jeudi 24 janvier 2013

Le Monde de Charlie


Titre : Le Monde de Charlie (The Perks of Being a Wallflower)
Réalisateur : Stephen Chbosky
Acteurs : Emma Watson, Logan Lerman, Ezra Miller
Date de sortie en France : 2 janvier 2013
Genre : drame, comédie

Synopsis : 
Au lycée où il vient d’arriver, on trouve Charlie bizarre. Sa sensibilité et ses goûts sont en décalage avec ceux de ses camarades de classe. Pour son prof de Lettres, c’est sans doute un prodige, pour les autres, c’est juste un "loser". En attendant, il reste en marge - jusqu’au jour où deux terminales, Patrick et la jolie Sam, le prennent sous leur aile. Grâce à eux, il va découvrir la musique, les fêtes, le sexe… pour Charlie, un nouveau monde s’offre à lui.

Avis : 
Réalisé par Stephen Chbosky, d'après son propre roman Pas Raccord, Le Monde de Charlie semble sur le papier être l'éternel récit initiatique mettant en scène un adolescent mal dans sa peau et rejeté par ses camarades. Et si le film ne réservera aucune surprise dans l'évolution de Charlie, qui trouve enfin des amis, la reconnaissance et l'amour, grâce à d'autres élèves un peu marginaux et le soutien d'un professeur bienveillant, Stephen Chbosky va y mettre tant de sincérité et de sensibilité que ce Perks of being a wallflower va fonctionner au-delà de ce à quoi l'on s'attendait.


Tout d'abord, il met en scène un trio d'acteur particulièrement attachants : Logan Lerman, déjà vu dans Percy Jackson : le voleur de foudre, Ezra Miller (We need to talk about Kevin), et surtout Emma Watson, dans son premier grand rôle après la saga Harry Potter. Ils apportent beaucoup de crédibilité et de fraicheur à leurs personnages, et constituent ainsi la grande force du film, dans la peau de personnages intéressants et très bien dessinés, placés au coeur de situations tantôt amusantes (l'incapacité de Charlie à se séparer de sa petite amie), tantôt dramatiques (l'homosexualité de Patrick).

Stephen Chbosky décrit ainsi autant de situations assez classiques pour des ados de cet âge, de la passion pour la musique (avec la chanson Heroes de David Bowie) ou le cinéma (The Rocky Horror Picture Show) à la découverte de l'amour, du sexe, de la drogue. Là où il va plus loin, c'est dans la profondeur qu'il donne à Charlie qui, en plus de ses centres d'intérêt considérés comme particuliers par ses camarades, est hanté par un événement de son enfance dont la révélation sera un moment extrêmement fort.

Le Monde de Charlie est donc une très bonne surprise sur l'adolescence,signée par un réalisateur qui cerne à merveille les états d'âme de ses héros dans un film aussi rafraichissant que déchirant.

Note : 7,5/10

mercredi 23 janvier 2013

Le Dernier rempart


Titre : Le Dernier rempart (The Last stand)
Réalisateur : Kim Jee-woon
Acteurs : Arnold Schwarzenegger, Johnny Knoxville, Forest Whitaker
Date de sortie en France : 23 janvier 2013
Genre : action

Synopsis : 
Après une opération ratée qui l’a laissé rongé par les remords et les regrets, Ray Owens a quitté son poste à la brigade des stupéfiants de Los Angeles. Il est désormais le shérif de la paisible petite ville de Sommerton Junction, tout près de la frontière mexicaine. Mais sa tranquillité vole en éclats lorsque Gabriel Cortez, le baron de la drogue le plus recherché du monde, réussit une évasion spectaculaire d’un convoi du FBI, semant les cadavres derrière lui… Avec l’aide d’une bande de truands et de mercenaires dirigés par le glacial Burrell, Cortez s’enfuit vers la frontière à 400 km/h dans une Corvette ZR1 spéciale, et il a un otage… Il doit passer par Sommerton Junction, où l’agent John Bannister aura une dernière chance de l’intercepter avant qu’il ne franchisse la frontière… D’abord réticent en se voyant impliqué dans cette affaire, écarté parce qu’il est considéré comme un petit shérif de province incapable, Ray Owens finit par rallier son équipe et par prendre l’affaire en main. Tout est prêt pour la confrontation… 

Avis : 
Après une brève apparition dans The Expendables, puis un rôle plus conséquent dans sa suite, Arnold Schwarzenegger revient sérieusement au cinéma avec Le Dernier rempart. Un retour sous forme de bon gros film d'action sorti tout droit des années 80, où Schwarzy incarne un vieux shérif irréductible, sorti de sa retraite au soleil par des mercenaires qui ont la mauvaise idée de passer dans sa ville. Un scénario classique, un personnage classique, et pourtant, tout cela va être diablement efficace.


Evidemment, le film est un hommage à la testostérone, où les hommes s'échangent des phrases accrocheuses en se tirant dessus avec d'énormes armes, où on roule à 400 km/h au volant d'un bolide les phares éteints, où on ne meurt qu'après une dizaine de balles dans le corps. Dans le rôle de ce vieux gardien de la loi accroché à son honneur, Schwarzy livre une prestation monolithique étrangement efficace. Il tue du truand sans sourciller, se contentant d'une réplique assassine pour les plus méchants, et ne tentera jamais de faire de son personnage autre chose qu'un béhémoth avec un insigne.

Pour son premier film aux Etats-Unis, le formidable réalisateur Kim Jee-woon (2 soeurs, A bittersweet life, J'ai rencontré le Diable) délaisse tout ce qui faisait le piment de ses films asiatiques, bien conscient de ce qui lui est demandé avec The Last stand. Les scènes d'action seront ainsi classiques, mais très efficaces, bien loin néanmoins de la folie furieuse de son film précédent. Pour l'occasion, il réunit en plus un joli casting, avec Forest Whitaker (Le Dernier roi d'Ecosse), Peter Stormare (The Big Lebowski) ou Johnny Knoxville (Jackass), dans des rôles forcément archétypaux (l'agent du F.B.I. qui sous-estime le shérif, le truand sans pitié, le sidekick humoristique).

Le Dernier rempart marque donc le retour du Gouvernator dans ce qu'il fait de mieux : un gros film d'action bien bourrin, où on ne s'embête ni de subtilité, ni d'un scénario. Et si l'on préfère vraiment voir Kim Jee-woon faire des films plus intéressants, le résultat est terriblement efficace, dans la lignée directe de ce que pouvait nous offrir Schwarzy à une époque que l'on pensait révolue. A l'heure où Stallone se loupe complètement avec Du plomb dans la tête et où Bruce Willis se perd dans Die Hard 5, ça fait vraiment du bien de voir qu'une des icônes de ce genre de cinéma est toujours en forme malgré les années...

Note : 7/10


lundi 21 janvier 2013

Silent Hill : Révélation


Titre : Silent Hill : Révélation (Silent Hill : Revelation 3D)
Réalisateur : Michael J. Bassett
Acteurs : Adelaide Clemens, Sean Bean, Kit Harington, Malcolm McDowell, Carrie-Anne Moss
Date de sortie en France : 28 novembre 2012
Genre : fantastique, horreur

Synopsis : 
Depuis son plus jeune âge, Heather Mason a l’habitude de changer d’adresse très souvent avec son père. Sans vraiment savoir pourquoi, elle fuit. Pourtant, cette fois, elle est piégée. Pour sauver celui qui avait toujours réussi à la protéger et découvrir qui elle est vraiment, Heather va devoir affronter un cauchemar qui devient de plus en plus réel…Silent Hill. 

Avis : 
Après un premier volet signé Christophe Gans, qui avait autant séduit par ses qualités esthétiques et son ambiance fidèle à l'univers du jeux vidéo, que déçu en raison du manque total de frisson et d'un scénario trop classique, voici donc la seconde adaptation au cinéma de la saga vidéoludique concurrente de Resident Evil. Cette fois, c'est Michael J. Bassett qui s'y colle, après avoir réalisé Wilderness et le très moyen Solomon Kane. Il lui suffira de quelques minutes de film pour nous emmener très loin sur le chemin de la nullité cinématographique.

S'il reprend les grandes lignes de l'histoire des jeux Silent Hill et Silent Hill 3, s'il en reprend des personnages, s'il en utilise certains magnifiques décors (la fête forraine), il va surtout s'attacher à livrer une adaptation presque aussi horrible que ce que nous offre la saga Resident Evil au cinéma, doublée d'un film fantastique recyclant sans vergogne les pires ficelles du genre. Oubliez toute ambiance, toute atmosphère un peu anxiogène : avec Silent Hill Révélation, on est sur un train fantôme de seconde zone. Les créatures apparaissent brusquement pour tenter, vainement, de faire sursauter le spectateur, et les passages se succèdent sans aucun souci de continuité scénaristique. C'est simple : tout semble avoir été pensé par un gamin.


L'histoire se résume donc à des révélations sans surprise, des déductions tirées par les cheveux, des hasards toujours plus énormes, entrecoupés de dialogues puérils entre les deux jeunes héros du film. Comble de la malchance, l'héroïne tombe sur l'intégralité des créatures du monde parallèle, ce qui sera l'occasion d'admirer la nullité des effets spéciaux. Même les éléments qui permettaient d'apprécier le film de Gans sont ici absents : le film est horriblement moche, et ne met à aucun moment ses décors en valeur. Pire encore, les musiques composées par Akira Yamaoka pour les jeux sont ici omniprésentes et mal utilisées, et finissent par exaspérer ! A croire qu'ayant entendu les fans se réjouir de l'utilisation de ces titres pour le premier volet, les producteurs ont décidé d'en remplir cette suite jusqu'à l'indigestion...

Silent Hill : Révélation constitue finalement l'un des pires films horrifiques d'une année pourtant plus marquée par ses navets que ses réussites. En dénaturant totalement l'univers du jeu vidéo et du premier film, Michael J. Bassett situe son film au même niveau que les derniers Resident Evil, la déception en plus. On se demande un peu ce que sont venus faire Malcolm McDowell et Carrie-Anne Moss dans cette galère. Radha Mitchell aura quant à elle bien pris soin de se limiter à une apparition de quelques secondes...

Note : 1/10