vendredi 18 mars 2022

Baby Cart, volume 1 : Le Sabre de la vengeance

 
 
Titre : Baby Cart, volume 1 : le sabre de la vengeance (Kozure okami : ko wo kashi ude kashi tsukamatsuru)
Réalisateur : Kenji Misumi
Acteurs : Tomisaburo Wakayama, Akihiro Tomikawa, Fumio Watanabe
Date de sortie en France : 
Genre : chanbara
 
Synopsis : 
Au château d'Edo, Itto Igami est le bourreau officiel du shogun. Cette fonction est convoitée par tous les maîtres d'armes de la cour, car elle procure le privilège d'être admis à ses audiences personnelles. Et Retsudo Yagyu, maître d'armes assoiffé de pouvoir, compte bien récupérer à son compte ce poste prestigieux. 
Un jour, Ogami est accusé à tort de comploter contre le shogun. Déchu de ses titres et condamné à se faire hara-kiri, il choisit de fuir avec son fils. Devenu tueur à gages sous le nom du "Loup à l'enfant", l'ancien bourreau n'a plus qu'une raison de vivre : se venger de Retsudo et prouver son innocence. 
 
Avis : 
La saga Baby Cart (The Lone Wolf and Cub) est l'adaptation du manga fleuve (plus de 9000 pages) de Kazuo Koike (à qui l'on doit également Lady Snowblood ou Crying Freeman). Un manga qui ressort actuellement en édition prestige chez Panini, et qui a pour particularité de se présenter sous la forme de chapitres relativement indépendants les uns des autres. Une structure un peu éclatée, que l'on va retrouver dans le premier volet des adaptations : Le Sabre de la vengeance
 
 
Le film est réalisé par Kenji Misumi : après la faillite de la Daiei, où il avait fait toute sa carrière, réalisant notamment plusieurs volets de la saga Zatoichi. C'est d'ailleurs l'interprète du célèbre masseur aveugle, Shintaro Katsu, qui va produire les Baby Cart et lui confier la réalisation. La mise en scène sera d'ailleurs l'un des éléments marquants de la série, mêlant le rythme feutré que l'on associe souvent au cinéma classique japonais et violence décomplexée : on y retrouve ainsi les geysers de sang que reprendra par exemple Tarantino dans son Kill Bill, et les passages plus calmes, où Tomisaburo Wakayama jauge ses adversaires du haut de son impressionnant charisme. 

Le film reprend principalement les chapitres A l'oiseau les ailes, à la bêtes les crocs, dans lequel Itto arrive dans une ville thermale contrôlée par un groupe de samouraïs renégats, et Le Chemin blanc entre les fleuves qui décrit le passé de l'ancien bourreau. On y découvre ainsi un personnage aux allures d'ours mal réveillé, mais capable de finesse sabre à la main, inarrêtable, suivant sa propre morale, mais également impitoyable et capable d'utiliser les astuces les plus fourbes. Un tempérament volcanique, à peine attendri par la présence de son fils, assez en retrait sur ce premier volet. 

On navigue ainsi entre séquences très fortes (l'introduction, la prostituée, la rivière...) et des séquences plus posées, destinées à nous présenter le héros de la future saga. L'ensemble donne un excellent film de sabres, et donne surtout immédiatement envie de voir la suite. Et de la lire, aussi : je retourne à mon second tome du manga ! 
 

 

mercredi 16 mars 2022

Evil dead trap

 
 
Titre : Evil dead trap (Shiryo no wana)
Réalisateur : Toshiharu Ikeda
Acteurs : Miyuki Ono, Aya Katsuragi, Hitomi Kobayashi
Date de sortie en France :15 février 2022 (Blu ray)
Genre : horreur

Synopsis : 
Nami Tsuchiya, présentatrice d'une émission TV de nuit, reçoit un jour la cassette vidéo d'un snuff movie tourné dans une base militaire désaffectée. Avec son équipe, elle se rend sur les lieux où un tueur entreprend de les décimer les uns après les autres...

Avis : 
Si les mots « culte » et « ovni cinématographique » sont souvent galvaudés, ils sont particulièrement adaptés à Shiryo no wana, ce film d’horreur absolument unique venu du Japon et mieux connu dans nos contrées sous le titre de Evil dead trap. Longtemps invisible chez nous, le titre s’est dévoilé petit à petit, évoqué par des fanzines spécialisés, raconté par des téméraires ayant pu en voir une version sans sous-titres. Et si on peut depuis quelques années le voir relativement facilement, le Chat qui fume permet enfin de (re)découvrir ce film dans des conditions royales. 
 

Evil dead trap (le film n’a rien à voir avec celui de Sam Raimi, et n’est là que pour faciliter son exploitation internationale) ne ressemble à aucun autre film. Mélange de thriller, de slasher, de giallo, il enchaîne les séquences folles à un rythme soutenu : de l’introduction à la Guinea Pig aux célèbres mises à mort de ses personnages (l’empalement, la scène de l’arbalète), le film de Toshiharu Ikeda prend un malin plaisir à nous surprendre et à nous terrifier, grâce à une ambiance très travaillée (ce bâtiment désaffecté, aussi froid que poisseux), une réalisation très solide et une superbe partition musicale (qui rappelle étrangement celles des Goblin).

Finalement, seul le final, bien qu’entraînant le film vers de nouveaux sommets de bizarreries, me laisse un peu sur ma faim. Cela n’empêche pas d’avoir envie de revoir régulièrement ce Evil dead trap qui, quelque part entre Cronenberg, Argento, Bava, se fait une place de choix… et est régulièrement, à son tour, cité par des réalisateurs contemporains tels que James Wan (Saw en reprend par exemple l’idée de l’appareil photo et des pièges, et Malignant pour un hommage encore plus appuyé). Une petite perle made in Japan !



mardi 22 février 2022

Massacre à la tronçonneuse (2022)

 
 
Titre : Massacre à la tronçonneuse (Texas chainsaw massacre)
Réalisateur : David Blue Garcia
Acteurs : Sarah Yarkin, Elsie Fisher, Mark Burnham
Date de sortie en France : 18 février 2022 (Netflix)
Genre : horreur
 
Synopsis : 
Melody, sa sœur adolescente Lila et leurs amis Dante et Ruth se rendent dans la petite ville de Harlow, au Texas, pour lancer une nouvelle entreprise. Mais leur rêve se transforme bientôt en cauchemar éveillé lorsqu'ils pénètrent sans le vouloir dans le monde de Leatherface, le dangereux tueur en série dont l'héritage sanglant continue de hanter les habitants de la région. Parmi eux, Sally Hardesty, unique survivante du tristement célèbre massacre de 1973, et bien décidée à se venger. 
 
Avis : 
Neuvième film de la saga, Massacre à la tronçonneuse est la suite directe de Massacre à la tronçonneuse (mais attention, ce n'est pas la suite de Massacre à la tronçonneuse !). Il s'inscrit donc à la place de Massacre à la tronçonneuse 2 ou de Texas chainsaw 3D en tant que suite directe au film de Tobe Hooper, s'inscrivant ici dans cette formidable mode du "requel", mi-remake mi-séquelle, qui porte le même titre que l'original sans qu'on ne comprenne vraiment pourquoi. Ici, le modèle est clairement Halloween (mais pas Halloween, ni même Halloween) : on retrouve Leatherface, 50 ans plus tard (il a, selon les producteurs, une soixante d'année, ce qui indique qu'il avait donc environ 10 ans dans l'original ?), mais aussi Sally Hardesty en mode Laurie Strode 2018, qui veut régler son compte au tueur. Bref, les producteurs et les scénaristes se sont drogué en regardant Halloween (2018), et ont décidé d'adapter le concept à Massacre à la tronçonneuse. 
 
 

Et si Sally est devenue Laurie Strode, c'est en Jason Voorhees que s'est quant à lui transformé Leatherface en cinquante ans. Une puissance herculéenne, une résistance à toute épreuve, capable de dézinguer tout un groupe en quelques secondes, il a lui aussi suivi l'évolution de Myers, passé de The Shape à The Gros Bourrin de 1978 à 2021. On n'en saura pas plus sur son parcours depuis 50 ans, sur les raisons qui l'ont poussé à ranger sa tronçonneuse. Leatherface n'est plus qu'un monstre lambda, comme on peut en voir dans n'importe quel slasher de bas étage. 

Tout ça donne finalement un bon gros navet comme le cinéma actuel peut en produire par paquets de douze. Des incohérences à la pelle, des personnages sans intérêt, un scénario réduit à sa plus simple expression, une mise en scène qui se contente du minimum : autant dire qu'on oublierait sans doute le film aussi vite qu'on ne l'a vu s'il n'y avait pas cette séquence qui se démarquait clairement du lot. Je parle évidemment de la scène du bus, complètement coconne mais terriblement jouissive. Elle marquera malheureusement le point de départ vers un final sans queue ni tête et terriblement navrant. 

Au moins, le film restera dans le thème de la saga : à violer sans vergogne les cadavres de Tobe Hooper, Marylin Burns ou encore Gunnar Hansen, on peut difficilement faire plus "profanation de cadavres". Sans grand intérêt, il aura pour plus grand qualité d'être assez court pour ne pas trop s'ennuyer...