mardi 25 septembre 2012

L'Etrange pouvoir de Norman


Titre : L'Etrange pouvoir de Norman (ParaNorman)
Réalisateur : Sam Fell, Chris Butler
Acteurs : Kodi Smit-McPhee, Tucker Albrizzi, Anna Kendrick
Date de sortie en France : 22 août 2012
Genre : animation, comédie, fantastique

Synopsis :
Blithe Hollow, petite ville de Nouvelle-Angleterre, est attaquée par des zombies et la malédiction de la sorcière. Seul un garçon incompris, Norman Babcock, a la possibilité de parler avec les morts et est capable d'empêcher la destruction de la ville par le fantôme d'une sorcière pendue plusieurs siècles auparavant.

Avis :
Cet été, outre les bon gros blockbusters habituels, les salles obscures ont vu débarquer de nombreux films d’animation : les suites des saga Madagascar, Sammy ou L’Âge de glace bien sûr, le Rebelle de chez Pixar ou encore l’excellent Les Enfants loups, Ame & Yuki. Mais l’un d’eux a particulièrement éveillé l’intérêt des fans de cinéma d’horreur en mettant en scène des fantômes et des zombies : ParaNorman. L’Etrange pouvoir de Norman, tel qu’il a malheureusement été renommé chez nous, nous raconte en effet les aventures d’un jeune garçon ayant le même pouvoir qu’Haley Joel Osment dans Sixième sens : il peut voir les morts et leur parler.

Réalisé par Sam Fell (Souris City, La Légende de Despereaux) et Chris Butler (qui a notamment travaillé sur Les Noces funèbres et Coraline), le film marque d’abord par son amour pour le cinéma de genre, alignant dès son introduction des clins d’oeil aux films de George Romero ou à Le Retour des morts-vivants («braiiiiiin» !), et renvoyant régulièrement à d’autres classiques tels qu’Halloween, la nuit des masques ou Vendredi 13. Le jeune Norman est d’ailleurs fan de morts-vivants, ce que prouve largement sa chambre, tapissée de posters aux titres évocateurs et remplie de gadgets étonnants à la gloire de ces créatures. Un don et une passion tournés en dérision par ses camarades d’école et par sa famille, faisant de Norman un être solitaire et régulièrement persécuté.

Ainsi, L’Etrange pouvoir de Norman va se révéler bien plus mature qu’il n’y semblait à première vue, en abordant notamment les thèmes certes classiques du deuil ou de la différence, évitant au maximum (mais pas toujours avec succès) les situations convenues et s’amusant du côté caricatural de ses personnages (les freaks confrontés aux sportifs / bimbos / terreurs sans cervelle) tout en réservant une jolie profondeur au personnage de la sorcière et de ses victimes, aux destins particulièrement sombres.


Evidemment, le film réserve une large place aux situations comiques, parfois assez enfantines, mais ne se prive pas pour installer par moments une atmosphère macabre que n’aurait sans doute pas renié le Tim Burton de la première heure. On peut d’ailleurs s’étonner de cet aspect pour un film qui vise autant les adultes que les enfants, ces derniers pouvant sans doute être impressionnés par certains passages tels que l’apparition des zombies ou le formidable final au visuel renversant. Car l’un des aspects les plus réjouissants du film se situe dans le soin apporté à l’animation, mariant à merveille le stop-motion au numérique.

On notera également le soin apporté à la musique par Jon Brion et le casting vocal impressionnant de la version originale, le film bénéficiant notamment des voix de Kodi Smit-McPhee (La Route), Christopher Mintz-Plasse (Kick-Ass), Jodell Ferland (Silent Hill, The Secret) ou encore John Goodman.

L’Etrange pouvoir de Norman constitue donc un excellent divertissement qui comblera enfants (pas trop jeunes, quand même) et adultes, mêlant parfaitement la comédie d’aventures au gentil conte horrifique. Véritable hommage aux films de zombies, le film bénéficie surtout d’un visuel splendide et d’un scénario intelligent qui en font clairement l’une des oeuvres les plus réjouissantes que j’aie pu découvrir cette année sur grand écran.

Note : 7,5/10

dimanche 22 juillet 2012

The Amazing Spider-man


Titre : The Amazing Spider-Man
Réalisateur : Marc Webb
Acteurs : Andrew Garfield, Emma Stone, Rhys Ifans
Date de sortie en France : 4 juillet 2012
Genre : super-héros, action

Synopsis :
Abandonné par ses parents lorsqu’il était enfant, Peter Parker a été élevé par son oncle Ben et sa tante May. Il est aujourd’hui au lycée, mais il a du mal à s’intégrer. En retrouvant une mystérieuse mallette ayant appartenu à son père, Peter entame une quête pour élucider la disparition de ses parents, ce qui le conduit rapidement à Oscorp et au laboratoire du docteur Curt Connors, l’ancien associé de son père. Spider-Man va bientôt se retrouver face au Lézard, l’alter ego de Connors. En décidant d’utiliser ses pouvoirs, il va choisir son destin…

Synopsis :
Je pourrais revenir longuement sur la génèse du projet et sur l’intérêt de proposer, après la trilogie Spiderman de Sam Raimi réalisée lors des dix dernières années, un reboot de la saga. Et je l’aurais sans doute fait si cette nouvelle version de l’homme-araignée, réalisée par le bien nommé Marc Webb, ne m’avait pas autant satisfait. Evidemment, le film n’échappe pas à la comparaison avec ses jeunes aînés, mais va réussir à s’en affranchir suffisamment et à proposer une nouvelle version bien distincte de la version du réalisateur des Evil Dead.

Car le principal risque, en revenant une nouvelle fois sur les origines du super-héros, est l’impression de déjà-vu. Et ça ne manque pas : pendant la première partie du film, on pense régulièrement à celle de la version de 2001 : les humiliations à l’école, la mort de l’oncle Ben, la découverte des pouvoirs...Pourtant, le film de Webb va parvenir à s’écarter de son modèle grâce à des choix scénaristiques différents. Le plus marquant est l’abandon du personnage de Mary Jane Watson (interprétée par Kirsten Melancholia Dunst dans la trilogie de Raimi) au profit de celui de Gwen Stacy, jouée par la jolie Emma Stone, déjà vue dans Bienvenue à Zombieland.

On abandonne également les personnages de Harry et Norman Osborne (dont l’ombre plane néanmoins sur le film, qui se déroule en grande partie autour de la société Oscorp) et de J. Jonah Jameson, dont l’interprétation donnée par J.K. Simmons aurait de toute manière été difficile à faire oublier. En revanche, on obtient enfin des informations sur les parents de Peter Parker, qui affronte dans cet épisode un nouvel adversaire, le docteur Curtis Connors, alias le Lézard.


Après une première partie consacrée à la présentation de Peter Parker, puis à la découverte de ses pouvoirs, dans des passages non dénués d’humour, l’apparition de cet ennemi va donner au film une atmosphère plus sombre, ponctuée de scènes particulièrement spectaculaires, tel cet affrontement dans l’école ou ce final très réussi. Des passages bénéficiant par ailleurs d’effets spéciaux impeccables, bien plus réussis que dans la trilogie de Raimi. Si dans cette dernière les envolées du Tisseur souffraient d’un aspect artificiel, ce n’est plus du tout le cas ici, ce qui permet à Marc Webb de nous offrir des passages vraiment réjouissants, nous glissant par exemple dans la peau de Spiderman lors de ses envolées.

Enfin, au niveau de l’interprétation, Andrew Garfield (L’Imaginarium du docteur Parnassus, The Social Network) parvient sans peine à faire oublier Tobey Maguire en campant un Peter Parker plus crédible, moins impopulaire et surtout plus cynique et plus responsable. Bref, un adolescent classique, ni moins ni plus introverti que les autres. De même, Emma Stone est une alternative plus que convaincante à Kirsten Dunst, dans un rôle il est vrai bien plus étoffé.

Malgré un score musical un peu paresseux et une certaine impression de déjà-vu pendant sa première partie, The Amazing Spiderman est la meilleure réponse que pouvait offrir Marc Webb aux détracteurs de ce reboot. Spectaculaire, bénéficiant d’effets spéciaux impressionnants et d’un excellent casting, ce nouveau-premier épisode des aventures de Peter Parker s’impose sans peine comme l’un des meilleurs films de super-héros de ces dernières années. Dommage quand même qu’une aussi belle relecture concerne un super-héros ayant déjà fait l’objet d’une adaptation réussie, quand d’autres ont été véritablement violés par une transposition honteuse à l’écran, n’est-ce-pas monsieur Daredevil ?

Note : 7/10

mardi 10 avril 2012

Hunger Games


Titre : Hunger Games (The Hunger Games)
Réalisateur : Gary Ross
Acteurs : Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth
Date de sortie en France : 21 mai 2012
Genre : fantastique, action

Synopsis : 
Chaque année, dans les ruines de ce qui était autrefois l'Amérique du Nord, le Capitole, l'impitoyable capitale de la nation de Panem, oblige chacun de ses douze districts à envoyer un garçon et une fille - les "Tributs" - concourir aux Hunger Games. A la fois sanction contre la population pour s'être rebellée et stratégie d'intimidation de la part du gouvernement, les Hunger Games sont un événement télévisé national au cours duquel les tributs doivent s'affronter jusqu'à la mort. L'unique survivant est déclaré vainqueur.
La jeune Katniss, 16 ans, se porte volontaire pour prendre la place de sa jeune sœur dans la compétition. Elle se retrouve face à des adversaires surentraînés qui se sont préparés toute leur vie. Elle a pour seuls atouts son instinct et un mentor, Haymitch Abernathy, qui gagna les Hunger Games il y a des années mais n'est plus désormais qu'une épave alcoolique. Pour espérer pouvoir revenir un jour chez elle, Katniss va devoir, une fois dans l'arène, faire des choix impossibles entre la survie et son humanité, entre la vie et l'amour...

Avis :
«The Hunger Games» est une trilogie littéraire signée Suzanne Collins et dont le premier tome est paru en 2008. Très grand succès public, la saga est naturellement récupérée par le cinéma qui pour bien en profiter va, comme pour Harry Potter ou Twilight, adapter l’histoire en un film de plus qu’il n’y a de livres. Une future tétralogie donc, ce qui devrait permettre à tout le monde de s’en foutre plein les poches. Ce premier volet raconte donc l’histoire de Katniss, qui n’a vraiment pas de chance : en plus d’avoir un prénom horrible, elle est contrainte de participer aux Hunger Games, un événement qui consiste à sélectionner des adolescents au hasard et à les faire s’entretuer. Si je vous dis que Suzanne Collins a été vivement critiquée, notamment au Japon, pour avoir pompé Battle Royale, ça vous étonne ? On pourrait également noter de nombreuses autres similitudes, avec Marche ou crève de Stephen King par exemple, mais je n’aurais sans doute pas assez de place...

Les Hunger Games ont pour but principal de punir les districts pour une rebellion passée, et surtout de les empècher de recommencer. Car, évidemment, le meilleur moyen pour enlever toute idée de révolte à une population est de sacrifier ses enfants dans un show télévisé...24 jeunes personnes que l’on va scruter attentivement, pour évaluer leurs forces et faiblesses, les entraîner à l’art de la survie et du combat, et surtout les présenter à des sponsors qui pourront choisir de les avantager pendant l’épreuve. Pendant une grosse heure, on va donc suivre ces préparatifs, qui dégagent un certain cynisme plutôt réjouissant, même si on attend surtout que tout ce beau monde se foute enfin sur la gueule. Hélas, quand ça arrive, on remarque rapidement que la seconde partie va éviter au maximum toute violence à l’écran et, pire, va peu à peu sombrer dans un côté fleur bleue que ne renierait pas la saga Twilight...


Violence édulcorée, personnage stéréotypés (les gentils sont très gentils, les méchants sont très méchants, voire très très méchants !), romance niaise, rebondissements idiots...La partie «survival» du film cumule presque toutes les tares. Le personnage, pourtant intéressant au début du film, de Katniss, devient insipide à un rythme que ne semble concurrencer que sa faculté à éviter tout danger : la jeune fille peut tranquillement foutre le bordel à côté d’une ruche pleine de guêpes mortelles, évite les projectiles de façon surnaturelle et semble capable de rendre ses ennemis surentraînés soudainement incapables de viser correctement. Quelle chance ! Jennifer Winter’s Bone Lawrence, également vue dans X-Men : le commencement ou House at the end of the street, méritait quand même mieux que ça...

On notera par ailleurs la richesse du casting en ce qui concerne les personnages secondaires : on y retrouve ainsi Woody Harrelson (Tueurs nés, Bienvenue à Zombieland), Stanley Tucci (Lovely Bones), Donald Sutherland (impossible de ne citer qu’un ou deux films), Isabelle Fuhrman (Esther), Elizabeth Banks ou encore Lenny Kravitz, qui apparaissent principalement dans la première moitié du film et ajoutent au cynisme ambiant grâce à des personnages hauts en couleurs. On regrettera donc d’autant plus que cet aspect faussement sucré ne soit pas contrebalancé par une seconde partie plus froide, plus violente...

Ajoutez donc une grosse pincée de Twilight dans votre Battle Royale, faites-en un show télévisé, et vous obtenez votre Hunger Games. Un film qui met 1h30 à préparer le terrain pour une seconde partie d’une nullité assez incroyable, et qui n’est surtout que le premier volet d’une saga qui s’annonce bien mal...

Note : 5,5/10