vendredi 29 novembre 2013

Les Amants passagers


Titre : Les Amants passagers (Los amantes pasajeros)
Réalisateur : Pedro Almodovar
Acteurs : Javier Cámara, Carlos Areces, Raúl Arévalo
Date de sortie en France : 27 mars 2013
Genre : comédie

Synopsis : 
Une panne technique met en danger la vie des personnes qui voyagent sur le vol 2549 de la compagnie Península. Les pilotes s'efforcent de trouver une solution avec le personnel de la tour de contrôle. Le chef de la cabine et les stewards sont des personnages atypiques et baroques, qui, face au danger, tentent d'oublier leur propre désarroi et se donnent corps et âme pour que le voyage soit le plus agréable possible aux passagers, en attendant que la solution au problème soit trouvée. La vie dans les nuages est aussi compliquée que sur terre, pour les mêmes raisons, qui se résument à deux mots : "sexe" et "mort". 

Avis : 
 Mais qu'est-il donc passé par la tête d'Almodovar ? Après avoir soigneusement évité le film au moment de sa sortie au cinéma, largement refroidi par une bande-annonce gênante, j'ai cédé à la curiosité, appréciant généralement le cinéma du réalisateur espagnol, et notamment Talons aiguilles, Parle avec elle ou le récent La Piel que habito. Bien mal m'en a pris, tant cette nouvelle comédie est ratée.


C'est bien simple, le film réunit tout ce qu'il y a de plus lourdingue dans l'humour. A l'image d'un American pie ou d'un de ses ersatz (oui, la comparaison est violente pour un Almodovar), l'humour ne tourne qu'autour du sexe et de l'alcool. Le personnel de l'avion est entièrement gay (sauf les hôtesses, qui ont heureusement été endormie et n'apparaîtront donc jamais ou presque), les passagers sont tous tordus (de l'icône sado-masochiste au tueur à gage), et les gags tourneront donc intégralement autour de leur besoin d'évacuer la tension d'une hypothétique mort imminente en forniquant et en buvant. 

C'est le plus souvent lamentable, et à l'exception d'une ou deux répliques ou situations qui font mouche, quand elles ne tombent pas du ciel, on est en permanence plus atterré qu'hilare devant une comédie qui, à l'image de son avion, ne vole jamais bien haut et tourne constamment en rond. Bref, Les Amants passagers est une comédie à l'humour d'adolescent un peu attardé, qui s'écrase sous le poids de sa propre lourdeur et constitue un véritable faux pas dans la filmographie de Pedro Almodovar...

Note : 2/10

jeudi 21 novembre 2013

Omar


Titre : Omar
Réalisateur : Hany Abu-Assad
Acteurs : Adam Bakri, Waleed Zuaiter, Leem Lubany
Date de sortie en France : 16 octobre 2013
Genre : drame

Synopsis : 
Omar vit en Cisjordanie. Habitué à déjouer les balles des soldats, il franchit quotidiennement le mur qui le sépare de Nadia, la fille de ses rêves et de ses deux amis d'enfance, Tarek et Amjad. Les trois garçons ont décidé de créer leur propre cellule de résistance et sont prêts à passer à l'action. Leur première opération tourne mal.
Capturé par l'armée israélienne, Omar est conduit en prison. Relâché contre la promesse d'une trahison, Omar parviendra-t-il malgré tout à rester fidèle à ses amis, à la femme qu'il aime, à sa cause ?


Avis : 
Réalisé par Hany Abu-Assad, à qui l'on doit notamment Paradise now, Omar est un film palestinien. Prix spécial de la section Un certain regard au festival de Cannes 2013, il raconte donc l'histoire d'un jeune palestinien contraint de jouer un double rôle pour éviter d'être emprisonné par la police israélienne, et confronté à la suspicion de ses camarades qui savent qu'il y a une taupe dans le groupe.


S'il est séduisant, ce synopsis n'aboutira malheureusement jamais sur le film percutant que l'on pouvait attendre. Arrêté par l'armée israélienne, Omar sera relâché à deux reprises, après avoir participé à un assassinat puis tenté de piéger des soldats afin de les tuer. Certes torturé et menacé de mort, il sera dans les deux cas remis en liberté afin de livrer Tarek. Forcément, ces libérations le rendent suspect auprès de ses camarades, qui le suspectent d'être un traitre...ce qui n'aura aucune véritable conséquence sur son quotidien.

Omar donne ainsi l'impression de progresser sans vraiment tenir compte du statut de son personnage principal, jusqu'à une conclusion un peu grotesque. Il en sera de même pour l'histoire d'amour entre Omar et Nadia, dont l'évolution peinera à convaincre. Pourtant, on appréciera de voir ces jeunes palestiniens décrits autrement que comme des terroristes assoiffés de sang en puissance, d'autant que les acteurs sont vraiment convaincants, Adam Bakri en tête. 

On ressort donc un peu déçu de ce film palestinien, qui semble manquer le coche en oubliant certains de ses enjeux scénaristiques. Dommage, d'autant que les acteurs sont très bons, rendant leurs personnages très attachants, et que certaines scènes sont très fortes. 

Note : 6,5/10


dimanche 17 novembre 2013

9 mois ferme


Titre : 9 mois ferme
Réalisateur : Albert Dupontel
Acteurs : Sandrine Kiberlain, Albert Dupontel, Nicolas Marié
Date de sortie en France : 16 octobre 2013
Genre : comédie

Synopsis : 
Ariane Felder est enceinte ! C'est d'autant plus surprenant que c'est une jeune juge aux mœurs strictes et une célibataire endurcie. Mais ce qui est encore plus surprenant, c'est que d'après les tests de paternité, le père de l'enfant n'est autre que Bob, un criminel poursuivi pour une atroce agression ! Ariane, qui ne se souvient de rien, tente alors de comprendre ce qui a bien pu se passer et ce qui l'attend...

Avis : 
Avec un synopsis aussi décalé que délirant, on s'attendait avec ce nouveau film d'Albert Dupontel à une comédie aussi folle que grinçante : 80 minutes plus tard, il faudra bien reconnaître que, si l'on s'amuse beaucoup par moments, on reste dans une comédie française assez classique, avec ses défauts d'écriture, ses gags qui tombent à plat, son dénouement trop facile, mais aussi ses bons moments.


Ainsi, Dupontel n'évite pas les blagues faciles, un peu lourdingues sur la longueur (l'avocat bègue, le policier - évidemment - idiot), et ses clowneries ne font pas toujours mouche. Son scénario est cousu de fil blanc, à l'image d'un final horriblement attendu et mal amené. Cependant, d'autres situations font mouche, comme lorsque le personnage qu'il interprète tente de trouver d'autres explications aux blessures de la victime, ou lorsque Sandrine Kiberlain découvre avec Bouli Lanners (11.6, La Grande boucle) les images de sa soirée trop alcoolisée.

La courte durée du film lui permet également de ne jamais baisser de rythme, alignant les gags récurrents et les personnages improbables à une belle vitesse. La réalisation de Dupontel permet quant à elle d'amener un peu de profondeur, notamment dans l'appartement d'Ariane Felder où il joue à merveille des reflets (un très joli plan montre ainsi une illusion d'optique où le reflet de Dupontel semble avoir la tête posée sur l'épaule de Kiberlain). Notons enfin la qualité de l'interprétation des deux acteurs principaux, complètement dans leur rôle, et les nombreux caméos : Dujardin, Noé, Kounen ou encore Terry Gilliam, dans le rôle d'un clone cannibale de Charles Manson, rebaptisé Charles Meatson.

9 mois ferme est donc une agréable comédie, mais qui reste trop légère et trop convenue pour s'élever au-dessus des meilleures comédies françaises de ces dernières années. S'il sombre trop facilement dans la facilité, Albert Dupontel livre quand même un film souvent drôle, ponctué de scènes hilarantes et porté par un duo d'acteurs très en forme. J'en attendais quand même un peu plus, même si j'ai passé un bon moment...

Note : 7/10