lundi 17 juin 2019
John Wick Parabellum
Titre : John Wick Parabellum (John Wick Chapter 3 - Parabellum)
Réalisateur : Chad Stahelski
Acteurs : Keanu Reeves, Halle Berry, Laurence Fishburne
Date de sortie en France : 22 mai 2019
Genre : action
Synopsis :
John Wick a transgressé une règle fondamentale : il a tué à l’intérieur même de l’Hôtel Continental. "Excommunié", tous les services liés au Continental lui sont fermés et sa tête mise à prix. John se retrouve sans soutien, traqué par tous les plus dangereux tueurs du monde.
Avis :
On ne change pas une recette qui fonctionne : pour ce troisième volet, John Wick est de nouveau confronté à des dizaines d'ennemis, qu'il va éliminer lors d'interminables et spectaculaires affrontements. Cette fois, sa tête étant mise à prix, ce sont les assassins qui vont venir à lui, et aucun lieu n'est plus sûr, d'autant que la Grande Table est bien décidée à lui faire payer son crime, et à punir ceux qui lui porteront assistance.
Gunfights qui rappellent les meilleurs John Woo, combats au corps à corps particulièrement brutaux, poursuites démentes : John Wick place la barre toujours plus haut, notamment lors de la première demi-heure ou du siège du Continental, tout en parvenant à constamment se renouveler. On voyage un peu, on explore de nouveaux lieux d'affrontements (l'écurie !), on croise de nouveaux personnages hauts en couleur (quel plaisir de revoir Mark Dacascos !), le tout avec une petite pointe d'humour qui ne sera jamais envahissante.
Le film s'applique également à enrichir son univers, en détaillant encore davantage le fonctionnement de la Grande Table et de ses rituels (l'adjudicatrice et ses différentes punitions, les changements de statut des membres, le Grand Maître), mais aussi en laissant d'autres indices sur le passé de John Wick. Mieux encore : la fin nous promet un nouvel épisode, avec la perspective d'une guerre encore plus impitoyable.
John Wick, toujours porté par un Keanu Reeves impérial, confirme donc son statut de nouvelle figure phare du film d'action, en poussant toujours plus loin, toujours plus fort, en offrant de nouvelles séquences complétement folles, de nouvelles idées furieuses, de nouveaux éléments de fond aussi convenus que jouissifs. Bref, on en redemande !
Note : 8/10
jeudi 30 mai 2019
Godzilla II - Roi des monstres
Titre : Godzilla II - Roi des monstres (Godzilla: King of monsters)
Réalisateur : Michael Dougherty
Acteurs : Kyle Chandler, Vera Farmiga, Millie Bobby Brown
Date de sortie en France : 29 mai 2019
Genre : action, catastrophe
Synopsis :
L'agence crypto-zoologique Monarch doit faire face à une vague de monstres titanesques, comme Godzilla, Mothra, Rodan et surtout le redoutable roi Ghidorah à trois têtes. Un combat sans précédent entre ces créatures considérées jusque-là comme chimériques menace d'éclater. Alors qu'elles cherchent toutes à dominer la planète, l'avenir même de l'humanité est en jeu…
Avis :
Godzilla vs King Ghidorah vs Mothra vs Rodan. On pourrait se croire à l'âge d'or du kaiju eiga, quand le plus célèbre monstre de l'archipel japonais affrontait sans faiblir d'innombrables créatures. Pourtant, nous ne sommes pas ici au Japon, mais bien devant un film américain, avec le troisième volet du MonsterVerse, la saga imaginée par Legendary Pictures autour de Godzilla (rebooté dans le bien nommé Godzilla en 2014) et King Kong (également rebooté avec Kong : Skull Island). Et en attendant le nouvel affrontement entre les deux légendes, déjà prévu pour 2020, Godzilla va se faire la main sur quelques sous-fifres.
Le principal défaut du film de Gareth Edwards était d'être bien trop sage, presque trop respectueux de ses modèles. Skull Island offrait quant à lui le plaisir presque coupable d'un film décomplexé. J'espérais sincèrement que Godzilla II - Roi des monstres (ai-je vraiment besoin de préciser que je trouve ce titre horriblement laid ?) suivrait plutôt la voie emprunté par le singe géant, un affrontement entre monstres titanesques s'accordant mal, à mes yeux, avec un film trop sérieux. Pas de bol, le film de Michael Dougherty (Trick'r treat, Krampus) va vouloir jouer la carte du "dramatique" (oui, avec des guillemets) et du "réaliste" (avec encore plus de guillemets), en nous récitant la gamme du blockbuster américain sans imagination, avec ses personnages creux, son humour de collégien ("Ghidorah, ça ressemble à gonorrhée" LOL) et son scénario brouillon.
On a ainsi la gentille petite famille américaine, déchirée par un drame lors de la dernière apparition de Godzilla : le papa est très colère, a sombré dans l'alcool et souhaite la mort de tous les monstres ; la maman est tristoune, mais a choisi de se tourner vers la recherche pour mieux comprendre les monstres ; la fille ne sait pas trop où se situer, et se contente d'errer avec la même expression pendant deux heures (pour ceux qui se poseraient la question, Millie Bobby Brown n'a pas pris de cours d'interprétation depuis Strangers things). Ajoutez à tout ça un méchant terroriste écologique qui estime que la meilleure façon d'éviter la destruction de la planète, c'est de détruire la planète, et vous êtes en terrain parfaitement connu. Aucune surprise, aucun rebondissement, de la rédemption, du sacrifice, de la bravoure, du sauvetage à l'ultime seconde : on se demande comment fait le film pour passer autant de temps avec des personnages aussi lisses, mais il le fait. Bref, au niveau des personnages, c'est un gros raté qui prend beaucoup trop de place.
Heureusement, il y a les monstres, et le film se montre particulièrement généreux à ce niveau. On retrouve donc les camarades de jeu les plus habituels de Godzilla, à savoir King Ghidorah, Mothra et Rodan. Et quelques rapides apparitions d'autres Titans, qui prouvent s'il le fallait encore que les japonais sont quand-même autrement plus créatifs que les américains quand il s'agit d'imaginer un monstre. On imagine sans peine les millions de dollars ingurgités par la production pour faire vivre ces créatures et, si on peut admirer des effets spéciaux souvent irréprochables, j'avoue rester un peu sur ma faim quant aux apparences des créatures. L'un des paradoxes du kaiju eiga est de faire quelque chose de cohérent sans vraiment chercher le réalisme à tout prix. Ici, on a le paradoxe inverse : à vouloir faire trop crédible, le film perd souvent toute vraisemblance. Alors oui, Rodan qui sort de son volcan, King Ghidorah qui sort de sa prison de glace, cela donne des images superbes... mais on n'y croit pas une seconde.
Sans doute bien conscient de ces limites, le réalisateur choisit généralement de nous placer au plus près de l'action. A côté de ces satanés personnages dont on se contrefout, en fait. Le résultat est double : on assiste ainsi à des combats souvent illisibles, mais dont la proximité renforce l'intensité et le caractère chaotique. Souvent un peu frustrant, le procédé prend enfin toute son ampleur lors du combat final, particulièrement réussi. En fait, l'élément le plus réussi des Titans est la façon avec laquelle ils ont été intégrés aux mythes et croyances classiques.
On s'étonnera aussi de l'étrange maladie des scénaristes, apparemment atteints de ce que je qualifierais d'un "Tourette de référence" : à intervalles réguliers, sans prévenir, sans réelle cohérence, on nous balance un clin d'oeil visuel, une musique, une phrase destinée à faire vibrer le fan de la saga japonaise dans une espèce de gros renvoi incongru. Un peu comme si on venait vous roter à la tronche des pâtes à la crème fraiche et aux lardons en espérant vous faire voyager en Italie. Je ne suis vraiment pas fan du Godzilla de 2014, mais Edwards, en plus de savoir filmer les affrontements entre monstres, parvenait à intégrer subtilement ses coups de coude complices.
Des personnages inintéressants et trop présents, des monstres présents mais qui nous laissent sur notre faim, un scénario sans imagination (l'Orca, quelle idée grotesque...) et une réalisation quelconque : Godzilla II - Roi des monstres est un blockbuster navrant, alors qu'il aurait pu offrir un formidable spectacle. On préférera largement revoir Pacific Rim, supérieur à tous les niveaux, ou bien sûr les meilleurs films japonais du genre.
Note : 3/10
lundi 27 mai 2019
Pokémon - Détective Pikachu
Titre : Pokémon - Détective Pikachu
Réalisateur : Rob Letterman
Acteurs : Ryan Reynolds, Justice Smith, Bill Nighy
Date de sortie en France : 8 mai 2019
Genre : aventures
Synopsis :
Après la disparition mystérieuse de Harry Goodman, un détective privé, son fils Tim va tenter de découvrir ce qui s’est passé. Le détective Pikachu, ancien partenaire de Harry, participe alors à l’enquête : un super-détective adorable à la sagacité hilarante, qui en laisse plus d’un perplexe, dont lui-même. Constatant qu’ils sont particulièrement bien assortis, Tim et Pikachu unissent leurs forces dans une aventure palpitante pour résoudre cet insondable mystère.
Avis :
J'adore les Pokémon. Même si je suis surtout resté bloqué aux deux premières générations, à la glorieuse époque de ma GameBoy, j'ai toujours été fan de ces créatures, et je figure parmi les joueurs assidus de Pokémon Go. A l'annonce d'un film live, j'étais assez septique : l'idée de voir les monstres de poche évoluer en images de synthèse m'effrayait un peu, de même que l'idée d'une histoire centrée sur cet univers qui autorise peu de fantaisies narratives. J'avoue cependant n'avoir jamais joué au jeu Détective Pikachu, et que la bande-annonce m'avait plutôt convaincu.
En fait, j'aurais presque pu m'en contenter : presque tout y figure. Bien sûr, le sel principal du film, ce sont ces dizaines de Pokémon que l'on voit à l'écran, plus ou moins réussis (Pikachu, Salamèche, Bulbizarre ou Carapuce sont superbes, alors que Mewtwo ou Ectoplasma sont de vrais ratés). De ce côté là, on sera donc plutôt satisfaits, même si l'on pourra toujours regretter de ne pas en voir certains, ou de ne voir qu'une courte apparition d'autres (Rondoudou !). Mais sur ce point, déjà, peu de surprises : la plupart étaient déjà apparus dans les diverses bandes-annonces.
Pour le reste, rien de bien formidable à se mettre sous la dent : l'histoire est cousue de fil blanc, avec peu de surprises et des personnages bien identifiables pour toucher le plus grand nombre de membres de la famille possible. L'enquête ne constitue finalement qu'un fil rouge destiné à nous montrer le plus de Pokémon possibles. Il est vrai qu'on n'attendait pas forcément le film sur ce point, mais un scénario un peu plus étoffé aurait été appréciable - malgré une nouvelle tentative pour faire de Mewtwo une créature torturée, au-delà des simples considérations manichéennes.
Le vrai attrait du film, c'est finalement Pikachu. Parfaitement animée, tour à tour trop choupinou-mimi-d'amour et drôle, la créature bénéficie en plus du double de Ryan Reynolds (Deadpool, Avengers : endgame), qui en fait un animal accroc au café, maniant l'ironie et les doubles-sens de façon souvent hilarante. Ca devait être la star du film, et de ce côté là, c'est une réussite totale. Dommage que le reste soit beaucoup trop léger.
Note : 6/10
Inscription à :
Articles (Atom)







