mercredi 20 septembre 2017

Ça (2017)


Titre : Ça (It)
Réalisateur : Andy Muschietti
Acteurs : Bill Skarsgard, Jaeden Lieberher, Finn Wolfhard
Date de sortie en France : 20 septembre 2017
Genre : épouvante, horreur

Synopsis : 
À Derry, dans le Maine, sept gamins ayant du mal à s'intégrer se sont regroupés au sein du "Club des Ratés". Rejetés par leurs camarades, ils sont les cibles favorites des gros durs de l'école. Ils ont aussi en commun d'avoir éprouvé leur plus grande terreur face à un terrible prédateur métamorphe qu'ils appellent "Ça"…
Car depuis toujours, Derry est en proie à une créature qui émerge des égouts tous les 27 ans pour se nourrir des terreurs de ses victimes de choix : les enfants. Bien décidés à rester soudés, les Ratés tentent de surmonter leurs peurs pour enrayer un nouveau cycle meurtrier. Un cycle qui a commencé un jour de pluie lorsqu'un petit garçon poursuivant son bateau en papier s'est retrouvé face-à-face avec le Clown Grippe-Sou… 


Avis : 
C'est un film qui avait tout du projet casse-gueule : une nouvelle adaptation du formidable roman de Stephen King, 27 ans après le téléfilm très moyen de Tommy Lee Wallace, par le réalisateur du non moins moyen Mamà, avec un nouveau Pennywise qui semble bien moins réussi que celui interprété par Tim Curry, et qui aura engendré une génération de coulrophobes. Une impression de désastre annoncé renforcée par la seconde bande-annonce, qui laissait deviner un film d'épouvante tel qu'on en voit des dizaines ces dernières années, plus enclin à enchaîner les jump-scares sans saveur qu'à faire naître la peur.


C'est peut-être parce que je n'attendais finalement pas grand chose du film que j'ai été agréablement surpris, alors que beaucoup semblent avoir été déçus. Evidemment, Ça ne sera pas le film de l'année, Ça ne fait pas peur, Ça s'inscrit dans la lignée des films d'épouvante de ces dernières années, Ça multiplie les artifices sonores pour tenter de donner le change. Mais j'ai passé un assez bon moment devant un film finalement assez généreux en scènes horrifiques, par ailleurs assez variées. Aucun ennui, notamment grâce à l'intelligence de l'adaptation qui a su se démarquer du livre, que je connais presque par coeur, pour des coupures ou des modifications généralement pertinentes.

Mais surtout, la vraie réussite du film vient du Club des Ratés. Véritable coeur de l'oeuvre de King, le groupe prend vie sous nos yeux et devient très vite attachant, avec ses stéréotypes, mais aussi avec ses détails plus subtils, comme le fait que Stan reste toujours en retrait ou les complexes de Ben : on retrouve presque les groupes que formaient les Goonies ou les héros de Stand by me. Mention spéciale au gamin interprétant Henry Bowers, Nicholas Hamilton (déjà aperçu dans La Tour sombre et Captain Fantastic), très convaincant dans le rôle du jeune psychopathe. Quant à Bill Skarsgard, s'il ne peut évidemment éclipser Tim Curry, il incarne un Pennywise très inquiétant, mais sans doute trop ouvertement menaçant (même si la première séquence le montre relativement charmeur). Il n'est hélas pas aidé par des séquences grotesques lors de ses attaques, où il se met à gigoter dans tous les sens en hurlant sans raison.


 Largement supérieur au téléfilm, cette nouvelle adaptation de Ça est aussi réussie au niveau aventures que moyenne au niveau horrifique.Trop de bruit, trop de gimmicks visuels et sonores qui nous pourrissent le cinéma d'épouvante depuis bien trop longtemps, mais une bande de gosses dont on suit avec plaisir les péripéties. Si on ne pourra s'empêcher d'imaginer qu'il y a nettement mieux à faire avec le roman de Stephen King (j'aurais aimé avoir un peu peur), on appréciera quand même que le film ne soit pas aussi catastrophique que ce que l'on pouvait craindre.

Note : 6.5/10

samedi 16 septembre 2017

Power Rangers


Titre : Power Rangers (Saban's Power Rangers)
Réalisateur : Dean Israelite
Acteurs : Dacre Montgomery, RJ Cyler, Naomi Scott
Date de sortie en France : 5 avril 2017
Genre : science-fiction, action

Synopsis : 
Dans une petite ville, cinq adolescents découvrent qu’ils ont des pouvoirs extraordinaires. Ils vont devoir apprendre à surmonter leurs peurs et à faire équipe pour devenir les Power Rangers : le destin les a choisis pour sauver le monde de la destruction orchestrée par une force extraterrestre surpuissante…
Avis : 
Aaaaah, les Power Rangers. Toute une partie de mon enfance, avec cette série américaine inspirée des super sentai japonais (Ultraman, Bioman) que personne n'avouait vraiment regarder, la faute à un degré de ringardise très élevé, même selon les critères des années 90. Autant dire que personne n'attendait vraiment une nouvelle adaptation cinématographique de cette série à rallonge (plus de 800 épisodes et deux films), et encore moins l'idée d'une saga de 7 films, revue largement à la baisse depuis les résultats très moyens au box-office.



Les Power Rangers, ce sont des ados combattant les forces du mal dans des armures colorées, puis dans des machines à allures d'animaux (les Zords) pouvant s'assembler en un robot géant (le Megazord). La structure des épisodes était généralement toujours la même (enfin, pour ceux que j'ai vus, et n'imaginez pas que j'allais me retaper 850 épisodes pour vérifier), les gentils bottant le cul des méchants d'abord au corps à corps, puis dans leurs véhicules lorsque l'ennemi était transformé en monstre géant, avant de lui donner le coup de grâce à l'aide du Megazord, laissant le chef adverse jurer qu'il reviendra se venger. Le film va évidemment suivre cette structure, mais s'appliquera d'abord à présenter les héros, archétypes classiques des ados un peu paumés que rien ne destinait à sauver le monde.

Rien de bien transcendant dans cette première partie, qui rappelle vaguement Chronicle (mais en moins bien) avec ces ados sans relief et qu'on a déjà vus des dizaines de fois, à l'évolution classique, dans un script aux enjeux et au déroulement sans surprise. Les amateurs de la série apprécieront néanmoins le personnage de Rita Repulsa, méchante caricaturale et vaguement idiote, mais assez fidèle à l'image qu'elle renvoyait à l'époque, grâce notamment à l'interprétation tout en exagération de Elizabeth Banks. Les nouveaux costumes risquent en revanche de partager beaucoup plus, franchement moches et très éloignés de ceux de la saga de base. On ne les verra heureusement que peu de temps, le final du film préférant donner la part belle aux affrontements entre les Zords et Goldar, pour des passages assez spectaculaires.

On attendait une catastrophe avec cette adaptation cinéma d'une série ringarde : on n'en passe pas loin, mais on passe néanmoins un agréable moment devant un film qui assume son second degré et sa spontanéité, et qui est bien conscient qu'il n'inventera pas la poudre. Rien de bien exceptionnel, ni de remarquable, surtout comparé aux blockbusters de ces 20 dernières années, mais sans doute un futur plaisir coupable.

Note : 2,5/10

 

dimanche 27 août 2017

Godzilla: Resurgence


Titre : Godzilla : Resurgence (Shin Gojira)
Réalisateurs : Hideaki Anno, Shinji Higuchi
Acteurs : Hiroki Hasegawa, Satomi Ishihara, Yutaka Takenouchi
Date de sortie en France : -
Genre : kaiju eiga

Synopsis : 
Après un étrange incident dans la baie de Tokyo, une créature gigantesque apparaît et se dirige vers la capitale japonaise, plongeant la ville dans le chaos. Son nom : Godzilla.  

Avis :
On l'avait quitté avec l'hommage parodique de Ryuhei Kitamura, Godzilla : Final Wars, en 2004 : 12 ans après, le Roi des Monstres est enfin de retour ! Une attente interminable pour les fans, d'autant que contrairement à ses précédentes pauses (9 ans après Mechagodzilla contre-attaque en 1975, 4 ans après Godzilla vs Destroroyah en 1995), ni Mothra ni Gamera ne sont venus combler le vide. Seuls quelques bons gros blockbusters américains, parmi lesquels on citera principalement Cloverfield et Pacific Rim, ainsi qu'un nouveau remake moyen de Godzilla, auront permis aux fans de créatures géantes de patienter.


Pour cette nouvelle résurrection de la saga, la Toho confie les clés à Hideaki Anno, à qui l'on doit notamment Neon Genesis Evangelion, et Shinji Higuchi, réalisateur des films L'Attaque des Titans et responsable des effets spéciaux sur le trilogie Gamera. Des figures connues et reconnues donc, qui vont coréaliser le film, le premier se chargeant en sus du scénario tandis que le second surpervisera les effets visuels. Première mission du duo : donner un grand coup de balai à la saga, et apporter de la nouveauté à un genre qui ne brille généralement pas par son originalité.

Pour l'occasion, Anno et Higuchi vont faire table rase du passé, et tout reprendre de zéro : pour ce vingt-neuvième film, ils vont imaginer un univers dans lequel le Japon n'a jamais été confronté à Godzilla, pas même en 1954. Une véritable révolution, puisque depuis 1955, tous les films de la saga étaient des suites plus ou moins directes de l'oeuvre originale. De même, l'origine du monstre se rapproche de l'actualité : si les références aux bombardements atomiques de 1945 et aux essais nucléaires américains restent présentes, c'est surtout la catastrophe de Fukushima qui laisse son empreinte sur le film, autant thématiquement que visuellement.


Plus qu'un simple film de monstre, ce Shin Gojira est avant tout un film catastrophe, comme pouvait l'être le premier film de Ishiro Honda, avec de formidables scènes de paniques de la population, des séquences de destruction impressionnantes et une musique formidable. L'occasion de dénoncer l'attentisme des autorités et l'incapacité à prendre rapidement des décisions de l'administration japonaise par le biais de séquences particulièrement cyniques, entre hésitations, volonté de ne surtout pas adopter de mauvaises mesures et recours systématique à des intermédiaires aussi nombreux que paumés... et comme forcément, personne n'est capable d'intervenir, ce sont les gentils américains qui proposeront d'atomiser Tokyo !

Et Godzilla dans tout ça ? S'il est au centre des événements, il sera finalement assez discret en première partie de film, puis prendra de plus en plus présent au gré de ses mutations. Car si le monstre arrivait généralement sous la forme qu'on lui connaît dès le début des films précédent, il va ici connaître plusieurs transformations traduisant sa nature de créature mutante défiant les lois de la nature. Très honnêtement, j'ai trouvé les premières mutations assez grotesques, tandis que l'ultime forme de ce Shin Gojira est particulièrement impressionnante et menaçante... tant que le monstre n'est pas en action.


Car ce Godzilla souffre apparemment du même problème que ses aînés de Le Retour de Godzilla (1984) ou Godzilla vs SpaceGodzilla : il est incapable de bouger. Cela donne quelques séquences assez ridicules, notamment quand son homologue numérique prend le relais, passant du statisme intégral au réveil soudain d'un plan à l'autre. On notera d'ailleurs que l'éventail des attaques du monstre a été modifié... pour un résultat que je trouve, là encore, un peu grotesque : ce qui fonctionnait en animation, ou même dans le court-métrage Giant God Warrior appears in Tokyo (de... Anno et Higuchi), passe à mon sens beaucoup moins bien ici.

Cette renaissance de Godzilla accouche donc d'un film assez paradoxal, dans lequel les séquences les plus réussies sont généralement celles où le monstre géant n'apparaît pas. On a ainsi l'impression de voir un excellent film catastrophe un peu parasité par des séquences un peu inutiles et redondantes, voire même carrément ridicules en fin de métrage, laissant finalement le goût d'un épisode de transition pour faire patienter les fans plutôt que d'une réelle résurrection pour le Roi des Monstres.

Note : 6/10