mardi 4 février 2014

RoboCop


Titre : RoboCop
Réalisateur : Paul Verhoeven
Acteurs : Peter Weller, Nancy Allen, Dan O'Herlihy
Date de sortie en France : 20 janvier 1988
Genre : action, science-fiction, policier

Synopsis : 
A l'aube de l'an 2000, Detroit est la proie du crime et de la corruption. Pour pallier ce terrible état, les services de police inventent une nouvelle arme infaillible, Robocop, mi-homme, mi-robot, policier électronique de chair et d'acier qui a pour mission de sauvegarder la tranquillité de la ville. Mais ce cyborg a aussi une âme... 

Avis : 
  L'occasion était trop belle : alors que son remake sort en février 2014, revenons sur l'un des titres phares de la science-fiction d'action des années 80 et du mouvement cyberpunk : RoboCop de Paul Verhoeven. Premier film américain du "hollandais violent", il met donc en scène les aventures d'un flic qui, après avoir été assassiné, est transformé en redoutable robot-policier destiné à rétablir l'ordre dans les rues de Détroit. Un thème bien ancré dans son époque... pour un film qui accuse franchement le poids des années.


Comme beaucoup de films de ce genre (Total Recall du même Verhoeven, ou Johnny Mnemonic), RoboCop a très salement vieilli. En cause ? Ces bonnes vieilles années 80. Car on est très loin de la sobriété qui était encore de mise dans les années 70 : avec les années 80, tout le monde se lâche, dans une espèce de foire à la ringardise programmée. Si cela donne parfois au cinéma de cette époque des tenues plus qu'exubérantes et surannées, RoboCop va aller plus loin, en généralisant cette ringardise à tous les niveaux.

Dans RoboCop, les criminels ressemblent à des personnages de sketches parodiques : coupes de cheveux improbables, tenues flashy, les méchants ne peuvent prononcer plus de deux phrases à la suite sans ponctuer l'ensemble de rires de hyènes. Plus qu'un détail, il s'agit d'un élément omniprésent dans le film, qui a le don de rendre grotesque certains passages destinés à être forts (la mort dramatique et violente de Murphy devient un festival de ridicule). Ce n'est là que la partie visible de l'iceberg : en dehors de ces personnages rendus grotesques par une volonté d'être à la mode plus que par l'action des années, tout le film est enfermé dans une sorte d'univers parallèle, où les thèmes abordés (effleurés, devrais-je dire) sont d'une simplicité inouïe, où la réalisation de Verhoeven paraît horriblement vieillotte et où les acteurs semblent avoir été embauchés selon leur faculté à en faire des tonnes. Face à ce maelstrom de ringardise, où l'on tente de détourner notre attention par une violence aussi décomplexée que puérile, on en vient presque à pardonner la qualité médiocre des effets spéciaux, pris de pitié pour le pauvre ED-209 incapable de descendre des escaliers et gesticulant tristement les quatre fers en l'air.

Finalement, on n'appréciera que l'apparence de RoboCop lui-même, le robot plus humain que les humains (dois-je rappeler que Blade Runner est sorti en 1982 ?), le super-flic qui luttera contre la corruption de ces salopards de capitalistes dont l'unique volonté est de s'en mettre plein les poches, et la présence de Nancy Allen (Blow out, Pulsions...), perdue dans un monde d'hommes virils refusant de lui laisser le volant. Bref, RoboCop est l'archétype même de l'oeuvre qui était destinée à vieillir, trop ancrée dans la fin des années 80 à tous les niveaux et trop désireuse d'en mettre plein la vue (les technologies de l'époque sont particulières...) pour ne pas être absolument ringard 30 ans plus tard. Monsieur José Padilha, votre remake a la possibilité de surpasser l'original sans trop de difficultés...

Note : 2,5/10


La Vie rêvée de Walter Mitty


Titre : La Vie rêvée de Walter Mitty (The Secret life of Walter Mitty)
Réalisateur : Ben Stiller
Acteurs : Ben Stiller, Kristen Wiig, Shirley MacLaine
Date de sortie en France : 1er janvier 2014
Genre : aventures, comédie dramatique

Synopsis : 
Walter Mitty est employé au magazine Life. Excessivement timide, il s’imagine être le héros d'aventures imaginaires pour s’évader de sa réalité stressante. Mais un jour, il doit faire face à des problèmes de la vie réelle : avouer son amour à sa collègue Cheryl Melhoff et retrouver le négatif n°25 du célèbre photographe Sean O'Connell...

Avis : 
 Adaptation de la nouvelle The Secret Life of Walter Mitty de James Thurber, parue en 1939, La Vie rêvée de Walter Mitty est le cinquième long métrage réalisé par Ben Stiller (Disjoncté, Tonnerre sous les tropiques), qui se met lui-même en scène dans le rôle de Walter Mitty, un employé introverti de Life confronté à la fin imminente de la version papier du magazine. Vivant une vie monotone, réglée au détail près, il ne s'échappe de la banalité de son quotidien qu'en s'imaginant vivre des aventures fantastiques.


Débutant comme une comédie dramatique et romantique assez banale, avec cet employé incapable de réagir face à son patron et incapable de séduire la femme qui lui plaît, Walter Mitty va rapidement s'en démarquer par ses scènes de fantasmes : avec énormément d'énergie, Ben Stiller se met en images dans des séquences d'action improbables, dans des passages issus des pires mélodrames...Evidemment, le personnage finira par être rattrapé par la réalité, et devra vivre de véritables aventures pour retrouver l'insaisissables photographe Sean O'Connell.

Pour notre plus grand bonheur, ce basculement dans la réalité va se révéler aussi euphorisant, voire même plus, que tout ce qui a précédé. Dans des paysages grandioses, Walter Mitty se rend ainsi au Groenland, en Island (où il survivra à l'éruption de l'Eyjafjallajökull), puis dans l'Himalaya, nous dépaysant totalement et nous invitant avec lui à prendre une immense bouffée d'air pur. Et si le scénario est assez prévisible, notamment en ce qui concerne l'endroit où se trouve le négatif n°25 ou ce qu'il contient, c'est avec un vrai plaisir que l'on suit les aventures de Ben Stiller.

Bref, La Vie rêvée de Walter Mitty est le feel-good movie par excellence, celui dont on ressort avec un immense sourire sur le visage avec la satisfaction d'avoir simplement vu un très joli film, aux images grandioses, à l'histoire simple mais à la portée universelle. Une vraie réussite donc que ce film rafraichissant.

Note : 8/10


lundi 3 février 2014

En vrac 2013

Voilà donc, en vrac, plusieurs films qui n'ont pas fait l'objet d'une fiche unique sur ce blog, généralement parce que je n'avais pas assez de choses à en dire, que le film ne m'inspirait pas assez.

20 ans d'écart, de David Moreau, avec Virgina Efira, Pierre Niney...
Une énième comédie sentimentale à la française, avec pour unique originalité la mode de la "femme couguar". Pas désagréable à regarder, mais bien trop convenu pour être mémorable...

A la Merveille (To the Wonder), de Terence Malick, avec Ben Affleck, Olga Kurylenko, Javier Bardem...
Je suis resté un peu le cul entre deux chaises face à ce film, où Malick tente de laisser s'exprimer au maximum les sentiments, quitte à perdre le spectateur en chemin...mais nous impose en permanence les pensées de ses personnages, leur enlevant quasiment tout mystère. Trop ou pas assez radical, A la Merveille est finalement simplement bancal.

Les Apaches, de Thierry de Peretti, avec François-Joseph Culioli, Aziz El Haddachi, Hamza Meziani...
Un film assez glaçant sur la violence en Corse, et sur la façon dont un simple doute peut avoir des conséquences dramatique. On retiendra notamment une virée nocturne interminable et tétanisante, une des scènes les plus marquantes de l'année.

Blue Jasmine, de Woody Allen, avec Cate Blanchett, Alec Baldwin, Sally Hawkins...
Entièrement porté par l'interprétation sublime de Cate Blanchett, le dernier Woody Allen n'a en fait pas vraiment d'autre qualité, et offre notamment une énorme impression de déjà-vu dans le parcours de cette femme accroc aux signes extérieurs de richesse.


Frances Ha, de Noah Baumbach, avec Greta Gerwig...
Beaucoup d'énergie et un vrai sens de l'à-propos pour le portrait de cette jeune artiste désoeuvrée vivant au jour le jour, au fil de ses rencontres et mésaventures. Un film qui laisse un grand sourire pendant toute sa durée, et encore bien après.

Le Géant égoïste, de Clio Barnard, avec Conner Chapman, Shaun Thomas...
Un conte à la Dickens, relatant l'histoire de deux gamins tentant de se débrouiller dans la friche industrielle du nord de l'Angleterre. Une très belle histoire d'amitié doublée d'un drame poignant, où l'innocence de ces enfants se heurte à la réalité du monde des adultes, manipulateurs, menteurs et profiteurs. Une des belles surprises de l'année.

La Grande bellezza, de Paolo Sorrentino, avec Toni Servillo, Carlo Verdone...
Une plongée façon "syndrome de Stendhal" dans la Rome décadente des artistes repliés sur eux-mêmes, rappelant furieusement le cinéma de Fellini. Sans doute l'un des films les plus aboutis techniquement de l'année, et avec un Toni Servillo magnifique dont certains monologues sont d'un sublime cynisme. Très étrangement, on en ressort aussi déprimé qu'euphorique, épuisé par des scènes de fêtes à la démesure épuisante.

The Immigrant, de James Gray, avec Marion Cotillard, Joaquin Phoenix, Jeremy Renner...
Une belle coquille vide. Si la réalisation et l'aspect visuel rappellent certains grands classiques du cinéma, le film de James Gray tourne malheureusement à vide, son scénario ne proposant rien malgré un Joaquin Phoenix comme toujours parfait.

 Je suis supporter du Standard, de et avec Riton Liebman, avec Léa Drucker, Samir Guesmi...
L'idée de traiter le football comme une véritable addiction est formidable, et donne lieu à quelques scènes cocasses (la purge, la rechute, le test de dépendance), mais peine à remplir un film qui ne va jamais plus loin que ses fulgurances humoristiques.

Jobs, de Joshua Michael Stern, avec Ashton Kutcher, Dermot Mulroney...
L'ascension de Steve Jobs, campé par un Ashton Kutcher dont la ressemblance est parfois troublante. Ce biopic s'adresse néanmoins à un public connaissant déjà le parcours de Jobs, utilisant de nombreux raccourcis plombant parfois le rythme d'un récit peu passionnant.

 The Lunchbox, de Ritesh Batra, avec Irrfan Khan, Nimrat Kaur...
Une romance assez originale, rappelant les premiers émois d'adolescents apprenant à se découvrir par courriers. Un joli film, qui évite de sombrer dans la facilité, et qui est aussi touchant que drôle grâce à une belle sobriété et une belle pudeur.

Magic, magic, de Sebastian Silva, avec Michael Cera, Juno Temple...
Un thriller étonnant, qui nous emmène aux confins de la folie avec le personnage interprété par Juno Temple, perdue dans un environnement qui lui est étranger, au milieu de quasi-inconnus. Les barrières de sa réalité s'effacent peu à peu pour l'enferme dans un monde imaginaire, à l'insu de ses camarades, donnant une ambiance très étouffante à certaines scènes.

Mystery, de Lou Ye, avec Hao Lei, Qin Hao, Qi Xi...
Plutôt moyen, ce thriller chinois se perd peu à peu en essayant de brouiller les pistes, gâchant un peu le drame familial et social de ces femmes trahies par le même homme, l'une acceptant la situation, l'autre ne la supportant pas. Cela suffisait amplement, sans avoir finalement besoin d'ajouter cette touche de "mystère" finalement très artificielle...


Song for Marion, de Paul Andrew Williams, avec Terence Stamp, Vanessa Redgrave, Gemma Arterton...
Un joli film, très pudique, sur le deuil et le travail de mémoire d'un vieux bougon devenu veuf depuis peu. Quelques scènes sublimes, d'autres très drôles (le groupe chantant du hard rock), et un couple d'acteurs vraiment touchants.


Spring breakers, de Harmony Korine, avec James Franco, Selena Gomez, Vanessa Hudgens...
On attendait un film un peu sulfureux ou subversif. On a finalement eu un film légèrement acidulé, comme une friandise pour adolescente, où Korine tente de mettre en abîme la vacuité de ses personnages par la vacuité de son scénario. Vain.

Upside down, de Juan Solanas, avec Kirsten Dunst, Jim Sturgess...
Un univers visuellement sublime, au service d'une romance impossible façon Roméo & Juliette. Rien de bien nouveau donc, malgré quelques images magnifiques.