mardi 10 mai 2016
Les Ardennes
Titre : Les Ardennes (D'Ardennen)
Réalisateur : Robin Pront
Acteurs : Jeroen Perceval, Kevin Janssens, Veerle Baetens
Date de sortie en France : 13 avril 2016
Genre : thriller, drame
Synopsis :
Un cambriolage tourne mal. Dave arrive à s’enfuir mais laisse son frère Kenneth derrière lui. Quatre ans plus tard, à sa sortie de prison, Kenneth, au tempérament violent, souhaite reprendre sa vie là où il l’avait laissée et est plus que jamais déterminé à reconquérir sa petite amie Sylvie.
Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’entre-temps, Dave et Sylvie sont tombés amoureux et mènent désormais une vie rangée ensemble.
Avouer la vérité à Kenneth pourrait tourner au règlement de compte…
Avis :
Dans le paysage cinématographique européen, la Belgique est devenue depuis quelques années une valeur sûre, à force de thrillers étouffants (Bullhead) et de drames déchirants (Alabama Monroe). Un cinéma percutant, marqué par un réalisme souvent déprimant, basé sur des destins brisés, des familles détruites, la petite délinquance et une impression générale d'austérité.
Les Ardennes nous plonge d'emblée dans une situation anxiogène... et qui le deviendra de plus en plus au fil des minutes. Une lente descente aux enfers, où tout ce qui rapproche les deux frères contribue finalement à les éloigner : le cambriolage du début du film, la femme qu'ils aiment, le travail... Le tempérament sanguin de Kenneth va peu à peu tout faire perdre aux deux frères, et faire basculer leur destin vers un final particulièrement glaçant.
Pour nous ancrer dans cette ambiance déprimante, Robin Pront multiplie les silences, ralentit le rythme, et s'appuie sur un trio d'acteurs formidables : Jeroen Perceval (Bullhead), Veerle Baetens (Alabama Monroe) et Kevin Janssens sont parfaits, leur retenue contrastant à merveille avec les séquences où la violence explose.
Nouvelle réussite dans le paysage cinématographique belge, Les Ardennes nous offre une plongée anxiogène dans les villes mortes et les bois perdus, où l'explosion n'est jamais loin. Une descente en enfer, portée par trois acteurs formidables et une scénario implacable, qui n'est pas sans rappeler les meilleurs thrillers asiatiques de ces dernières années.
Note : 9/10
vendredi 6 mai 2016
Les Enquêtes du Département V : Délivrance
Titre : Les Enquêtes du Département V : Délivrance (Flaskepost fra P)
Réalisateur : Hans Petter Molland
Acteurs : Nikolaj Lie Kaas, Fares Fares, Pal Sverre Valheim Hagen
Date de sortie en France : 5 mai 2016 (en e-cinema)
Genre : thriller, policier
Synopsis :
Une bouteille jetée à la mer, repêchée et oubliée dans un commissariat des Highlands. A l’intérieur, un appel au secours écrit en lettres de sang et en danois. Lorsque le message échoue au Département V de la police de Copenhague, chargé des dossiers non élucidés, les années ont passé... L’imprévisible Carl Mørck, Assad, son assistant syrien au flair infaillible, et Rose, leur secrétaire, vont-ils prendre au sérieux ce SOS ?
Avis :
Après Miséricorde et Profanation, le duo inspiré des romans de Jussi Adler-Olsen revient pour une troisième affaire, qui a de nouveau battu des records d'entrée au Danemark. Hans Petter Molland succède à Peter Norgaard à la réalisation, pour une histoire basée sur des enlèvements d'enfants au sein de communautés religieuses très fermées. Hélas, cette fois, on ressort du film avec un sentiment plutôt mitigé.
L'impression générale, en fait, est celle d'un survol très lointain du sujet. Alors que le sujet est assez formidable, avec cette plongée dans les obscurantismes religieux et leur culture du secret bien utilisés par le tueur en série (Pal Sverre Valheim Hagen, à qui l'on donnerait justement le bon Dieu sans confession), le film reste en surface. Cela vient peut-être des problèmes d'adaptation des deux premiers volets, qui délaissaient presque totalement les spécificités liées au personnage d'Assad et à son passé : d'une place centrale dans le roman, l'assistant musulman fait presque de la figuration dans un film pourtant centré sur la religion. Un peu dommage quand même...
Cette sensation de survol se retrouve également du côté de l'enquête : évidemment moins développée que dans le roman, elle manque clairement de liant, entre éléments rapidement balancés au placard (la bouteille à la mer est déchiffrée puis oubliée en un temps record) et solutions qui tombent du ciel.Les policiers ne font finalement aucune recherche, ou presque, et tout semble leur tomber sous le nez par hasard, là où les deux volets précédents parvenaient à offrir une intrigue et une enquête cohérente.
Après deux premiers volets très réussis, Délivrance est donc une petite déception. Si l'on retrouve avec un certain plaisir la saga, on ne pourra que regretter des choix scénaristiques trop faciles faisant souvent passer le film à côté de son sujet. Pour le reste, entre flash-backs réguliers, poussées de suspense (là aussi, souvent mal gérés, comme les scènes du train ou de l'hôpital) et mise en scène froide, nous restons en terrain connu, mais sans le désir de vite enchaîner sur le prochain opus...
Note : 6/10
lundi 2 mai 2016
Captain America : Civil war
Titre : Captain America : Civil war
Réalisateur : Anthony Russo, Joe Russo
Acteurs : Chris Evans, Robert Downey Jr, Scarlett Johansson
Date de sortie en France : 27 avril 2016
Genre : super-héros, action
Synopsis :
Steve Rogers est désormais à la tête des Avengers, dont la mission est de protéger l'humanité. À la suite d'une de leurs interventions qui a causé d'importants dégâts collatéraux, le gouvernement décide de mettre en place un organisme de commandement et de supervision. Cette nouvelle donne provoque une scission au sein de l'équipe : Steve Rogers reste attaché à sa liberté de s'engager sans ingérence gouvernementale, tandis que d'autres se rangent derrière Tony Stark, qui contre toute attente, décide de se soumettre au gouvernement...
Avis :
Et c'est reparti pour un tour ! Avec ce troisième volet consacré à Captain America, l'univers cinématographique Marvel entame sa troisième phase. Réalisé par les frères Russo, déjà derrière l'excellent Le Soldat de l'hiver, Civil War va nous plonger dans un conflit entre super-héros Marvel: Iron Man, Black Widow, Vision, War Machine et les deux nouveaux venus, Black Panther et Spiderman d'un côté ; Captain America, le Soldat de l'hiver, Hawkeye, Scarlet Witch et Ant Man de l'autre.
En mettant au centre des débats les dommages collatéraux causés par les héros dans leur lutte contre le crime, Civil War va réussir là où Batman v Superman échouait : le film va en effet apporter un peu de profondeur à son propos, un peu de réflexion là où le film de Zack Snyder se révélait terriblement crétin. Evidemment, on ne nage pas dans la grande philosophie, mais on appréciera les états d'âme de Tony Stark et les divergences de points de vue tout aussi légitimes des deux leaders.
Autour de cette thématique intéressante, les frères Russo vont à nouveau nous proposer un cocktail parfaitement maîtrisé d'action et d'humour. Les futurs réalisateurs d'Avengers : Infinity wars démontrent une nouvelle fois leur capacité à mettre en images des scènes d'action spectaculaires et lisibles, bien loin des bouillies illisibles et prétentieuses de Snyder ou de la déclaration d'amour à Transformers que livrait Joss Whedon à la fin d'Avengers. On retiendra, évidemment, la séquence formidable de l'aéroport, mais aussi les affrontements plus intimes, dont on ne perdra pas une miette.
L'humour est également de la partie, avec le personnage d'Ant Man bien sûr, mais aussi avec le nouveau Spiderman, qui apporte une dose de fraîcheur et une candeur vraiment réjouissantes. En quelques minutes, il parvient presque à faire oublier Tobey Maguire et Andrew Garfield, que j'ai pourtant tous les deux beaucoup aimés dans leurs interprétations respectives de l'Homme Araignée.
Dans la lignée de Captain America : le Soldat de l'hiver, Civil War est ce qu'Avengers 2 aurait dû être. Un spectacle réjouissant, avec des scènes d'action spectaculaires et des personnages restant au premier plan (à l'exception notable de Black Panther, qui ne dégage rien et débarque vraiment comme un cheveu sur la soupe), même si le film n'atteint jamais l'intensité des comics du même nom. Espérons que cela donne le ton pour les prochaines adaptations de la phase 3...
Note : 9/10
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