samedi 31 mai 2014

Kick-Ass


Titre : Kick-Ass
Réalisateur : Matthew Vaughn
Acteurs : Aaron Taylor-Johnson, Nicolas Cage, Chloë Moretz
Date de sortie en France : 21 avril 2010
Genre : super-héros, action, drame

Synopsis : 
Dave Lizewski est un adolescent gavé de comics qui ne vit que pour ce monde de super-héros et d'incroyables aventures. Décidé à vivre son obsession jusque dans la réalité, il se choisit un nom – Kick-Ass – se fabrique lui-même un costume, et se lance dans une bataille effrénée contre le crime. Dans son délire, il n'a qu'un seul problème : Kick-Ass n'a pas le moindre superpouvoir... Le voilà pourchassé par toutes les brutes de la ville. Mais Kick-Ass s'associe bientôt à d'autres délirants copycats décidés eux aussi à faire régner la justice. Parmi eux, une enfant de 11 ans, Hit Girl et son père Big Daddy, mais aussi Red Mist. Le parrain de la mafia locale, Frank D'Amico, va leur donner l'occasion de montrer ce dont ils sont capables...

Avis : 
C'est un de mes coups de coeur de ces dernières années. Un film dont je n'attendais pas grand chose à l'époque de sa sortie, à cause notamment d'une campagne promotionnelle qui donnait l'impression d'un Scary movie chez les super-héros, d'un truc bien crétin et gamin. Et là, surprise : Kick-Ass est un film aussi intelligent que jouissif, qui parvient à se montrer aussi réussi dans son approche réaliste que dans son aspect plus délirant.


Matthew Vaughn scinde ainsi son film en deux temps : la naissance de Kick-Ass, le super-héros sans pouvoir, qui n'a que son courage à offrir et rencontrera de nombreuses difficultés dans ses premières heures de patrouille. Une approche intimiste et réaliste, qui trouvera son apogée lors de l'affrontement sur le parking d'un fast-food, rythmée par la musique de Prodigy et qui fera du héros en combinaison de plongée une véritable star.

La seconde partie verra apparaître les personnages de Hit Girl et Big Daddy (interprété par un Nicolas Cage étonnant), donnant au film une nouvelle ambiance, une nouvelle approche qui, si elle conserve par moments un vrai réalisme et un aspect dramatique, ancre le film dans un côté plus parodique et terriblement jouissif : les scènes d'action sont particulièrement réussies, violentes et drôles, avec un goût prononcé pour le politiquement incorrect, notamment dans les répliques de la jeune fille.

Intelligent et irrévérencieux, l'adaptation de Kick-Ass est l'alliance parfaite entre la réflexion sur le thème des super-héros et le pastiche réjouissant, et se révèle aussi drôle que bien pensé, tout en nous réservant quelques moments et répliques mémorables. Un des meilleurs films de super-héros de ces dernières années, alors même qu'il ne comporte aucun super héros !

Note : 9/10


vendredi 30 mai 2014

Eastern boys


Titre : Eastern boys
Réalisateur : Robin Campillo
Acteurs : Olivier Rabourdin, Kirill Emelyanov, Danil Vorobyev
Date de sortie en France : 2 avril 2014
Genre : drame

Synopsis : 
Daniel aborde Marek dans une gare parisienne où ce dernier traine avec sa bande. Il lui propose de le retrouver chez lui le jour suivant. Mais lorsque Daniel ouvre la porte de son appartement le lendemain, il est loin d’imaginer le piège dans lequel il s’apprête à tomber et qui va bouleverser sa vie.

Avis : 
En regardant le programme de mon cinéma, je tombe régulièrement sur des films dont je n'ai absolument pas entendu parler. Après avoir lu le synopsis, si celui-ci m'intrigue, je jette un oeil à la note moyenne du film et décide alors d'aller voir le film ou non. Si cette méthode me permet souvent de découvrir quelques bijoux que je ne serais sans doute pas allé voir en salles, il arrive que j'aille voir des films bien moins réussis. C'est le cas pour ce Eastern boys, récompensé à la Mostra de Venise en 2013.


Je ne quitte, par principe, jamais une salle de cinéma avant la fin d'un film. Pourtant, avec le film de Robin Campillo, j'ai souffert au point d'envisager de partir au bout d'une heure, tant la première partie du métrage est vide et creuse. D'une Gare du Nord de carte postale à un personnage principal horriblement passif, de personnages auxquels on ne croit pas à un scénario plus qu'étrange, Eastern boys m'a ennuyé pendant 1h30, avant que le film ne se décide enfin à bouger un peu.

Pourtant, les acteurs sont plutôt convaincants, mais cette histoire "d'amour" entre ce riche parisien célibataire et cet immigré ukrainien en situation irrégulièrement n'accroche pas. Le rapport est très ambigu, le jeune homme étant à l'origine du cambriolage de Daniel, l'utilisant pour se faire de l'argent et se faire offrir des cadeaux et des faveurs sexuelles et pour finalement obtenir des papiers officiels, jusqu'à un final plutôt dérangeant.

Heureusement que ça bouge un peu dans la dernière partie pour nous réveiller, mais il est déjà un peu tard. Eastern boys est ainsi, à mes yeux, l'exemple-type du film d'auteur dans ce que l'expression peut comporter de pire. Long et chiant la plupart du temps, développant maladroitement son sujet au point de pouvoir facilement être interprété de façon négative, on se demande vraiment la raison de son succès critique...

Note : 2,5/10


jeudi 29 mai 2014

Millénium : les hommes qui n'aiment pas les femmes


Titre : Millénium : les hommes qui n'aiment pas les femmes (The Girl with the dragon tattoo)
Réalisateur : David Fincher
Acteurs : Daniel Craig, Noomi Rapace, Christopher Plummer
Date de sortie en France : 18 janvier 2012
Genre : thriller

Synopsis : 
Mikael Blomkvist, brillant journaliste d’investigation, est engagé par un des plus puissants industriels de Suède, Henrik Vanger, pour enquêter sur la disparition de sa nièce, Harriet, survenue des années auparavant. Vanger est convaincu qu’elle a été assassinée par un membre de sa propre famille.
Lisbeth Salander, jeune femme rebelle mais enquêtrice exceptionnelle, est chargée de se renseigner sur Blomkvist, ce qui va finalement la conduire à travailler avec lui. Entre la jeune femme perturbée qui se méfie de tout le monde et le journaliste tenace, un lien de confiance fragile va se nouer tandis qu’ils suivent la piste de plusieurs meurtres. Ils se retrouvent bientôt plongés au cœur des secrets et des haines familiales, des scandales financiers et des crimes les plus barbares…

Avis : 
A peine 3 ans après la version de Niels Arden Oplev, David Fincher adapte à son tour le roman Les Hommes qui n'aimaient pas les femmes. Exit Michael Nyqvist et Noomi Rapace, le réalisateur de Seven confie les rôles principaux à Daniel Craig (Skyfall) et à Rooney Mara (Effets secondaires) et va retravailler l'intrigue, s'inspirant autant du roman que du film précédent pour une oeuvre entre adaptation et remake.


Il apporte plus de rythme à la première partie, utilisant à merveille le décor de l'île et installant une atmosphère plus pesante, un suspense plus présent et un Mikael Blomkvist bien plus convaincant. Il s'attache également à rapprocher les rapports entre le journaliste et Lisbeth de ceux que l'on trouve dans le roman, avec une progression plus cohérente et subtile, notamment grâce à ses deux interprètes. Il convient d'ailleurs d'évoquer Rooney Mara qui, si elle ne fait pas oublier Noomi Rapace, incarne une Lisbeth à l'apparence plus fragile, plus réservée, dans une version différente mais tout aussi convaincante de la jeune femme.

On notera également le talent de Fincher pour développer son histoire, avec une mise en scène particulièrement efficace, parvenant à donner de l'intensité aux passages les plus calmes et donnant plus de liant à une enquête pourtant très simplifiée. Une réalisation soignée et élégante, jusqu'à ce générique d'introduction déjà culte, sur la reprise du Immigrant song par Trent Reznor.

David Fincher tire ainsi le meilleur du roman de Stieg Larsson, et fait même partie à mes yeux de ces rares adaptations meilleures que le support d'origine, grâce à une enquête prenante et bien plus fluide et des acteurs impeccables. Il surpasse également largement Millénium, le film, grâce à une réalisation bien plus soignée et des personnages mieux dessinés. Un excellent thriller, prenant et étouffant par moments, et une nouvelle réussite pour Fincher.

Note : 8,5/10