jeudi 3 janvier 2013

Flop 2012


12. DARK SHADOWS

Depuis 2005 (certains diront depuis encore plus longtemps), nous avons perdu Tim Burton, et Dark Shadows vient consacrer cette chute : le réalisateur s'auto-parodie dans un film où l'humour puéril et / ou gras vient ponctuer une histoire sans relief. Heureusement, Burton se rattrapera largement plus tard dans l'année...


 11. LES TUCHE

 Le genre de film qui peut facilement expliquer la mauvaise réputation de la comédie française. Surfant allégrement sur un Bienvenue chez les ch'tis, le film d'Olivier Baroux ressemble à s'y méprendre à une déclinaison de l'émission de télé-réalité "les Chtis à...", avec la même bêtise, la même vulgarité, les mêmes clichés uniquement destinés à se moquer, jusqu'à en devenir abject.


10. PIEGEE

   Après Contagion, Steven Soderbergh récidive dans le domaine du film qui brille plus par son casting impressionnant que pour ses qualités intrinsèques. Fassbender, McGregor, Paxton, Tatum, Banderas et Douglas entourent donc la monolithique Gina Carano, plus à l'aise en MMA que devant une caméra. Résultat : un film sans aucun intérêt, alignant les poncifs du genre (tiens, une trahison !), dont même les scènes d'action n'arrivent pas à sortir le spectateur de l'ennui.

9. BATTLESHIP

 Comme Piégée, Battleship mise absolument tout sur son pognon, en plaçant quelques noms connus au milieu de ses effets spéciaux omniprésents. Ainsi, Liam Neeson, Taylor Kitsch et Rihanna évoluent tristement dans cette adaptation...du jeu de société Battleship (la bataille navale). Une invasion extraterrestre rappelant Pearl Harbor, en bien moins intense, mais tout aussi idiot...

 8.THE THEATRE BIZARRE


Précédé d'une réputation flatteuse, ce film à sketches est finalement une énorme déception. A l'exception du segment The Accident, rien de bien passionnant à se mettre sous la dent, les réalisateurs manquant cruellement d'imagination, jusqu'à se contenter de scènes chocs pour tenter de marquer le spectateur (Karim Hussain semble d'ailleurs faire carrière sur cet unique idée). Inutilement racoleur donc, l'horreur et la nudité ne servant que de prétexte destiné à faire oublier l'absence de scénario de chaque segment...

7. PARANORMAL ACTIVITY 4

 Parmi les valeurs sûres, la saga Paranormal Activity commençait à m'inquiéter : après un premier épisode tout simplement nul, le deuxième puis le troisième volet montraient une vraie amélioration. Heureusement, ce dernier volet en date replonge dans la nullité du premier volet : il ne se passe rien avant les 3 dernières minutes, à l'exception de la présence d'une entité bien gentille, se contentant de jouer avec les enfants et de cacher quelques objets...

 6. RESIDENT EVIL RETRIBUTION

 Autre saga sur laquelle on peut compter à l'heure de faire la liste annuelle des plus mauvais films : Resident Evil. Persistant sur le chemin de la ringardise, entre ralentis grotesques, bullet time suranné et même effets rayons X, Paul W.S. Anderson oublie une nouvelle fois toute notion de scénario, reprenant pour l'occasion le fil conducteur d'un des livres inspirés de la saga vidéoludique. Grotesque et prétentieux.


5. SUPERSTAR

 Une idée de base réjouissante, mais qui retombe très vite à plat. Le film se contente alors de ressasser les éternelles réserves sur les dérives de la télé-réalité et de la course à la célébrité, et le personnage interprété par Kad Merad, gentil inconnu incapable de réagir ou de se rebeller, devient rapidement irritant.



4. LE GRAND SOIR
 Pas grand chose à dire à propos de ce film, qui n'a lui-même pas grand chose à raconter.On part de nulle part, on brasse de l'air pendant une heure, et on ne débouche nulle part.







3. DEVIL INSIDE

 Dans le genre opportuniste, Devil Inside fait fort : les histoires inspirées de faits rééls, le found footage et la possession sont à la mode ? Autant combiner les trois ! Le tout étant fait avec une absence totale d'imagination et de talent, repoussant les limites de la nullité, ce film a longtemps fait figure de favori au titre de pire film de l'année...

2. CHRONIQUES DE TCHERNOBYL

 Il aura donc fallu 26 ans avant que la catastrophe de Tchernobyl ne nous livre ses retombées les plus négatives, par le biais de cet horrible navet. Dommage que, contrairement au nuage radioactif à l’époque, ce film ne se soit pas arrêté à nos frontières...Et pourtant, on n'avait pas encore vu le pire...


1. THE IMPOSSIBLE

Horriblement artificiel, The Impossible rappelle qu'il ne suffit pas de faire un film sur un événement marquant pour faire naître l'émotion. En tentant vainement de nous extirper une larme, à grand renfort de surjeu (Watts et McGregor n'ont jamais aussi mal joué...), de musique mielleuse et de ficelles scénaristiques grotesques, The Impossible se révèle énervant et, pire que tout, réussit à donner du tsunami l'image d'un petit désastre pas trop grave, puisque de toute façon tout le monde est gentil, tout le monde est disposé à aider son prochain, même quand cela réduit ses propres chances de retrouver un proches. Le tout jusqu'à un Happy end tout bonnement imbuvable.




vendredi 21 décembre 2012

Le Hobbit : un voyage inattendu


Titre : Le Hobbit : un voyage inattendu (The Hobbit : an unexpected journey)
Réalisateur : Peter Jackson
Acteurs : Martin Freeman, Ian McKellen, Richard Armitage
Date de sortie en France : 12 décembre 2012
Genre : fantasy

Synopsis : 
Dans Un voyage inattendu, Bilbon Sacquet cherche à reprendre le Royaume perdu des Nains d'Erebor, conquis par le redoutable dragon Smaug. Alors qu'il croise par hasard la route du magicien Gandalf le Gris, Bilbon rejoint une bande de 13 nains dont le chef n'est autre que le légendaire guerrier Thorin Écu-de-Chêne. Leur périple les conduit au cœur du Pays Sauvage, où ils devront affronter des Gobelins, des Orques, des Ouargues meurtriers, des Araignées géantes, des Métamorphes et des Sorciers…

Avis :
Le voilà donc enfin ! Une décennie plus tard, Peter Jackson retourne en Terre du Milieu pour retrouver, après King Kong (2005) et Lovely Bones, et peut-être avant de réaliser son Tintin, l’univers qui l’a mondialement consacré pour une nouvelle trilogie. Après une préproduction cauchemardesque marquée notamment par des problèmes de droits autour de l’oeuvre de Tolkien, puis les problèmes financiers de la Metro-Goldwyn-Mayer et enfin le départ de Guillermo del Toro, qui devait réaliser le film, Peter Jackson reprend les commandes du film. Il est alors confronté à un nouveau problème : l’adaptation même du roman. Bilbo le Hobbit suit un rythme soutenu, sans véritablement se soucier de ses personnages, et selon une structure bien différente d’un film. Ainsi, comme il l’avait fait pour la première trilogie, Jackson va devoir repenser certains éléments de l’histoire, en développer d’autres, et va ainsi utiliser les appendices du Seigneur des anneaux afin de relier au mieux les deux trilogies tout en étoffant l’histoire de Bilbon, tel qu’aurait pu le souhaiter Tolkien.

Conséquence directe : alors que deux films étaient initialement prévus, le Hobbit devient une trilogie. Horreur ! Telle une horde d’orques déchaînés, la communauté des fans hurle, grogne des remarques inaudibles, est à deux doigts de jeter au feu son messie, Celui qui a transposé à l’écran les aventures de Frodon avec tant de génie. Pensez-vous : comment un livre comme Bilbo le Hobbit peut-il faire l’objet d’une adaptation aussi longue que celle du Seigneur des Anneaux. Peter Jackson est-il donc devenu à ce point obsédé par l’argent ? Déjà qu’il ne fait plus de films gores, si en plus il allonge démesurément ses adaptations juste pour faire comme les Harry Potter, Twilight ou Hunger Games, qu’allons-nous devenir ? Si une des explications a déjà été donnée plus haut (le Hobbit n’est pas l’adaptation du seul Bilbo le hobbit), on peut également noter que les montages de Jackson pour deux films dépassaient largement les trois heures. C’est cet aspect qui a convaincu la Warner d’en faire une trilogie, ce qui était apparemment l’idée du réalisateur depuis le début. Enfin, on se demandera si la durée d’une adaptation est directement liée au nombre de pages, pour rapidement s’apercevoir que non...Après tout, Peter Jackson a déjà largement montré dans La Communauté de l’Anneau, Les Deux Tours et Le Retour du Roi à quel point il pouvait étirer ou réduire des passages des livres.

L’histoire du Hobbit se déroule donc 60 ans avant celle du Seigneur des anneaux, et suit les premières aventures de Bilbon Sacquet. La première chose qui frappe, c’est que l’on ne met vraiment pas longtemps à replonger dans l’univers mis en images par le réalisateur néo-zélandais. On retrouve ainsi les mêmes paysages, les mêmes thèmes musicaux, la même façon de filmer...et quelques visages familiers. Elijah Wood (actuellement à l’affiche du remake de Maniac) reprend quelques minutes le rôle de Frodon, Ian Holm (Alien, le huitième passager) prête de nouveau ses traits à la version âgée de Bilbon, et Gandalf est toujours interprété par Ian McKellen (X-Men). Tout au long du film, nous croiserons ainsi quelques personnages bien connus de la Terre du Milieu, tels qu’Elrond (Hugo Matrix Weaving), Galadriel (Cate L’Etrange histoire de Benjamin Button Blanchett), Saroumane (Christopher "sa filmographie est trop conséquente pour ne citer qu’un film" Lee) ou bien sûr Gollum, toujours interprété par le formidable Andy Serkis. Bilbon est quant à lui joué par Martin Freeman (Le Guide du voyageur galactique, Shaun of the dead), dont la ressemblance avec Billy Boyd (Pippin dans la trilogie) renforce étrangement l’ascendance Touque du personnage.


A côté de ces visages connus, nous suivrons principalement une compagnie de nains, parmi lesquels Richard Armitage (Captain America : First Avenger) dans le rôle de Thorin ou Ken Stott (Petits meurtres entre amis) dans celui de Balin. La présence de ces personnages au centre du récit ne sera pas anodine : à l’image de Gimli dans la trilogie, ils serviront à de nombreuses reprises de ressort comique...et c’est là que l’on trouvera le premier défaut du film, même si l’on pouvait s’y attendre. En effet, ce Voyage inattendu est beaucoup plus léger et se veut beaucoup plus drôle que Le Seigneur des anneaux. Seulement, cet humour, principalement constitué de blagues à base de rots et de nains ou de trolls qui braillent joyeusement n’importe quoi, finit par lasser. J’avoue de toute façon n’avoir jamais accroché à l’humour de Peter Jackson, que j’ai toujours trouvé un peu puéril. Oui, même dans Braindead. Heureusement, la seconde partie du film oubliera largement cet aspect...mais souffrira largement de la comparaison avec les trois premiers films.

Car si l’on replonge vite dans cet univers, on en connait désormais les codes, et l’on devine très vite le dénouement de la plupart des scènes. Et si la démesure de Peter Jackson fonctionne toujours admirablement lors des scènes de bataille, on est rapidement rattrapé par un sentiment de déjà-vu. Le réalisateur ne cherche à aucun moment à se renouveler, et tout est finalement un peu moins bien qu’il y a 10 ans. Les passages épiques le sont un peu moins, la magie, l’ampleur, l’émotion présentes dès La Communauté de l’anneau se sont atténuées. Le film reste souvent spectaculaire, et réserve quelques moments forts comme la bataille entre les géants de pierre ou l’attaque de Smaug, mais on n’atteint à aucun moment la puissance d’un passage dans la Moria, l’émotion de Amon Hen. Même les effets spéciaux ne semblent pas avoir progressé en une décennie : ayant revu la trilogie récemment, je trouve que beaucoup d’effets numériques ont commencé à vieillir, notamment avec certaines incrustations très moyennes et des personnages soudainement lisses ou flous. Cette impression se retrouve déjà dans Le Hobbit dans certains passages, tels que la bataille souterraine. En revanche, certains éléments semblent avoir fait l’objet d’un soin tout particulier, et particulièrement Gollum, absolument magnifique, ou les géants de pierre mentionnés plus haut. Les nouveaux personnages malfaisants bénéficient également d’un sacré charisme, comme Azog ou le roi des gobelins.

S’il reste évidemment largement supérieur à la grande majorité des films du genre, Le Hobbit : un voyage inattendu bénéficie et souffre en même temps de la comparaison avec Le Seigneur des Anneaux. Parfaitement cohérent, tant au niveau du visuel que du scénario, avec la trilogie, le film n’en retrouve néanmoins jamais l’intensité et le souffle, plombé par de multiples petits défauts. Pourtant, certaines pistes entamées lors de ce premier volet (le Nécromancien, le réveil de Smaug) laissent espèrer que le prochain volet, Le Hobbit : la désolation de Smaug, continuera sur la lancée de la seconde moitié de ce "Voyage inattendu", plus épique et plus sombre.

Note : 7/10

mercredi 12 décembre 2012

Ernest et Célestine


Titre : Ernest et Célestine
Réalisateur : Benjamin Renner, Vincent Patar, Stéphane Aubie
Acteurs : Lambert Wilson, Pauline Brunner
Date de sortie en France : 12 décembre 2012
Genre : animation, conte

Synopsis : 
Dans le monde conventionnel des ours, il est mal vu de se lier d’amitié avec une souris. Et pourtant, Ernest, gros ours marginal, clown et musicien, va accueillir chez lui la petite Célestine, une orpheline qui a fui le monde souterrain des rongeurs. Ces deux solitaires vont se soutenir et se réconforter, et bousculer ainsi l’ordre établi.   

Avis : 
Adapté de la série de livres pour la jeunesse du même nom de Gabrielle Vincent, Ernest et Célestine est un film d'animation mettant en image l'amitié entre une souris et un ours dans un monde où les deux espèces sont ennemies : pour les ours, les souris sont des nuisibles et des voleuses ; pour les souris, les ours sont des monstres sanguinaires dont l'unique but est de les dévorer. Les deux mondes sont ainsi strictement séparé, les souris ne s'aventurant chez les ours que pour récupérer les dents de lait laissées par les oursons.


Ernest et Célestine sont deux éléments à part dans leur communauté : marginal, mendiant et voleur, Ernest est régulièrement arrêté par la police, tandis que Célestine est fascinée par les ours, et remet en cause leur supposée cruauté. Un postulat de base assez simple, la rencontre entre deux individus que tout oppose restant assez classique, mais qui va donner lieu à un film d'animation très réussi et dépassant le simple statut de conte pour enfant.

Le film va en effet se montrer tour à tour drôle, poétique et malicieux, jouant sur l'incongruité de la présence de l'un ou l'autre personnage principal dans le monde opposé, mais va aussi se montrer assez intelligent dans sa description de cette société divisée par le racisme, allant jusqu'à rejeter et poursuivre quiconque ose se mêler avec l'ennemi. Les forces de police mettent tout en oeuvre pour attraper le duo, avant de leur imposer un jugement où la pression populaire aura raison des rares prises de conscience.

Et si tout se terminera - évidemment - de la meilleure façon, Ernest et Célestine reste un excellent film d'animation, au style graphique superbe et fourmillant de bonnes idées. Moins enfantin qu'il n'y paraît, voilà une vraie réussite, dont l'aspect malicieux et la beauté laissent un grand sourire sur le visage.

Note : 8,5/10