trop rarement sur un écran de cinéma, une explosion visuelle et sonore, nous plongeant totalement dans ce lieu inhospitalier pour l'homme qu'est l'espace. Une immensité déserte, sans oxygène, sans pesanteur, où le son ne se propage pas, et où travaillent donc les personnages interprétés par George Clooney et Sandra Bullock. Le temps d'une introduction prenant la forme d'un ébouriffant plan-séquence, Alfonso Cuarón (qui nous avait déjà livré d'exceptionnels passages utilisant cette technique dans Les Fils de l'homme) nous présente ses deux héros, mais aussi son décor si particulier, aussi beau que dangereux, jusqu'à l'accident qui fera basculer Gravity dans le film catastrophe.

On se retrouve dès lors dans un véritable grand huit, multipliant les menaces et les comptes à rebours (le manque de pression, le manque d'oxygène) entre deux séquences de destruction à couper le souffle. Très spectaculaire, Gravity nous en met plein les yeux, réussissant l'improbable pari de mêler le grand spectacle à une volonté de réalisme constant : les déplacements dans le vide, l'absence de pesanteur, et même ce silence parfois assourdissant, tant d'éléments parfaitement retranscrits si l'on en croit les déclarations de spécialistes de l'espace. Et pour ne rien gâcher, le réalisateur de Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban parvient à développer assez ses personnages pour que l'on s'y attache.



On se sent ainsi vraiment concernés par le destin des deux personnages, notamment quand ils semblent perdus, livrés à eux-mêmes, seuls dans l'immensité vide de l'espace. Une impression renforcée par la réalisation d'Alfonso Cuarón, qui multiplie les points de vue, utilisant par exemple le point de vue subjectif pour nous mettre dans la peau d'un astronaute propulsé en vrille par un choc, filmant en gros plan les visages de ses acteurs, amplifiant les bruits de respiration et les battements de coeur, ou insistant sur la difficulté à distinguer certains éléments dans l'ombre de la Terre. Tous ces éléments renforcent la sensation d'immersion, également favorisée par une utilisation pertinente de la 3D, sans doute la meilleure avec Avatar et L'Odyssée de Pi.

 Gravity remplit donc toutes ses promesses et s'impose donc comme une des oeuvres majeures de 2013. Entre film catastrophe et science-fiction, le film nous entraîne dans l'espace comme jamais on ne l'avait été au cinéma : spectaculaire tout en restant intelligent, réaliste et même par moments poétiques, le nouveau film d'Alfonso Cuarón est tout simplement un grand film, dont on ressort bouche bée.

Note : 9/10