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lundi 5 avril 2021

Mothra contre Godzilla


Titre : Mothra contre Godzilla (Mosura tai gojira)
Réalisateur : Ishirô Honda
Acteurs : Akira Takarada, Yuriko Hoshi, Hiroshi Koizumi
Date de sortie en France : 
Genre : kaiju eiga

Synopsis : 
Alors qu'un ouragan vient de dévaster Tokyo, deux reporters sont envoyés sur les restes d'un site industriel. Là, ils découvrent une étrange substance. Au même moment, des pêcheurs attrapent un immense oeuf dont les scientifiques n'arrivent pas à percer le secret. Toharata, un puissant homme d'affiares, l'achète et en fait une attraction particulièrement lucrative. La fameuse créature Godzilla sort de l'ombre et attaque une nouvelle fois le Japon. La seule issue pour les humains sera de demander de l'aide à une autre bête géante, Mothra, à qui appartient l'oeuf...
 
Avis : 
En 1964, Godzilla affronte pour la première fois l'une des créatures les plus emblématiques du kaiju eiga : Mothra. Apparue en 1961 dans le film éponyme, la mite géante est un monstre bienfaiteur, protecteur de la planète, apportant ainsi une dimension écologique et un peu de nuance là où les adversaires de Godzilla ne sont souvent que d'autres géants destructeurs. 



Mothra apporte également une certaine touche de poésie, et une dimension particulièrement tragique à la saga, l'insecte géant étant une créature martyre, obligée d'évoluer pour affronter son adversaire, largement plus puissant qu'elle. Et grâce à des effets spéciaux de qualité, une réalisation soulignant parfaitement les moments forts et l'émotion en émanant, l'affrontement entre Mothra et Godzilla est l'un des meilleurs combats de l'ère Showa, ce qui était loin d'être gagné lorsqu'on imaginait une mite géante se confronter à un reptile géant au souffle atomique. 

A côté des scènes de combat et de destruction (assez peu nombreux, d'ailleurs, l'essentiel du film se déroulant dans des paysages déserts), le scénario est malheureusement plus classique, dénonçant la soif de profit de l'Homme au détriment de la nature, opposant un homme d'affaires bien stéréotypé à un scientifique. Ces séquences entraînent une relative baisse de rythme, heureusement compensée par la qualité des combats? 

Mothra contre Godzilla peut donc se voir comme une véritable fable, un hymne en faveur de la nature. La sagesse et la poésie liées à l'insecte géant tranchent radicalement avec le côté violent de Godzilla - pour la dernière fois de l'ère Showa. La mite géante est d'ailleurs très vite devenue une véritable icône, et l'une des créatures préférées et les plus connues au sein du bestiaire du kaiju eiga, présente dans de nombreux films de la saga Godzilla. Une célébrité telle qu'elle apparaîtra même dans le MonsterVerse américain, dans le très moyen Godzilla II : Roi des monstres.


 
 

mercredi 24 avril 2013

La Maison du Diable


Titre : La Maison du Diable (The Haunting)
Réalisateur : Robert Wise
Acteurs : Julie Harris, Claire Bloom, Richard Johnson
Date de sortie en France : janvier 1964
Genre : horreur, épouvante

Synopsis : 
Le Dr Markway qui effectue des recherches dans le domaine de la parapsychologie tente une expérience de perception extrasensorielle avec un groupe de personnes réunies dans un vieux manoir réputé hanté. Dès le départ, des bruits insolites terrorisent les habitants de la demeure...

Avis : 
Réalisé entre ses deux plus grands succès, West Side Story (récompensé par 10 Oscars) et La Mélodie du bonheur (5 Oscars), La Maison du Diable de Robert Wise est l'un des plus grands, sinon le plus grand, films de maison hantée de l'Histoire du cinéma. Classique du cinéma d'épouvante, il constitue encore aujourd'hui une expérience toute particulière, un exemple dans la manière d'appréhender la peur au cinéma.


La principale force du film est de ne jamais relâcher la pression autour du spectateur : loin des montagnes russes que l'on voit trop souvent aujourd'hui, où la tension retombe aussi vite qu'elle est née après des jump-scares stéréotypés, Robert Wise fait monter crescendo l'angoisse pendant tout le film, en jouant en permanence avec le spectateur grâce à une réalisation millimétrée, s'amusant à nous prendre à contre-pied.

Et si nous ne verrons finalement pas grand chose, jusqu'à douter de la véritable présence d'événements paranormaux dans cette maison, The Haunting nous laisse constamment sur le qui-vive, insistant sur l'aspect labyrinthique du manoir, sur ses bizarreries architecturales, et nous présentant régulièrement ses personnages perdus dans un coin de l'image, ou au contraire en gros plan. La demeure elle-même est présentée comme presque vivante, semblant épier les visiteurs à chaque moment, tant au moyen des nombreuses statues, qui ne lâcheront jamais les personnages du regard, qu'au travers des miroirs dont disposent les chambres.

La Maison du Diable est l'un de ces rares films à n'avoir pris aucune ride, grâce à une histoire assez simple et à une réalisation parfaite, Robert Wise prouvant parfaitement que l'on peut faire naître l'angoisse chez le spectateur en ne montrant rien, laissant l'imagination travailler pour nous rendre presque paranoïaques, interprétant nous-mêmes les sons et imaginant les pires monstres surgir d'un coin de l'écran. Un art de la suggestion que Jan de Bont ne saisira vraisemblablement pas, préférant multiplier les manifestations visuelles pour son immonde remake, Hantise.

Note : 10/10


jeudi 14 mars 2013

Merlin l'enchanteur


Titre : Merlin l'enchanteur (The Sword in the Stone)
Réalisateur : Wolfgang Reitherman
Acteurs : Karl Swenson, Rickie Sorensen, Martha Wentworth 
Date de sortie en France : décembre 1964
Genre : animation, aventures

Synopsis : 
Le jeune Arthur reçoit l'enseignement de l'enchanteur Merlin, avec qui il va vivre des aventures magiques, avant de devenir Roi d'Angleterre. 

Avis: 
J'ai appris récemment que ce 22e long métrage d'animation des studios Disney était l'un de ceux qui avaient le moins marqué le public. En y réfléchissant, il est vrai que je n'ai le souvenir d'aucun élément rappelant le film de mes passages à Disneyland. Pourtant, c'est l'une des oeuvres animées ayant bercé mon enfance, à côté d'autres Disney comme Robin des bois ou Alice au Pays des Merveilles, et peut-être celle dont j'ai le souvenir le plus précis, l'ayant sans doute vue une bonne dizaine de fois.

Ayant pour vague toile de fond les légendes arthuriennes, adaptant pour l'occasion le livre L'Epée dans la Pierre de Terence Hanbury White, Merlin l'enchanteur nous conte donc l'histoire du jeune Arthur, orphelin recueilli par le seigneur Hector et tyrannisé par Kay, le fils de ce dernier. Arthur ne le sait pas, mais il est promis à un grand avenir : il est prédestiné à reprendre le trône vacant de Roi d'Angleterre, en arrachant Excalibur de son enclume. Mais le jeune garçon chétif va, avant cela, faire la rencontre du magicien Merlin, et vivre avec lui de nombreuses aventures destinées à lui apprendre que le cerveau peut vaincre les muscles.


La première partie du film sera ainsi rythmée par les tours de magie du vieux sage, bien décidé à ne pas faire sa valise ou la vaisselle sans utiliser ses pouvoirs. L'apprentissage d'Arthur passera par trois étapes successives : une transformation en poisson, pendant laquelle il devra échapper à un brochet ; une transformation en écureuil, où il devra se défaire d'une compagne très envahissante ; une transformation en oiseau où, accompagné d'Archimède, le hibou de Merlin, il échappera à un rapace avant d'échouer chez Madame Mim.

Le duel entre Merlin et Mim sera le meilleur moment du film, les métamorphoses des deux ennemis en divers animaux donnant à chaque seconde un combat mouvementé et drôle, où l'animation rend vraiment hommage à l'univers magique. Ce sera le sommet d'un film qui, jusque-là, ce sera quand même montré plutôt répétitif, les prouesses de Merlin et les leçons d'Arthur suivant un unique schéma, allant jusqu'à reprendre plusieurs fois les mêmes chansons.

Aussi, s'il reste un Disney particulier pour moi, ce Merlin l'enchanteur est loin des meilleures productions du studio, la faute à un aspect répétitif, un scénario laborieux et un humour parfois gênant (reposant principalement sur les anachronismes de Merlin et sur sa mémoire défaillante). Mais juste pour l'affrontement avec Madame Mim, qui demeure l'un de mes personnages préférés dans l'univers Disney, il mérite largement le coup d'oeil.

Note : 6,5/10