Depuis quelques années, le genre du shark movie est particulièrement prolifique : entre les innombrables films à petit budget, les séries B efficaces, les pastiches et même les blockbusters, les requins sont partout sur nos écrans... Mais d'où vient le succès de ce genre si spécifique ? C'est la question à laquelle tente de répondre Sharksploitation.
Avis :
Le documentaire de Stephen Scarlata va ainsi remonter aux premières apparitions des requins au cinéma : ainsi, bien avant Les Dents de la mer, les requins apparaissent dans de nombreux films d'aventures, dès le début du vingtième siècle, où ils ne sont pas forcément perçus comme une menace mais parfois comme des entités divines et protectrices. Ce n'est qu'avec quelques faits divers que l'animal commence à être perçu comme un danger, et apparaît peu à peu comme antagoniste, notamment dans des films tels que Caine (qui sera renommé Shark ! après le décès d'un cascadeur pendant le film suite à un accident avec un requin) ou encore le James Bond Opération tonnerre.
Par la suite, c'est évidemment le film culte de Spielberg qui fera du
requin un monstre du cinéma, avec ses suites et ses plagiats, mais c'est
surtout l'exploitation en vidéo (Nu Images puis The Asylum) et les
chaînes télévisées (SyFy) qui va populariser le genre... et l'emmener vers des concepts toujours plus fous. Requins fantômes, hybrides, volants, se déplaçant sous terre, plus rien ne semble pouvoir arrêter le genre, quitte à se perdre dans une surenchère permanente.
Le documentaire nous décrit donc toute cette histoire, avec de nombreux extraits, de formidables anecdotes (la fameuse réplique de Shark Attack 3 Megalodon), en invitant quelques intervenants plus ou mois prestigieux : Roger Corman (She Gods of shark reef, Sharktopus), Joe Dante (Piranha), Joe Alves (Les Dents de la mer 3), Mark Polonia (Sharkula, Jurassic Shark 3 Seavenge, Sharkenstein), Chris Kentis (Open Water - en eaux profondes), Johannes Roberts (47 meters down), Anthony C. Ferrante (Sharknado), Andrew Traucki (The Reef), Mario Van Peebles (USS Indianapolis : men of courage), Misty Talley (Zombie shark, Summer shark attack) et bien d'autres viennent ainsi évoquer leurs oeuvres et leur rapport aux requins.
Car le film se conclut en rappelant que tout ceci n'est que du cinéma, et que les requins, loin d'être les machines à dévorer de l'humain que l'on croise sur les écrans, sont en danger d'extinction. Un excellent documentaire donc, superbement documenté, qui plaira autant aux connaisseurs, qui en profiteront pour repérer les œuvres qu'ils auront ratées, qu'aux novices qui s'amuseront énormément de l'imagination des producteurs.
++ : le documentaire a remporté les prix du Jury et du Public au Paris Shark Week 2023.
John Kramer, malade et désespéré, se rend au Mexique afin de subir une
opération expérimentale capable de guérir son cancer, mais il découvre
que tout ceci n’est qu’une escroquerie visant des malades vulnérables et
affligés. Animé d'un nouveau but, le célèbre tueur en série retourne à
son œuvre, et va prendre sa revanche sur ces escrocs dans un terrible «
jeu » dont il a le secret, à travers des pièges toujours plus
machiavéliques et ingénieux les uns que les autres.
Avis :
On ne l'attendait pas vraiment, mais il est de retour : Jigsaw, le célèbre tueur au puzzle, revient pour de nouvelles aventures, situées entre les deux premiers épisodes. C'est l'occasion de faire revenir des personnages emblématiques de la série, John Kramer et Amanda Young (ainsi qu'un troisième larron, pour une scène post-générique), ainsi que Kevin Greutert, réalisateurs des épisodes VIet VII.
Sans surprise, ce dixième épisode ne révolutionnera pas la saga, se contentant d'en reprendre les ingrédients principaux : des pièges sadiques, et une histoire rocambolesque aux rebondissements difficilement plausibles. Et il faut bien avouer que, des deux côtés, le film se surpasse : passé le premier piège, qui illustre la plupart des affiches du film et qui est assez peu marquant, Saw X nous offre des épreuves assez coriaces, ponctuant un scénario difficilement crédible.
La séquence de la scie Gigli est ainsi particulièrement marquante, même si l'on s'étonne forcément de ne pas voir la victime tourner de l'oeil. En revanche, l'épreuve du cerveau est assez grotesque, même si on imagine assez facilement que le scénariste ne doit pas considérer qu'il s'agit d'un organe vital. Le scénario, quant à lui, censé apporter un peu de substance au personnage de Jigsaw (en avait-il besoin ?) en fait un génie débile, capable d'imaginer des pièges incroyables mais parfois complètement con.
Des pièges parfois très efficaces, un scénario constamment idiot : pas de doute, la saga Sawest de retour, et on peut imaginer que le concept, bien qu'il tourne en rond depuis maintenant 7 épisodes (depuis le navrant Saw III), accouche de nouveaux épisodes intermédiaires. Si je me suis laissé tenté par les échos étrangement positifs de ce dixième volet, pas certain que je me laisse encore avoir pour la suite...
Acteurs : Amber Heard, Michael Welch, Whitney Able
Date de sortie en France : 3 août 2010 (vidéo)
Genre : horreur
Synopsis :
Mandy Lane est si belle, si pure, si innocente... que tous les garçons la convoitent. Pour la séduire, une bande de copains l'invite dans un ranch pour y fêter la fin des classes. Au rendez-vous : sexe, drogues, alcool... Et un invité surprise, qui tente de mettre la main sur le plus convoité des trophées : Mandy Lane.
Avis :
Un groupe de jeunes étudiants (sportifs, beaux, cheerleaders...), dans un lieu isolé, où l'alcool coule à flot, où tout tourne autour du sexe,et rapidement confrontés à un mystérieux tueur : vous pensiez être devant un slasher ? Et pourtant, pas vraiment, car Mandy Lane va en fait s'amuser des codes propres au slasher pour mieux en jouer et nous offrir autre chose.
Tout d'abord, les jeunes adultes que nous allons suivre dans le film de Jonathan Levine (Warm bodies) ne sont pas juste là pour faire monter le bodycount, mais ont toutes une vraie personnalité, de vraies inquiétudes bref, sont de véritables adolescents, crédibles, auxquels on finit par s'attacher. Ensuite, l'identité du tueur est révélée très rapidement. Pas de suspense donc, mais plutôt une réflexion sur les motivations du meurtrier, et par extension sur les notions de harcèlement scolaire, de violence étudiante...
Ces éléments vont donner un film étonnamment cruel, puisqu'on va ressentir chacun des coups portés aux personnages, mais aussi la détresse de certains voyant arriver une mort soudaine et inévitable. On appréciera par ailleurs la violence des mises à mort, mais aussi la qualité de l'interprétation, de la sublime Amber Heard à la surprenante Whitney Able (Monsters).
Faux slasher, mais véritable perle, All the boys love Mandy Lane était une excellente surprise à l'époque de sa sortie : il est désormais un petit classique du genre, qui vieillit extrêmement bien grâce à une intelligence de chaque instant.