mercredi 21 août 2013

Moi, moche et méchant 2


Titre : Moi, moche et méchant 2 (Despicable me 2)
Réalisateur : Chris Renaud, Pierre Coffin
Acteurs : Steve Carell, Kristen Wiig, Russell Brand
Date de sortie en France : 26 juin 2013
Genre : animation, comédie

Synopsis : 
Ayant abandonné la super-criminalité et mis de côté ses activités funestes pour se consacrer à la paternité et élever Margo, Édith et Agnès, Gru, et avec lui, le Professeur Néfario et les Minions, doivent se trouver de nouvelles occupations. Alors qu’il commence à peine à s’adapter à sa nouvelle vie tranquille de père de famille, une organisation ultrasecrète, menant une lutte acharnée contre le Mal à l’échelle planétaire, vient frapper à sa porte. Soudain, c’est à Gru, et à sa nouvelle coéquipière Lucy, que revient la responsabilité de résoudre une série de méfaits spectaculaires. Après tout, qui mieux que l’ex plus méchant méchant de tous les temps, pourrait attraper celui qui rivalise pour lui voler la place qu’il occupait encore récemment.

Avis : 
 Après un premier volet sympathique mais loin d'être formidable, Gru et ses Minions remettent le couvert pour un second épisode : devenu un gentil, père de trois petites filles, Gru est chargé d'épauler Lucy pour retrouver un virus redoutable transformant son hôte en créature féroce et mauve. Une base qui va permettre d'offrir une suite bien plus réussie, plus rythmée et plus drôle.


Moi, moche et méchant 2 va ainsi jouer des codes des films d'espionnage de façon bien plus convaincante que le premier volet. Les personnages sont bien plus réussis (El Macho est un antagoniste bien plus passionnant que le fade Vector), les gags mieux amenés, et même Gru devient un personnage attachant. Entre deux clins d'oeil au cinéma (même Alien, le huitième passager ou L'Invasion des profanateurs de sépultures sont cités), à la télévision (ce Minion échappé de La Croisière s'amuse) ou à la photographie (le célèbre Lunch atop a skycraper), les gags et les scènes épiques s'enchaînent de façon très fluide, sans aucun temps mort.

Mais bien sûr, les Minions se paient encore la part du lion : encore plus présents que dans le premier film, ils continuent à nous faire rire à de nombreuses reprises, entre leurs gaffes, leur enthousiasme décalé, leurs déguisements ou leur langage. Ils sont d'ailleurs au centre même du scénario, le fameux virus les transformant en Minions mauves, petits monstres grimaçants aux cheveux hirsutes.

Bien plus réussi que le premier volet, Moi, moche et méchant 2 est donc une excellente surprise. Pastiche souvent hilarant des films d'espionnage, fourmillant de détails et de références, le film fait souvent mouche, et cette fois le mérite n'en revient pas uniquement aux Minions. Même s'il faut bien avouer que, sans eux, le film tournerait sans doute rapidement en rond...

Note : 8/10


Les Nibelungen : la mort de Siegfried


Titre : Les Nibelungen : la mort de Siegfried (Die Nibelungen – Siegfried [1. Teil])
Réalisateur : Fritz Lang
Acteurs : Paul Richter, Margarete Schön, Hans Adalbert Schlettow
Date de sortie en France : mars 1925
Genre : aventures, fantasy

Synopsis : 
Siegfried, fils du roi Siegmund de Xanten, termine son apprentissage chez le nain Mime. Il forge une magnifique épée. Désormais, il peut retourner chez lui, mais l'ambitieux jeune homme veut se rendre à Worms, capitale des Burgondes, pour conquérir la belle Kriemhild, sœur du roi Gunther. Traversant une forêt, il triomphe d'un dragon. Suivant les conseils d'un oiseau, il se trempe dans le sang du dragon qui le rend invulnérable à l'exception d'une zone sur son épaule où s'est posée une feuille.

Avis : 
 Adaptation de La Chanson des Nibelungen, une légende scandinave reprise par les conteurs germaniques, Les Nibelungen est un film d'environ cinq heures, divisé en deux parties d'égale durée : La Mort de Siegfried et La Vengeance de Kriemhild. Dans cette première moitié, nous suivons donc le destin de Siegfried, héros germanique ambitieux et courageux, dans sa quête pour obtenir la main de Kriemhild, la soeur du roi des Burgondes.


Dans une première heure très rythmée, on nous présente donc le jeune homme, forgeron doué, dans de nombreuses péripéties : il affronte un dragon, trouve le trésor d'un nain, et doit ensuite affronter la redoutable Brunhild au cours de trois épreuves afin de pouvoir enfin conquérir sa bien aimée. Fritz Lang nous livre ici un récit d'aventures formidable, mettant en images les légendes nordiques avec un sens inégalable du visuel : l'affrontement avec le dragon est ainsi l'occasion d'images qui resteront gravées à jamais dans l'histoire du cinéma. On appréciera par ailleurs la qualité des effets spéciaux, modèles d'inventivité avec ces jeux de surimpression ou cette maquette de seize mètres animée par des hommes cachés à l'intérieur.

La seconde moitié de cette première partie se concentre sur les intrigues de palais, avec ses complots et ses trahisons. Magie du film muet, nous n'avons guère besoin de beaucoup d'explications pour comprendre les différents enjeux, et les panneaux de dialogue sont assez rares pour ne pas ralentir le film. On a alors tout le loisir d'apprécier l'évolution des différents personnages, d'une Kriemhild qui paraît d'abord bien cruche avant de se révéler implacable dans le final, à Siegfried dont l'arrogance et la trop grande confiance le mèneront à sa perte, en passant par le roi Gunther, incapable de s'imposer à une épouse offerte par le héros.


La réalisation de Lang permet d'instaurer un souffle étonnant dans cette seconde moitié pourtant bien plus calme, insistant largement sur les troubles des différents personnages et sur le destin inexorable de Siegfried (on relèvera d'ailleurs un court mais magnifique passage en animation, ou une superbe transformation d'un arbre en crâne humain). Il réserve encore quelques passages magnifiques, comme la mort du héros, transpercé par une lance dans un décor idyllique.

Les Nibelungen : la mort de Siegfried est ainsi une des plus grandes oeuvres de l'histoire du cinéma, avec une première heure épique et spectaculaire, avec un univers d'une incroyable richesse, et une seconde moitié plus calme mais presque aussi prenante. Avec quelques scènes mémorables et le talent de Fritz Lang et la qualité des effets spéciaux, le film résiste en plus admirablement aux assauts du temps, restant étonnamment moderne et bien plus réussi que tous les films de fantasy des 90 dernières années.

Note : 10/10


mardi 20 août 2013

Morse


Titre : Morse (Låt den rätte komma in)
Réalisateur : Tomas Alfredson
Acteurs : Kåre Hedebrant, Lina Leandersson, Per Ragnar
Date de sotie en France : 4 février 2009
Genre : épouvante, horreur, drame

Synopsis : 
Oskar est un adolescent fragile et marginal, totalement livré à lui-même et martyrisé par les garçons de sa classe. Pour tromper son ennui, il se réfugie au fond de la cour enneigée de son immeuble, et imagine des scènes de vengeance. Quand Eli s'installe avec son père sur le même pallier que lui, Oskar trouve enfin quelqu'un avec qui se lier d'amitié. Ne sortant que la nuit, et en t-shirt malgré le froid glacial, la jeune fille ne manque pas de l'intriguer... et son arrivée dans cette banlieue de Stockolm coïncide avec une série de morts sanglantes et de disparitions mystérieuses. 

Avis :  
 Sorti en France un petit mois après Twilight - chapitre 1 : Fascination, Morse en constitue un peu l'antithèse. Adapté du roman Laisse-moi entrer de John Ajvide Lindqvist, il raconte la relation entre Oskar, garçon introverti, et Eli, sa nouvelle voisine de palier au comportement étrange. Mais si Twilight reste un film pour midinettes, Morse se veut bien plus adulte, traitant de thèmes bien plus forts et matures, par le biais d'éléments laissés habilement en suspens et concernant notamment le mystère autour d'Eli, ou encore de sa relation avec l'homme adulte qui l'accompagne.


Morse, c'est peut être ma variation préférée sur le thème du vampire. L'histoire m'a complètement conquis, laissant régulièrement le fantastique de côté au profit du drame, avec de nombreuses pistes de lecture, abordant aussi bien la chronique familiale, le drame adolescent, l'horreur, la féérie...Du côté de la réalisation, on trouve un aspect plutôt classique pour un film scandinave : il y a quelquechose de très froid qui s'en dégage, le rythme est très lent, presque contemplatif par moments, et les plans fixes sont souvent accompagnés d'un silence insistant. Alfredson joue de plus constamment sur les flous et sur les seconds plans, apportant une richesse visuelle assez bluffante à l'ensemble, et magnifiant les paysages enneigés. Enfin, le duo de jeunes acteurs est completement bluffant, notamment Lina Leandersson, simplement parfaite.

La relation entre Eli et Oskar est à la fois complexe et d'une simplicité touchante, donnant un film à fleur de peau sans jamais sombrer dans la facilité ou le mélo, la nature et les actes d'Eli faisant constamment peser une menace sur Oskar, qui pourra également se reveler dangereux à son tour. La violence ne sera pas complètement oubliée, par le biais de quelques attaques rapides mais efficaces (à l'exception de la scène des chats, sans doute la moins réussie) et d'effets spéciaux discrets mais très convaincants.

Bref, un film magnifique,qui a depuis fait (évidemment) l'objet d'un remake américain avec Laisse-moi entrer de Matt Reeves qui, s'il n'est pas désagréable, ne s'approche jamais de la qualité de ce Morse.

Note : 9/10