samedi 7 décembre 2013

En solitaire


Titre : En solitaire
Réalisateur : Christophe Offenstein
Acteurs : François Cluzet, Virginie Efira, Guillaume Canet
Date de sortie en France : 6 novembre 2013
Genre : drame, sportif

Synopsis :  

Yann Kermadec voit son rêve se réaliser quand il remplace au pied levé, son ami Franck Drevil, au départ du Vendée Globe, le tour du monde à la voile en solitaire. Habité par une farouche volonté de gagner, alors qu'il est en pleine course, la découverte à son bord d'un jeune passager va tout remettre en cause.

Avis : 
 En solitaire est l'exemple parfait du film parasité par la volonté d'apporter une pointe d'originalité à une histoire qui aurait pu être bien plus forte sans cela. En sortant du film, on a ainsi cette impression de passer à côté d'une oeuvre qui aurait pu être formidable, nous prendre aux tripes et nous émerveiller, et on se prend à imaginer ce qu'aurait donné le film s'il s'était contenté de suivre le tour du monde en solitaire de François Cluzet, acteur idéal pour ce genre de rôle. Hélas, il y a ce passager clandestin.


A l'image du personnage interprété par François Cluzet (11.6, Intouchables), les scénaristes semblent ne pas savoir quoi faire de ce personnage secondaire. Alors on le relègue d'abord au fond de la cabine, on envisage de le débarquer aussi vite que possible...A vrai dire, on aurait même aimé qu'il soit envoyé par dessus bord, puisqu'il n'amène pas grand chose. Oh, bien entendu, il va y avoir une évolution dans les relations entre les deux personnages, Cluzet s'adoucissant peu à peu avant un horrible happy-end, mais le tout sonne quand même particulièrement creux.

L'aspect navigation s'efface ainsi peu à peu face à un drame bien trop convenu, qui oublie même de développer certaines pistes qu'il fait naître (le manque de nourriture passe rapidement à la trappe, tout comme la maladie de Mano Ixa). On essaye bien de donner un peu de souffle à tout ça avec quelques péripéties pendant la course ou chez les proches de Yann Kermadec, mais rien à faire, malgré quelques sublimes séquences de navigation, la sauce ne prend que rarement.

On aurait donc préféré que ce En solitaire se fasse...en solitaire. Car en s'encombrant de cette histoire de garçon clandestin, le film de Christophe Offenstein est peu à peu tiré vers le bas, empoisonnant la qualité des scènes de navigation et amoindrissant l'impact de certains passages. Dommage, d'autant que Cluzet est comme souvent impressionnant...

Note : 5/10


mercredi 4 décembre 2013

American nightmare


Titre : American nightmare (The Purge)
Réalisateur : James DeMonaco
Acteurs : Ethan Hawke, Lena Headey, Max Burkholder
Date de sortie en France : 7 août 2013
Genre : thriller

Synopsis : 
Dans une Amérique rongée par une criminalité débridée et des prisons surpeuplées, le gouvernement a donné son accord pour qu’une fois par an, pendant 12 heures, toutes activités criminelles, meurtres inclus, soient légalisées. La police ne peut intervenir. Les hôpitaux suspendent leurs services. Une nuit durant, les citoyens sont à même de définir leurs propres règles et de faire leur propre loi, sans avoir à craindre de sanctions. Au cours d’une telle nuit hantée par la violence et le crime, une famille va devoir faire un choix – bourreau ou victime ? – face à un inconnu venu frapper à sa porte.

Avis : 
 Voilà un film qui disposait d'un synopsis très prometteur, avec la possibilité d'une vraie métaphore sur la société actuelle et des dérives sécuritaires, notamment aux Etats-Unis. Imaginez donc si, le temps d'une soirée, vous pouviez vous livrer à tous les excès imaginables, en toute impunité : y participeriez-vous, ou préféreriez-vous vous barricader chez vous, laissant toute cette violence aux autres, sans intervenir ?


Un point de départ qui va hélas être rapidement balayé : de la fameuse "purge", nous ne verrons finalement pas grand chose puisqu'on ne suivra le destin que d'une seule famille, assiégée à cause de la bêtise d'un petit garçon. Plutôt qu'un thriller, nous allons dès lors retrouver une quelconque série B vaguement horrifique, où l'unique enjeu sera de savoir si les agresseurs parviendront à entrer dans la maison et à en tuer les habitants. Rien de bien palpitant donc...

On se contente donc d'attendre le moment inévitable où la famille sera confrontée physiquement aux meurtriers, le temps d'admirer quelques ficelles scénaristiques : l'appareil qu'utilise le gamin pour se déplacer dans la maison devient soudainement silencieux, et la demeure, pourtant conçue pour résister à tous les assauts, n'est finalement pas plus solide que la maison de paille du petit cochon du conte. L'attaque finale n'est quant à elle bien beaucoup plus passionnante, tentant maladroitement de jouer sur l'ironie, sans réellement y parvenir.

Beaucoup de promesses déçues donc avec cet American nightmare, qui derrière un synopsis alléchant cache finalement un film de genre banal et bancal. On se met à rêver de ce qu'un réalisateur plus subtil aurait pu tirer d'un sujet similaire...

Note : 2,5/10


 

lundi 2 décembre 2013

La Stratégie Ender


Titre : La Stratégie Ender (Ender's Game)
Réalisateur : Gavin Hood
Acteurs : Asa Butterfield, Harrison Ford, Ben Kingsley
Date de sortie en France : 6 novembre 2013
Genre : science-fiction

Synopsis : 
Dans un futur proche, une espèce extraterrestre hostile, les Doryphores, ont attaqué la Terre. Sans l’héroïsme de Mazer Rackham, le commandant de la Flotte Internationale, le combat aurait été perdu. Depuis, le très respecté colonel Graff et les forces militaires terriennes entraînent les meilleurs jeunes esprits pour former des officiers émérites et découvrir dans leurs rangs celui qui pourra contrer la prochaine attaque. Ender Wiggin, un garçon timide mais doté d’une exceptionnelle intelligence tactique, est sélectionné pour rejoindre l’élite. A l’académie, Ender apprend rapidement à maîtriser des manoeuvres militaires de plus en plus difficiles où son sens de la stratégie fait merveille. Graff ne tarde pas à le considérer comme le meilleur élément et le plus grand espoir de l’humanité. 

Avis : 
La Stratégie Ender est à l'origine un roman de l'écrivain américain Orson Scott Card, et publié en 1985. Lauréat des prix Nebula en 1985 et Hugo en 1986, il est le premier volet du Cycle d'Ender, actuellement composé de 6 romans (La Stratégie Ender, La Voix des morts, Xénocide, Les Enfants de l'esprit, A war of gifts et Ender : l'exil), auxquels s'ajoutent la Saga de l'ombre, celle de La Première Guerre formique (et bientôt la Seconde) et plusieurs nouvelles. Régulièrement approché pour une adaptation au cinéma, Orson Scott Card avait toujours refusé de céder les droits, en raison de différends artistiques. Après un premier projet avorté, qui aurait vu Wolfgang Petersen à la réalisation, la machine se met en marche en 2009, avec Gavin Hood (Mon nom est Tsotsi, X-Men Origins : Wolverine) en tant que scénariste et réalisateur.

Le premier point marquant de La Stratégie Ender est qu'il s'éloigne des blockbusters classiques de science-fiction en se concentrant sur l'aspect tactique, stratégique de l'affrontement entre l'humanité et une espèce extraterrestre. Loin de l'éternel affrontement frontal entre les soldats de chaque faction, on nous présente cette fois la formation et l'évolution du jeune Ender, destiné à remplir des fonctions de commandement dans la lutte conte les Doryphores. La première partie reste assez classique, avec l'entraînement militaire, les tensions entre les candidats, les liens qui se créent...On est donc en terrain connu, mais plutôt efficace, grâce notamment à un Asa Butterfield (Hugo Cabret) très convaincant, dont l'intensité compense joliment le physique plutôt frêle et le rend parfaitement crédible lorsqu'il affronte des concurrents plus costauds. Les entraînements et batailles dans la salle d'apesanteur sont également de très bons moments, parfaitement chorégraphiés, même si leurs issues ne fait jamais aucun doute.

C'est d'ailleurs l'un des principaux bémols du film : son absence presque totale de surprise, sauf dans le final. La progression ne dévie jamais de la ligne que l'on devine dès les premières secondes, en raison de personnages stéréotypés (Harrison Ford interpréte un colonel Graff sans aucune subtilité). Seul le final viendra apporter, enfin, une bonne dose d'originalité, sortant de l'éternel manichéisme auquel le genre nous avait habitués. Ce virage arrive certes bien tard, mais donne au film une dimension politique inattendue. Mais surtout, la structure particulière du film, presque exclusivement consacré à la formation d'Ender, donne l'impression d'être devant une grosse introduction à l'univers imaginé par O.S. Card.


On imagine ainsi sans peine que le film de Gavin Hood pourrait être le premier volet d'une trilogie, se contentant de poser les bases de ce que les films suivants développeront...D'autant que le film ressemble beaucoup à une autre trilogie, de jeux vidéo cette fois : Mass Effect. En effet, si le jeu s'était sans doute inspiré de l'univers d'Ender pour une partie de son propre background, notamment pour la Guerre du premier contact ou l'histoire des Rachnis, on retrouve de nombreux éléments visuels et de mise en scène directement issus des trois jeux.

Bref, si le film dispose d'un casting de qualité (outre Ford et Butterfield, on retrouve Ben Kingsley, Viola Davis ou encore Abigail Breslin), d'effets spéciaux très réussis au service de quelques scènes de batailles très spectaculaires, et si l'on apprécie autre chose que l'éternel affrontement entre le courageux soldat humain et les méchants aliens, on reste néanmoins un peu sur notre faim avec La Stratégie Ender.

Note : 6,5/10