mercredi 10 juin 2015

Jurassic World


Titre : Jurassic World
Réalisateur : Colin Trevorrow
Acteurs : Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Nick Robinson
Date de sortie en France : 10 juin 2015
Genre : aventures, science-fiction

Synopsis : 
Le mini-zoo pouponnière, la croisière kayak du Crétacé, le bassin du mosasaure, sans compter l'hôtel 5 étoiles, les 8 cafés, les 12 restaurants et les centaines de protocoles d'urgence et dispositifs de protection... Le parc à dinosaures construit sur la Isla Nubar par le multimillionnaire Masrani, n'est pas prêt de se laisser déborder, ni par ses visiteurs, ni par sa faune... Autant vous dire que le temps du carnage est revenu.

Avis : 
On ne l'attendait presque plus : à force de projets avortés, d'annonces maintes fois annulés, d'innombrables reports, l'idée d'un quatrième volet de la saga Jurassic Park semblait destinée à rejoindre le cimetière des oeuvres mortes avant même d'être nées. Et pourtant, vingt-deux ans après le film de Steven Spielberg (qui aura toujours une importance particulière pour moi, étant le tout premier film que je suis allé voir au cinéma) le parc ouvre enfin de nouveau ses portes, sous la forme d'un reboot partiel, Jurassic world étant destiné à lancer une nouvelle saga tout en reprenant des éléments de la précédente trilogie.


Sans Steven Spielberg, sans Jeff Goldblum, sans Sam Neill, sans même Joe Johnston (bon, vu Jurassic Park III, ce n'est pas plus mal), le film choisit de repartir sur de nouvelles bases, imaginant une histoire où le parc d'attraction a enfin pu ouvrir ses portes, et reprenant les ultimes pistes présentes dans Le Parc Jurassique de Michael Crichton mais n'ayant pas encore été utilisées à l'écran - autrement dit, les idées dont les trois précédents films n'ont pas voulu, à savoir celle de la manipulation génétique des dinosaures (encore que l'idée de croisement n'est absolument pas présente chez Crichton, et semble plutôt dérivée des productions SyFy et Asylum comme Sharktopus ou Piranhaconda) et des vélociraptors apprivoisés. Ajoutez-y Chris Pratt, l'acteur assez insignifiant pour se faire voler la vedette par un raton-laveur, un arbre et un catcheur en fin de carrière dans Les Gardiens de la Galaxie, un réalisateur méconnu (Colin Trevorrow) et une histoire qu'on connait déjà, et tout ça ne sentait pas très bon.

Verdict : Jurassic World va se révéler aussi con que généreux. Evidemment, on sait d'avance que la nouvelle création, l'Indominus Rex (prenez du vélociraptor, du T-Rex, de la seiche, de la grenouille, mélangez le tout et vous avez un fantasme de savant fou de série Z) va s'échapper à la première occasion et foutre le bordel dans le parc. L'avantage, c'est que les scénaristes en sont également conscient, et vont donc lâcher la bête assez tôt dans le film afin de multiplier les scènes d'attaque. Si vous voulez voir du reptile préhistorique bouffer du touriste ou se battre avec d'autres dinosaures, vous allez être servis... et parfois même un peu trop, Jurassic World n'hésitant pas à jouer la carte de la surenchère, notamment dans sa dernière partie.


On pourra ainsi apprécier de voir les dinosaures redevenir les véritables héros du film, effaçant avec bonheur des personnages insipides, des éternels gamins à sauver au spécialiste des dinosaures invulnérable. Le film va également tout faire pour brosser le fan du film de 1993 dans le sens du poil en multipliant les clins d'oeil : des objets, des répliques, des personnages, et même certains plans repris à l'identique, sans oublier une conclusion à la symbolique évidente qui rappelle qui sont les véritables stars de la saga.

Jurassic World mise donc tout sur ses dinosaures, ce qui donne un film au scénario totalement laissé de côté au profit d'idées souvent saugrenues, que l'on a davantage l'habitude de rencontrer dans les nanars animaliers que dans ce type de production. Cela ne permet pas d'oublier les nombreux défauts du film, parmi lesquels une galerie de personnages - et d'acteurs - sans grand intérêt, mais permet de passer un bon moment grâce à un rythme très soutenu dès l'évasion de l'impressionnant Indominus Rex, qui va plonger le parc dans un chaos assez fou où les victimes seront nombreuses. C'est finalement tout ce qu'on demandait, ou presque.

Note : 7/10

jeudi 4 juin 2015

L'Affaire SK1


Titre : L'Affaire SK1
Réalisateur : Frédéric Tellier
Acteurs : Raphaël Personnaz, Nathalie Baye, Olivier Gourmet
Date de sortie en France : 7 janvier 2015
Genre : thriller, policier

Synopsis : 
Paris, 1991. Franck Magne, un jeune inspecteur fait ses premiers pas à la Police Judiciaire, 36 quai des Orfèvres, Brigade Criminelle. Sa première enquête porte sur l’assassinat d’une jeune fille. Son travail l’amène à étudier des dossiers similaires qu’il est le seul à connecter ensemble. Il est vite confronté à la réalité du travail d’enquêteur : le manque de moyens, les longs horaires, la bureaucratie… Pendant 8 ans, obsédé par cette enquête, il traquera ce tueur en série auquel personne ne croit. Au fil d’une décennie, les victimes se multiplient. Les pistes se brouillent. Les meurtres sauvages se rapprochent. Franck Magne traque le monstre qui se dessine pour le stopper. Le policier de la Brigade Criminelle devient l’architecte de l’enquête la plus complexe et la plus vaste qu’ait jamais connu la police judiciaire française.

Avis : 
L'Affaire SK1 reprend l'histoire de la traque et du procès du tristement célèbre "tueur de l'Est parisien" : Guy Georges. Une enquête qui durera près de 10 ans, 10 ans de meurtres sauvages, d'erreurs , de fausses pistes, de guerres entre les services, avant un procès qui ne fera qu'effleurer les motivations du monstre.


Fréderic Tellier nous offre ici un film percutant, dans la grande tradition des films policiers français. L'enquête est passionnante, centrée sur l'obsession de l'inspecteur Magne et les moments forts de la traque, comme ce portrait-robot inexplicablement raté ou les moments où le tueur parvient presque miraculeusement à passer entre les mailles du filets. Et si Raphaël Personnaz (Marius, Fanny) est très convaincant dans un rôle assez classique, les passages consacrés au procès permettent d'apprécier l'interprétation d'Adama Niane dans la peau d'un Guy Georges bien plus charismatique que le modèle, nous glaçant notamment le sang lors de sa confession.

L'Affaire SK1 réussit par ailleurs à évoquer les horreurs commises par le tueur en série sans jamais verser dans le voyeurisme, mais sans non plus éviter quelques images chocs montrant les cadavres des victimes. Et même si l'on connait dès le départ l'identité du meurtrier, cela n'enlève pas grand chose au suspense, même si on sait que certains interrogatoires ne donneront rien. En revanche, cela renforce encore l'impression d'injustice quand Guy Georges est relâché après avoir été interrogé. Les passages au tribunal sont hélas bien moins fortes pour la plupart, sauf quand l'assassin se trahit enfin, emporté par ses pulsions meurtrières.

Sans artifice, L'Affaire SK1 nous replonge donc parfaitement dans l'interminable traque au tueur de l'Est parisien, et montre qu'on peut reprendre de façon convaincante un horrible fait divers, contrairement à 24 jours par exemple. Une enquête passionnante, ponctuée de moments forts, où l'on redécouvre certains éléments ayant permis à ce tueur pourtant loin d'être un génie d'échapper à la police pendant de nombreuses années. On regrettera néanmoins que l'aspect psychologique du tueur ou du personnage interprété par Personnaz reste très léger, mais il n'entame pas l'efficacité de l'oeuvre de Fréderic Tellier.

Note : 8/10



mercredi 3 juin 2015

Maggie


Titre : Maggie
Réalisateur : Henry Hobson
Acteurs : Arnold Schwarzenegger, Abigail Breslin, Joely Richardson
Date de sortie en France : 27 mai 2015
Genre : drame

Synopsis : 
Alors qu'une terrible pandémie se propage à travers les États-Unis, le gouvernement impose de placer les malades infectés par le virus en quarantaine, où ils se transformeront en zombies, totalement retranchés du monde. Lorsque Maggie, 16 ans, apprend qu'elle a été contaminée, elle s'enfuit. Mais son père, Wade Vogel, est déterminé à la retrouver et à la protéger coûte que coûte, même s'il lui faut affronter les forces de police...

Avis : 
Si vous déjà vu le film, vous le savez déjà, mais rappelons-le quand même pour ceux qui n'ont pas eu cette... chance : le synopsis que vous venez de lire n'est PAS celui de Maggie. L'auteur de ce court résumé, dont l'incompétence laisse penser qu'il est également responsable de l'immonde affiche, s'est sans doute dit que ça fonctionnerait mieux si on promettait aux fans de Schwarzy un peu d'action. Affirmons-le donc une bonne fois pour toute : il n'y a pas d'action dans Maggie. Pas un gramme. Ce qui n'est pas nécessairement un défaut, au contraire même, lorsque l'aspect dramatique est réussi. Ici, c'est un défaut.


La promesse d'une variation dramatique sur le thème - par ailleurs usé jusqu'à la corde - du zombie était en fait plus alléchante que l'idée d'un énième film bourrin-concon où les morts-vivants ne serviraient que de chair à canon. Hélas, au fil d'une progression sans originalité ni enjeu, le film ne propose qu'un drame raté dans lequel Arnold Schwarzenegger se contente d'attendre passivement que sa fille fasse quelque chose.

Pire encore, Maggie semble n'avoir pour unique ambition que la réunion des différents clichés du genre, et nous refuse purement et simplement tout embryon de commencement de naissance de tension en nous annonçant chaque événement plusieurs fois avant qu'il n'arrive (le renard) et en éliminant les éléments potentiellement horrifiques quelques minutes après leur apparition (on n'allait quand même pas laisser un zombie dans la même maison que des enfants !). Et comme la métamorphose d'Abigail Breslin, aussi bien physique (avec un maquillage que l'on qualifiera d'aléatoire) que psychologique, ne propose rien de nouveau, on s'emmerde royalement.


Et si on s'ennuie autant, c'est surtout parce qu'on se désintéresse totalement du destin des personnages. Abigail Breslin (The Call, Little Miss sunshine, Bienvenue à Zombieland) peut bien devenir une zombie et se faire exploser le caisson, ça n'aura pour conséquence que de rayer de l'écran ses deux uniques expressions faciales (sourire niais ou vague déprime), Arnold peut bien se faire bouffer par sa fille, ses répliques et son interprétation sont déjà caractéristiques d'un électroencéphalogramme plat. Dommage, parce qu'on avait enfin l'occasion de le voir ailleurs que dans les films d'action décérébrés qu'il enchaîne depuis le succès d'Expendables (Sabotage, Evasion...).

Bref, Maggie, c'est très mauvais. A aucun moment le film d'Henry Hobson ne parvient à exploiter un thème pourtant intéressant, et se contente de recycler sans imagination ni ambition les éléments que l'on peut voir dans tous les films centrés sur la maladie, horrifique ou non. Quitte à rester dans l'évocation dramatique de la transformation en zombie, on préférera largement revoir "Moi zombie : chronique de la douleur" d'Andrew Parkinson...

Note : 2/10