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lundi 18 janvier 2016

Le Garçon et la Bête


Titre : Le Garçon et la Bête (Bakemono no ko)
Réalisateur : Mamoru Hosoda
Acteurs : Koji Yakushon Aoi Miyazakin Shota Sometani
Date de sortie en France : 13 janvier 2016
Genre : animation, aventures

Synopsis :
Shibuya, le monde des humains, et Jutengai, le monde des Bêtes... C'est l'histoire d'un garçon solitaire et d'une Bête seule, qui vivent chacun dans deux mondes séparés. Un jour, le garçon se perd dans le monde des Bêtes où il devient le disciple de la Bête Kumatetsu qui lui donne le nom de Kyuta. Cette rencontre fortuite est le début d'une aventure qui dépasse l'imaginaire...

Avis :
Après les excellents Summer Wars, La Traversée du temps et Les Enfants loups, Mamoru Hosoda s'est imposé comme l'un des principaux visages de l'animation japonaise, à l'heure où Hayao Miyazaki semble cette fois avoir définitivement tiré sa révérence, et où le studio Ghibli a annoncé faire une pause. Avec Le Garçon et la bête, Hosoda reprend des thèmes classiques du shônen, avec ce garçon orphelin et sa relation avec un maître tout aussi solitaire.


 Les relations entre le maître et l'élève seront ainsi d'abord marquées par de nombreux différends, de nombreuses disputes, le premier en attendant toujours plus de son disciple qui lui reproche son manque de patience et de démagogie. Pourtant, peu à peu, l'alchimie va s'opérer, chacun apprenant de l'autre jusqu'à développer une relation proche de celle d'un père et de son fils...  mais ce ne sera pas aussi simple. Car Kumatetsu et Ren/Kyuta ont tous les deux leurs problèmes dans leurs mondes respectifs, les obligeant parfois à abandonner leur binôme et à de nouveau s'affronter.

La volonté de Hosoda d'éviter les facilités dans l'évolution des rapports entre le garçon et la bête apporte à ses personnages une vraie richesse, et les rend crédibles et attachants : si l'humour est au centre de nombreux passages, notamment dans la première partie du film, l'émotion naît rapidement et facilement – peut-être moins dans le dernier chapitre, qui semble un peu tomber du ciel. On reprochera également au film une animation parfois inégale.

Cela n'empêche pas Le Garçon et la Bête d'être une nouvelle réussite pour Mamoru Hosoda, grâce notamment à deux personnages centraux très convaincants et attachants, et une histoire extrêmement prenante. De quoi renforcer l'idée que le réalisateur est le nouveau roi du cinéma d'animation nippon.


Note : 8,5/10


jeudi 16 mai 2013

La Traversée du temps


Titre : La Traversée du temps (Toki wo kakeru shōjo)
Réalisateur : Mamoru Hosoda
Acteurs : Riisa Naka, Takuya Ishida, Mitsutaka Itakura
Date de sortie en France : 4 juillet 2007
Genre : animation, fantastique

Synopsis : 
Makoto est une jeune lycéenne comme les autres, un peu garçon manqué, pas trop intéressée par l'école et absolument pas concernée par le temps qui passe ! Jusqu'au jour où elle reçoit un don particulier : celui de pouvoir traverser le temps. Améliorer ses notes, aider des idylles naissantes, manger à répétition ses plats préférés, tout devient alors possible pour Makoto. Mais influer sur le cours des choses est un don parfois bien dangereux, surtout lorsqu'il faut apprendre à vivre sans !  

Avis : 
 Avant Summer Wars et Ame & Yuki : les enfants loups, Mamoru Hosoda avait principalement travaillé comme animateur pour le studio Toei Animation, travaillant notamment sur les séries Sailor Moon et Dragon Ball Z, puis réalisant ses premiers longs métrages avec les adaptations au cinéma de Digimon et de One Piece. Quittant la Toei, après avoir notamment été approché par le studio Ghibli pour réaliser Le Château ambulant (ce qui n'aboutira malheureusement pas), Hosoda rejoint ensuite le studio Madhouse, où il réalisera un film plus mature que ce qu'il proposait jusqu'alors : La Traversée du temps.


Adaptation d'une nouvelle, extrêmement populaire au Japon, écrite par Yasutaka Tsutsui (également auteur de Paprika), le film est basé sur la capacité de Makoto, une jeune lycéenne, à voyager dans le temps. Et si le voyage temporel rappelle, forcément, la trilogie Retour vers le futur ou L'Effet papillon, le film de Mamoru Hosoda va s'en distinguer par une fraicheur et une intelligence remarquables, la légèreté des premières minutes, où la jeune fille utilise son pouvoir avec insouciance, pour dormir plus longtemps ou éviter un repas désagréable, étant peu à peu contrebalancée par les conséquences négatives du moindre saut dans le temps.

Des conséquences qui seront même dramatiques quand, en essayant d'organiser la vie amoureuse d'un de ses amis, elle causera involontairement son décès, dans une scène assez bouleversante. L'ambiance du film devient dès lors plus mélancolique et plus grave, notamment avec les révélations sur l'un des personnages principaux et le thème de la séparation ou de la perte d'un être cher, mais aussi plus largement celle de l'importance des choix que l'on fait et des conséquences de nos actes.

La Traversée du temps est donc une jolie réussite, qui permit à Mamoru Hosoda d'abandonner les films d'animation enfantins pour se consacrer à un univers plus mature, dans la lignée d'Hayao Miyazaki et des oeuvres du studio Ghibli. Il signe ici une jolie fable, jonglant avec des ambiances différentes et remarquable d'intelligence et de fraicheur. Il fera encore mieux avec ses oeuvres suivantes.

Note : 8/10






mardi 5 février 2013

Summer Wars


Titre : Summer Wars (Samā Wōzu)
Réalisateur : Mamoru Hosoda
Acteurs : Ryunosuke Kamiki, Patrick Mölleken, Nanami Sakurab
Date de sortie en France : 9 juin 2010
Genre : animation 

Synopsis : 
En 2010, Kenji Koiso est un jeune lycéen passionné par les mathématiques. Il travaille l'été au service informatique d'OZ, un réseau social en ligne qui est une gigantesque communauté virtuelle mondiale dans laquelle entreprises et administrations y possèdent des façades interactives. C'est alors que Natsuki lui demande de l'accompagner à Nagano pour la dépanner. Il se retrouve alors en pleine préparation de la fête d'anniversaire de la chef du clan Jinnouchi alors que Natsuki lui demande de jouer un rôle très embarrassant auprès de sa famille. Pendant ce temps, une intelligence artificielle pirate le système de sécurité d'OZ et attaque les utilisateurs.

Avis : 
Après avoir signé des adaptations des mangas Digimon et One Piece, Mamoru Hosoda s'est révélé en 2006 avec La Traversée du temps. Cette nouvelle figure majeure de l'animation japonaise a ensuite confirmé avec les excellents Summer Wars, dont je parlerai ici, et Les Enfants loups : Ame & Yuki, un des meilleurs films de 2012. 

Dans Summer Wars, il reprend la thématique, classique dans le cinéma japonais, de la confrontation entre tradition et modernité. L'histoire prend ainsi place dans l'immense domaine du clan Jinnouchi, au milieu d'une famille nombreuse réunie autour de sa matriarche, tandis que l'intrigue suit l'évolution d'un réseau social planétaire donnant accès à des possibilités infinies. Ces deux aspects se traduisent principalement par des univers graphiques radicalement opposés, la sobriété de la demeure familiale et de ses occupants tranchant avec l'explosion de formes et de couleurs du monde d'OZ. Deux univers qui finiront par se rencontrer quand une intelligence artificielle utilisera le réseau social pour bouleverser le monde réel.


Car Hosoda en profite pour cibler les dérives possibles de cette omniprésence du monde virtuel, qui va jusqu'à déborder sur le monde réel : tout se gère ainsi à partir de OZ, de la circulation aux communications, ce qui donnera à l'IA la possibilité de détruire le monde, rien que ça ! La critique est certes assez classique, et sert principalement de base aux débordements visuels dans le monde virtuel, le réalisateur nous offrant des scènes très spectaculaires et des combats dantesques mettant en scènes des milliers d'avatars !

Hosoda remplit également son film de touches d'humour et d'émotion, lorsque Kenji rencontre la famille de Natsuki et doit faire face aux questions les plus indiscrètes, ou quand l'arrière-grand-mère de cette dernière décède. Le réalisateur ajoute même de nombreux éléments visuels hérités du manga papier, comme ces personnages changeant de couleur selon leurs émotions, ou leurs yeux exagérément expressifs.

Summer Wars était donc le film de la confirmation pour Mamoru Hosoda après La Traversée des temps. Véritable claque visuelle, intense et rythmé, dont le scénario oscille à merveille entre le film de science-fiction catastrophe et la chronique familiale, ce cinquième film du réalisateur japonais est un merveilleux divertissement !

Note : 8,5/10