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mardi 13 novembre 2018

Halloween (2018)


Titre : Halloween
Réalisateur : David Gordon Green
Acteurs : Jamie Lee Curtis, Judy Greer, Andi Matichak
Date de sortie en France : 24 octobre 2018
Genre : épouvante

Synopsis : 
Laurie Strode est de retour pour un affrontement final avec Michael Myers, le personnage masqué qui la hante depuis qu’elle a échappé de justesse à sa folie meurtrière le soir d’Halloween 40 ans plus tôt.

Avis :
9 films, plus un remake et sa suite. Moins prolifique que la saga Vendredi 13, la saga Halloween reste une valeur sûre. D'autant que, contrairement à son compère Jason Voorhees, autour duquel il est compliqué de broder un personnage, Michael Myers offre davantage de possibilités de développement, comme a tenté de la démontrer Rob Zombie. Pour le quarantième anniversaire de La Nuit des masques, la série initiée par John Carpenter par revenir aux sources : à l'image d'un Texas Chainsaw, ou même du remake de Vendredi 13 et de certains Godzilla, Halloween version 2018 est la suite directe du premier film. Exits donc les histoires de nièces, de sectes, de télé-réalité, et même de relation fraternelle entre Laurie Strode et Michael Myers : le Croquemitaine est enfermé depuis 40 ans et sa vague de meurtres de l'époque. Il ne va évidemment pas rester en cage bien longtemps.



Ce parti pris va avoir deux conséquences majeures sur le film : tout d'abord, il va offrir un rôle superbe à Jamie Lee Curtis, dans la peau d'un personnage brisé, dont le traumatisme, toujours vivace, a empoisonné la vie, ainsi que celles de ses proches. Ensuite, le ton du film va être bien plus adulte que dans un slasher classique. Myers tue aveuglément, et retrouve pour l'occasion toute son aura mystique : The Shape reste souvent dans l'ombre, ou n'est qu'une silhouette vue de dos ou uniquement décelable que par la pâleur de son masque. Il est le croquemitaine, implacable, inlassable et impitoyable, le Mal Absolu que le Docteur Loomis évoquait en 1978. Une véritable réussite de ce côté là.

Bien sûr, le film n'évite pas certains gros défauts. Souvent prévisible, se reposant trop souvent sur les jump-scares, il joue la carte de la facilité et des grosses ficelles à outrance, quitte à nous balancer des retournements de situation grotesques (le nouveau docteur) et une dernière partie qui tourne en rond. Dommage aussi qu'en dehors de Myers et Strode, les personnages ne soient qu'effleurés, et pas seulement les victimes désignées.

Surprise inattendue en ce qui me concerne, ce Halloween cru 2018 est pour moi le meilleur d'une saga que j'ai toujours trouvée par ailleurs incroyablement ennuyeuse. S'il rend astucieusement hommage au premier film (musique, certaines images inconiques, certaines séquences inversées), il ne se perd pas dans le bête hommage trop respectueux, mais offre au contraire une vraie aura à un tueur qui aura pas mal morflé au fil des décennies. J'ai presque hâte de voir la suite arriver...

Note : 7.5/10


mardi 1 novembre 2016

Halloween : la nuit des masques


Titre : Halloween : la nuit des masques (Halloween)
Réalisateur : John Carpenter
Acteurs : Jamie Lee Curtis, Donald Pleasence, Tony Moran
Date de sortie en France : 14 mai 1979
Genre : épouvante, horreur

Synopsis : 
La nuit d'Halloween 1963. Le jeune Michael Myers se précipite dans la chambre de sa soeur aînée et la poignarde sauvagement. Après son geste, Michael se mure dans le silence et est interné dans un asile psychiatrique. Quinze ans plus tard, il s'échappe de l'hôpital et retourne sur les lieux de son crime. Il s'en prend alors aux adolescents de la ville.

Avis : 
Classique du cinéma d'épouvante, œuvre fondatrice du slasher, acte de naissance de l'un des plus célèbres boogeymen de l'univers horrifique, La Nuit des masques de John Carpenter fait pourtant partie, tout comme Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper, de ces films cultes pour lesquelles je n'ai aucune affinité. Pire encore en ce qui concerne le premier volet de ce qui est depuis devenu une saga interminable : Halloween m'ennuie profondément, les gimmick qu'il a contribué à créer étant autant de défauts à mes yeux.


Tueur implacable (enfin, la plupart du temps), victime cruches, symbolisme grossier, le film cumule toutes les tares du genre, jusqu'à le rendre insupportable à suivre. Impossible de ne pas lever les yeux au ciel face au comportement des victimes, ou face à ces explications improbables sur la nature profondément mauvaise de Michael Myers, le Mal incarné capable de retrouver par instinct le chemin de son ancienne ville et d'anticiper les déplacements de ses prochaines victimes mais incapable de poignarder une proie immobile lui tournant le dos. Sans doute la magie du bouclier virginal ?

Pour le reste, on appréciera néanmoins la mise en scène de Carpenter, qui joue à merveille avec les ombres, crée un certain suspense en insistant brillamment sur la menace qui plane sur le trio d'amies... mais semble parfois incapable de terminer rapidement ses séquences, privant peu à peu certains passages de leur impact. On saluera également la musique du film, élément culte et indissociable de la saga. En revanche, on gardera difficilement son sérieux devant l'interprétation, notamment avec cette impression constante de récitation des dialogues que l'on remarque en VO.

Oeuvre fondatrice mais remplie de défauts, Halloween, la nuit des masques est surtout mémorable pour la mise en scène et la musique de John Carpenter. Pour le reste, le film n'est qu'un slasher basique, auquel on préférera plusieurs autres œuvres ayant inspiré le genre, comme Black Christmas ou La Baie sanglante, mais qui reste infiniment supérieur à un Vendredi 13.

Note : 3.5/10

mardi 9 février 2016

The Thing


Titre : The Thing
Réalisateur : John Carpenter
Acteurs : Kurt Russell, T.K. Carter, Wilford Brimley
Date de sortie en France : 3 novembre 1982
Genre : horreur

Synopsis : 
Hiver 1982 au cœur de l’Antarctique. Une équipe de chercheurs composée de 12 hommes, découvre un corps enfoui sous la neige depuis plus de 100 000 ans. Décongelée, la créature retourne à la vie en prenant la forme de celui qu’elle veut dès lors, le soupçon s’installe entre les hommes de l’équipe. Où se cache la créature ? Qui habite-t-elle ? Un véritable combat s’engage.

Avis : 
Premier film de ce que John Carpenter appelle sa "trilogie de l'Apocalypse" (complétée par Prince des ténèbres et L'Antre de la folie), The Thing est l'adaptation de la nouvelle Who goes there ? de John W. Campbell. Une nouvelle qui avait déjà été adaptée à l'écran par Christian Nyby en 1951 avec La Chose d'un autre monde, qui impressionnera le jeune John Carpenter - qui rendra hommage au film avec un gros clin d'oeil dans Halloween : la nuit des masques.


Big John va nous plonger dans une station de recherche perdue au beau milieu de l'Antarctique, isolée du reste du monde, dans un décor vierge dont il est impossible de s'échapper, et que n'aurait sans doute pas reniée le Lovecraft des Montagnes hallucinées. Un groupe de douze hommes, qui sera bientôt confronté à la Chose, créature extraterrestre métamorphe capable d'imiter les formes de vie qu'elle absorbe. 

A partir de ce postulat, Carpenter va créer une atmosphère unique, avec une gestion parfaite du suspense, de la paranoïa et de l'horreur. Qui est la chose, et comment va-t-elle se manifester ? Même en revoyant régulièrement le film, on se surprend à être totalement pris par le mystère et les passages forts, comme la séquence toujours aussi efficace du test sanguin, ou celles des manifestations horrifiques, servies par les effets impressionnants, bien que parfois vieillissants, de Rob Bottin (RoboCop, Hurlements...).

Chef d'oeuvre du cinéma horrifique, porté par la réalisation très soignée de Carpenter, la partition inquiétante d'Ennio Morricone et l'interprétation de Kurt Russell dans le meilleur rôle de sa carrière, The Thing possède encore aujourd'hui toute sa puissance, imité à de nombreuses reprises (jusqu'à un remake très moyen et une adaptation en jeu vidéo plutôt réussie) mais jamais égalé. Tout simplement mon film horrifique favori.

Note : 9.5/10