jeudi 7 mars 2013

Happiness Therapy


Titre : Happiness Therapy (Silver Linings Playbook)
Réalisateur : David O. Russell
Acteurs : Bradley Cooper, Jennifer Lawrence, Robert de Niro
Date de sortie en France : 30 janvier 2013
Genre : comédie romantique

Synopsis : 
La vie réserve parfois quelques surprises…Pat Solatano a tout perdu : sa maison, son travail et sa femme. Il se retrouve même dans l’obligation d’emménager chez ses parents. Malgré tout, Pat affiche un optimisme à toute épreuve et est déterminé à se reconstruire et à renouer avec son ex-femme.
Rapidement, il rencontre Tiffany, une jolie jeune femme ayant eu un parcours mouvementé. Tiffany se propose d’aider Pat à reconquérir sa femme, à condition qu’il lui rende un service en retour. Un lien inattendu commence à se former entre eux et, ensemble, ils vont essayer de reprendre en main leurs vies respectives. 

Avis : 
Après l'excellent Fighter, David O. Russell revient sur le thème de la famille américaine et de ses dysfonctionnements. Si Pat, sujet à de violentes crises depuis qu'il a surpris sa femme avec son amant, et de retour de l'hôpital psychiatrique, attire les regards de tous, il n'est que la partie visible de l'iceberg. Coincé entre un père maladivement superstitieux et une mère effacée, fréquentant un ami apparemment incapable de gérer sa vie de couple, il est en plus incapable de faire le deuil de la relation avec son ex-femme. L'unique personne qui semble pouvoir le comprendre, c'est Tiffany.


Veuve, récemment virée de son boulot pour avoir couché avec tous ses collègues, elle partage avec Pat une connaissance pointue des antidépresseurs et un flagrant manque de tact. Leurs échanges seront ainsi le l'occasion d'assister à des dialogues particulièrement inspirés,suscitant le malaise de leur entourage pour quelques scènes hilarantes (leur première rencontre est tout simplement magique). Le film prend grâce à la personnalité de ses personnages le contre-pied des clichés de la comédie romantique, s'en amusant brillamment.

Emmené par l'alchimie entre les deux acteurs, l'étonnant Bradley Cooper (Very Bad Trip) et Jennifer Lawrence qui confirme, après Winter's Bone, que les superproductions hollywoodiennes (X-Men : le commencement ou Hunger Games) n'ont pas altéré son talent, le couple de dépressifs constitue l'un des gros points forts du film. Ils passent de façon crédible de la complicité à la pire animosité, et deviennent rapidement attachants, leur instabilité mentale apportant une vraie fraîcheur à l'ensemble. Les personnages secondaires sont également très réussis, du père de famille aux multiples gri-gri à l'ami trouvant toujours de nouveaux moyens pour s'évader de l'hôpital psychiatrique (Chris Tucker, hilarant !).

Si le scénario n'apportera guère de surprises, Happiness Therapy constitue une excellente comédie romantique, grâce à un couple étonnant et une savoureuse pointe de cynisme. Un véritable plaisir, équilibre parfait entre humour et émotion, devant lequel je ne pensais pas m'amuser autant !

Note : 7,5/10


Chimpanzés


Titre : Chimpanzés (Chimpanzee)
Réalisateur : Mark Linfield, Alastair Fothergill
Acteur : Tim Allen (narrateur)
Date de sortie en France : 20 février 2013
Genre : documentaire animalier

Synopsis : 
A travers Oscar, un petit chimpanzé, nous découvrons l’apprentissage de la vie au cœur de la forêt tropicale africaine et suivons avec humour, émotion et angoisse ses premiers pas dans ce monde. Suite à un drame, il va se retrouver séparé de sa mère et laissé seul face à l'hostilité de la jungle. Jusqu'à ce qu'il soit récupéré par un chimpanzé plus âgé, qui va le prendre sous sa protection... 

Avis : 
Il est toujours assez compliqué de dire du mal d'un documentaire animalier, surtout quand celui-ci tend à nous faire (re)découvrir une espèce menacée. Pourtant, avec ce Chimpanzés de Disney Nature, il est clairement compliqué de passer sous silence les nombreux défauts du film.

Premièrement, le film s'adresse principalement, voire même exclusivement, aux enfants. Seulement, chez Disney Nature, on semble associer l'enfance à la niaiserie la plus pure, principalement par le biais d'un narrateur omniprésent aux interventions souvent puériles. Ainsi, à côté de la description minutieuse de chaque image du film (ce qui n'est pas nécessairement un défaut vu le public visé), on se retrouve avec une interprétation très personnelle des pensées du petit Oscar. Le jeune singe s'exclame ainsi "hummmm c'est bon !" en mangeant un fruit, ou "aïe, ça fait mal !!!" en s'écrasant le pouce sous une pierre. Rapidement irritant, cet aspect devient en plus gênant en associant directement les pensées du jeune singe à celles d'un jeune humain.

C'est là le second défaut majeur du film : prétendre que ces singes ont les mêmes préoccupations et réflexes que des humains, à l'image des manchots de La Marche de l'Empereur. Un bien joli mensonge, qui ruine l'aspect documentaire du film, et qui va jusqu'à diviser les deux groupes de singes rivaux en "gentils" : ceux qui s'introduisent sur le territoire des autres pour voler des fruits et défendent leur territoire ; et en "méchants" : ceux qui s'introduisent sur le territoire des autres pour voler des fruits et défendent leur territoire, mais c'est pas pareil parce que ce sont les ennemis, et que les ennemis sont forcément méchants. Un anthropomorphisme à côté de la plaque qui détruit le but premier d'un documentaire : informer.

Ces deux énormes défauts laissent surtout une impression d'immense gâchis, puisque les images sont magnifiques, on sent que l'équipe de tournage a fait d'innombrables efforts pour nous amener au plus près de ces animaux. Même les images inédites et exceptionnelles de l' "adoption" du jeune Oscar par le mâle dominant du groupe perdent tout leur impact à l'écoute des commentaires du narrateur...

Chimpanzés, c'est donc la promesse déçue d'un magnifique documentaire plombé par l'idée que les enfants ont besoin de niaiseries et de mensonges pour apprendre. Mon premier DisneyNature (je ne compte pas le superbe Océans, simplement distribué aux Etats-Unis sous ce label) m'a donc laissé un goût amer, celui d'un travail superbe horriblement défiguré par une narration stupide...

Note : 3/10


lundi 4 mars 2013

Louise Wimmer


Titre : Louise Wimmer
Réalisateur : Cyril Mennegun
Acteurs : Corinne Masiero, Jérôme Kircher, Anne Benoit
Date de sortie en France : 4 janvier 2012
Genre : drame

Synopsis : 
Après une séparation douloureuse, Louise Wimmer a laissé sa vie d’avant loin derrière elle. A la veille de ses cinquante ans, elle vit dans sa voiture et a pour seul but de trouver un appartement et de repartir de zéro. Armée de sa voiture et de la voix de Nina Simone, elle veut tout faire pour reconquérir sa vie.   

Avis : 
Louise Wimmer vit dans sa voiture. Voilà. C'est tout. On ne saura pas vraiment pourquoi, on ne saura pas vraiment comment. Plus qu'un postulat de base, c'est presque le scénario qui est résumé par ces cinq mots. Parce qu'il ne se passera rien du film, qui va adopter la pauvreté de la vie de son personnage principal à sa mise en scène et à son développement, jusqu'à avoir l'aspect d'un téléfilm de seconde partie de soirée ou d'un reportage un peu racoleur sur la pauvreté.

Comme si  la détresse de Louise Wimmer et le drame permanent qu'elle vit se suffisaient à lui-même, Cyril Mennegun ne va rien construire autour. Nous ne verrons que des tranches de vie : Louise dort dans sa voiture, Louise est confrontée à son employeur, la voiture de Louise est en panne, Louise s'envoie en l'air, etc...Une absence de construction qui nuit considérablement au film, puisqu'on en vient à se désintéresser totalement du destin de son "héroïne".



Un désintérêt qui cède parfois la place au sourire, tant l'interprétation et les dialogues semblent à côté de la plaque. Récitées de façon scolaire, les répliques surréalistes se succèdent dans la bouche de comédiens qui ne semblent croire ni à ce qu'ils disent, ni à leurs personnages, qui disparaissent de toute façon pour la plupart après une apparition de quelques minutes.

Louise Wimmer, c'est donc un film misérabiliste, qui prend bien soin de ne jamais se mouiller ou de proposer une quelconque réflexion sur un sujet pourtant grave. Une preuve qu'il ne suffit pas de montrer la misère pour provoquer l'empathie ou l'émotion...

Note : 1,5/10