Affichage des articles dont le libellé est robert wise. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est robert wise. Afficher tous les articles

jeudi 11 juillet 2013

Le Récupérateur de cadavres


Titre : Le Récupérateur de cadavres (The Body snatcher)
Réalisateur : Robert Wise
Acteurs : Boris Karloff, Henry Daniell, Bela Lugosi
Date de sortie en France : 21 septembre 2004 (DVD)
Genre : thriller, épouvante

Synopsis : 
Dans le Edimbourg du 19ème siècle, le docteur MacFarlane fait appel aux services du voleur de cadavres Gray pour obtenir des corps à disséquer, en vue d’approfondir ses connaissances anatomiques. Mais alors que la surveillance autour des cimetières s’intensifie, Gray doit trouver une nouvelle façon de fournir des cadavres, tandis que MacFarlane doit s’occuper du cas d’une jeune fillette, dont l’opération très compliquée nécessite des connaissances pointues...

Avis : 
 Le Récupérateur de cadavre est inspiré de la nouvelle The Body Snatcher de Robert Louis Stevenson,  tirée d’une histoire vraie connue sous le nom de meurtres de West Port, affaire durant laquelle Burke et Hare assassinaient des personnes pour en revendre les cadavres au Dr. Knox. L’histoire est d’ailleurs évoquée à plusieurs reprises dans le film, et inspirera également L’impasse aux violences ou Le Docteur et les assassins.


L’attraction principale du film pour les amateurs de fantastique, en plus du nom de Wise, vient de la présence de deux noms mythiques du cinéma d’horreur : Boris Karloff, dont le nom restera éternellement attaché à la créature de Frankenstein, et Bela Lugosi, l’homme sous la cape de Dracula. Si, imposé par la RKO qui désirait réunir les deux monstres sacrés dans le même film, ce dernier est plutôt en retrait dans le rôle d’un serviteur du Dr. MacFarlane, Boris Karloff crève littéralement l’écran dans le rôle de Gray, mettant son physique particulier au service d’une magnifique interprétation. Il fait ainsi parfaitement ressentir la noirceur de son personnage, même quand celui-ci se montre poli ou attentionné, un personnage excellant dans le domaine de la manipulation, obtenant habilement ce qu'il souhaite de ceux qu'il côtoie. Mais si ce personnage se montre particulièrement malfaisant, les personnages présentés comme respectables ont également leur part d'ombre, et vont sombrer également dans une noirceur certaine.

Ainsi le Dr. MacFarlane, interprété par Henry Daniell, n'apparaît pas comme sympathique mais plutôt comme un chirurgien renommé, sûr de son fait et inflexible, plus intéressé par le résultat que par le rapport humain. Une froideur et une rigueur scientifiques assez classiques finalement qui, si elles rendent le personnage plutôt antipathique, ne le présentent pas comme malfaisant. Pourtant, on s'aperçoit qu'il va rapidement se laisser entraîner par Gray, n'ayant que peu de scrupules vis-à-vis de la provenance des cadavres que ce dernier lui fournit, et réussissant à justifier ces actions peu honorables par une volonté de faire progresser la science. Un progrès qu’il est alors difficile de condamner totalement, d’autant qu’il permet de sauver des vies. Et c’est sur ce point que Le Récupérateur de cadavres semble encore aujourd’hui parfaitement d’actualité, en posant la question de l’éthique médicale et en s’abstenant d’apporter tout jugement ou toute réponse, laissant au spectateur le soin d’y réfléchir. Un réflexion rendue difficile par le refus total du film de sombrer dans le manichéisme, aucun personnage n’étant ni tout blanc, ni tout noir. Ainsi, le nouvel assistant du Dr. MacFarlane va-t-il rapidement abandonner ses idéaux et traverser à son tour la frontière dans l’espoir de sauver une fillette. Une noble cause donc, mais qui, alors que les cimetières sont de plus en plus surveillés, obligera Gray à s’approvisionner différemment et à tuer.


Si le film ne verse jamais dans l’horreur, l’ambiance qui émane des rues d’Edimbourg est particulièrement macabre. Le noir et blanc donne un côté gothique à ces rues désertes et faiblement éclairées, où l’on devine qu’il ne fait pas bon s’éterniser lorsque la nuit tombe. Wise nous offre quelques sublimes plans, dont on retiendra notamment la scène du meurtre, les derniers instant du film et surtout la magnifique confrontation entre Bela Lugosi et Boris Karloff.

Injustement méconnu, sans doute un peu oublié parmi les filmographies conséquentes de ses principaux participants, "Le Récupérateur de cadavres" est pourtant une vraie réussite à tous les niveaux : la réalisation soignée de Wise, l’interprétation hallucinante de Boris Karloff et un sujet de réflexion étonnamment moderne. A découvrir d’urgence si ce n’est pas encore fait !

Note : 8,5/10

mercredi 10 juillet 2013

Star Trek, le film


Titre : Star Trek, le film
Réalisateur : Robert Wise
Acteurs : William Shatner, Leonard Nimoy, DeForest Kelley
Date de sortie en France : 27 mars 1980
Genre : science-fiction

Synopsis : 
Une entité d'origine extra-terrestre sans précédent se dirige vers la Terre en détruisant tout sur son passage. L'équipage de l'USS Enterprise est chargé de stopper ce nouvel ennemi. Alors que le Capitaine Decker se prépare à diriger la mission, il est relevé de ses fonctions et remplacé par le fameux Amiral Kirk, absent des commandes du vaisseau depuis trois ans... 

Avis : 
Six séries télévisées. Douze longs-métrages. Ajoutez à cela d'innombrables romans, jeux vidéo, comics et produits dérivés : l'univers de Star Trek est certainement l'un des plus riches de la science-fiction. Véritable objet de culte, la saga débarque sur les écrans de télé américains en 1966 et, malgré un succès mitigé, elle parvint à se créer une base de fans particulièrement passionnés, les trekkies (ou trekkers), jusqu'à son arrêt, au bout de la troisième saison, en 1969. Suivit alors une série d'animation (Star Trek : la série animée) puis, en 1979, la première adaptation cinématographique avec Star Trek, le film.


Avant cela, une seconde série fut envisagée, sous le nom de Star Trek : phase II, mais les succès de La Guerre des étoiles puis de Rencontres du troisième type incitèrent la Paramount à faire renaître le projet d'adaptation de la série sur grand écran qui traînait depuis plusieurs années. A la réalisation, le studio s'attacha les services du vétéran Robert Wise (La Maison du Diable), qui avait reçu des années plus tôt deux Oscars du meilleur réalisateur pour West Side Story et La Mélodie du bonheur. Conçu comme une suite de la série d'origine, Star Trek, le film en réunit pour l'occasion les principaux personnages : le capitaine James T. Kirk, monsieur Spock, le Dr McCoy, Scott, Sulu, Uhura et Chekov, interprété par les acteurs originaux.

Afin de rivaliser avec Star Wars, ce premier Star Trek va consacrer plus d'une heure aux diverses péripéties de l'USS Enterprise, enchaînant les avaries, les problèmes et les passages spectaculaires à grands renforts d'effets spéciaux omniprésents. Une volonté de grand spectacle qui rend aujourd'hui cette première partie terriblement ringarde : les effets spéciaux ont énormément vieilli, de même que les décors, les bruitages, les costumes ou les maquillages. Si beaucoup de films de l'époque accusent aujourd'hui le poids des années, c'est sans doute encore plus vrai pour Star Trek que pour les autres, la volonté d'en mettre plein la vue se retournant maintenant contre lui. A titre de comparaison, le film fut nominé pour l'Oscar des meilleurs effets visuels en 1980, lequel fut gagné par Alien, le huitième passager, modèle absolu de sobriété...

Cet aspect kitsch et ces péripéties régulières n'empêchent hélas pas cette première partie d'être assez ennuyeuse. Portés par des interprètes peu inspirés (sauf peut-être Leonard Nimoy), les personnages ne semblent pas réellement concernés par leur aventure, se contentant de réciter quelques dialogues vaguement techniques en poussant des boutons multicolores, et attendant généralement que le temps passe. Heureusement, tout cela va, enfin, prendre de l'ampleur quand l'Enterprise s'approchera de V'Ger, une menace inconnue fonçant vers la Terre.


Sans doute très inspirée de 2001, l'odyssée de l'espace, l'histoire de V'Ger permet au film de se rattacher à l'aspect philosophique de la série, et de mettre en avant des effets visuels plus cohérents et une musique très réussie. Les dialogues prennent le pas sur l'action, et on retrouve les célèbres débats à trois entre Spock, Kirk et McCoy, chacun avec sa personnalité bien dessinée. Une seconde partie intelligente, on l'on retrouve bien plus la patte de Wise, lui qui semblait effacé derrière la surenchère naïve de la première heure.

Ce premier film issu de l'univers Star Trek a donc très mal vieilli, jouant trop souvent et trop longtemps sur ses effets spéciaux et des expérimentations visuelles devenues un peu ringardes. Il sera pourtant important de faire abstraction de cette grosse heure d'ennui pour enfin découvrir le coeur même du film, s'évadant du besoin de surfer sur le succès de Star Wars pour enfin faire du Star Trek à son meilleur, intelligent et passionnant.

Note : 5/10


mercredi 24 avril 2013

La Maison du Diable


Titre : La Maison du Diable (The Haunting)
Réalisateur : Robert Wise
Acteurs : Julie Harris, Claire Bloom, Richard Johnson
Date de sortie en France : janvier 1964
Genre : horreur, épouvante

Synopsis : 
Le Dr Markway qui effectue des recherches dans le domaine de la parapsychologie tente une expérience de perception extrasensorielle avec un groupe de personnes réunies dans un vieux manoir réputé hanté. Dès le départ, des bruits insolites terrorisent les habitants de la demeure...

Avis : 
Réalisé entre ses deux plus grands succès, West Side Story (récompensé par 10 Oscars) et La Mélodie du bonheur (5 Oscars), La Maison du Diable de Robert Wise est l'un des plus grands, sinon le plus grand, films de maison hantée de l'Histoire du cinéma. Classique du cinéma d'épouvante, il constitue encore aujourd'hui une expérience toute particulière, un exemple dans la manière d'appréhender la peur au cinéma.


La principale force du film est de ne jamais relâcher la pression autour du spectateur : loin des montagnes russes que l'on voit trop souvent aujourd'hui, où la tension retombe aussi vite qu'elle est née après des jump-scares stéréotypés, Robert Wise fait monter crescendo l'angoisse pendant tout le film, en jouant en permanence avec le spectateur grâce à une réalisation millimétrée, s'amusant à nous prendre à contre-pied.

Et si nous ne verrons finalement pas grand chose, jusqu'à douter de la véritable présence d'événements paranormaux dans cette maison, The Haunting nous laisse constamment sur le qui-vive, insistant sur l'aspect labyrinthique du manoir, sur ses bizarreries architecturales, et nous présentant régulièrement ses personnages perdus dans un coin de l'image, ou au contraire en gros plan. La demeure elle-même est présentée comme presque vivante, semblant épier les visiteurs à chaque moment, tant au moyen des nombreuses statues, qui ne lâcheront jamais les personnages du regard, qu'au travers des miroirs dont disposent les chambres.

La Maison du Diable est l'un de ces rares films à n'avoir pris aucune ride, grâce à une histoire assez simple et à une réalisation parfaite, Robert Wise prouvant parfaitement que l'on peut faire naître l'angoisse chez le spectateur en ne montrant rien, laissant l'imagination travailler pour nous rendre presque paranoïaques, interprétant nous-mêmes les sons et imaginant les pires monstres surgir d'un coin de l'écran. Un art de la suggestion que Jan de Bont ne saisira vraisemblablement pas, préférant multiplier les manifestations visuelles pour son immonde remake, Hantise.

Note : 10/10