mardi 5 novembre 2013

Planes


Titre : Planes
Réalisateur : Klay Hall
Acteurs : Dane Cook, Priyanka Chopra, Julia Louis-Dreyfus
Date de sortie en France : 9 octobre 2013
Genre : animation, aventures

Synopsis : 
Chaque jour, alors qu’il pulvérise des traitements agricoles sur les récoltes, le petit avion de ferme Dusty se prend à rêver qu’il pourrait voler en compétition au milieu des avions les plus rapides au monde. Seulement voilà, il n’a pas vraiment le gabarit d’un champion, et en plus, il est sujet au vertige ! Comme il n’est pas du genre à renoncer, Dusty fait appel à Skipper, un as de l’aéronavale, pour l’aider à se qualifier lors des éliminatoires du Grand Rallye du Tour du Ciel et ainsi défier sur son terrain Ripslinger, le redoutable tenant du titre. Et c’est au-dessus du monde de CARS, avec l’aide d’une hilarante flottille de casse-cou volants venus des quatre coins de la planète, que Dusty va déployer ses ailes pour relever, sous les yeux des spectateurs du monde entier, le plus grand défi de sa vie...

Avis : 
  Spin-off de la franchise Cars de Pixar, Planes s'intéresse donc, comme son nom l'indique, aux avions survolant le monde de Flash McQueen. On retrouve donc logiquement le même design, avec ces véhicules vivants, mais aussi un thème similaire, celui d'un personnage rêvant de gagner une course prestigieuse. Seulement Dusty a deux handicaps de taille : il n'est qu'un avion d'épandage, et a le vertige. Pas l'idéal quand il s'agit de se confronter à des avions de course expérimentés et bien décidés à ne pas se laisser vaincre par le débutant.


Clairement destiné aux plus jeunes, Planes va donc recycler les thèmes classiques du courage, du dépassement de soi, avec des personnages que l'on connait parfaitement, du vieux professeur au rival sans foi ni loi en passant par les amis fidèles et les concurrents séduits par le coeur de l'outsider. Dans ce David contre Goliath aérien, on retrouve donc tous les passages obligés, des coups bas du favori, qui se révèle rapidement être une ordure prête à tout pour gagner, quitte à acheter les autres participants ou à mettre Dusty en danger.

Tout cela manque donc singulièrement d'originalité, mais également de rythme : les phases de course, qui occupent pratiquement tout le film, sont assez molles et linéaires, ponctuées de rares passages spectaculaires. Bref, Planes est un film d'animation très léger, et très loin des productions Pixar ou DreamWorks, comme Turbo, sorti une semaine plus tard et sur un thème très similaire, et qui s'avère bien plus réussi. 

Note : 3,5/10


 

lundi 4 novembre 2013

Northwest


Titre : Northwest (Nordvest)
Réalisateur : Michael Noer
Acteurs : Gustav Dyekjaer Giese, Oscar Dyekjaer Giese, Roland Mølle
Date de sortie en France : 9 octobre 2013
Genre : drame, thriller

Synopsis : 
 Nordvest est l’un des quartiers multiethniques les plus pauvres de Copenhague. Casper, jeune homme de 18 ans, y vit avec sa mère, son petit frère et sa petite sœur. Il s’acharne à joindre les deux bouts en vendant des biens volés à l’un des chefs des gangs du quartier. Quand le crime organisé arrive à Nordvest, la hiérarchie au sein du quartier change et Casper y voit une chance de monter en grade. Bientôt, il est projeté dans un monde de drogues, de violence et de prostitution entraînant son frère dans son sillage. Alors que les choses s’aggravent, l’aire de jeu de leur enfance devient un champ de bataille.

Avis : 
 Un thriller danois mettant en scène des petites frappes : le parallèle avec Pusher, de l'illustre Nicolas Winding Refn, est inévitable. D'ailleurs, Northwest ressemble à de nombreux égards à son aîné, avec cette réalisation austère, cette ambiance froide et cette histoire de jeune délinquant dépassé par le monde qui l'entoure. Casper n'est ainsi qu'un sous-fifre, le plus bas échelon de la hiérarchie, celui qui s'acquitte des tâches ingrates et n'est jamais récompensé autant qu'il aimerait l'être. Un vulgaire homme de main, comme Copenhague en compte des dizaines.


 Un jeune homme qui va donc être entraîné, par ses rêves de grandeur, dans une spirale de violence qui ira crescendo : des petits cambriolages à la drogue, jusqu'à des débordements de violence. Comme pour Pusher, l'histoire est assez classique. Mais en se concentrant sur l'unique point de vue de Casper, brillamment interprété par Gustav Dyekjaer Giese, Northwest fait mouche, montrant sa volonté d'évoluer dans la hiérarchie des truands, mais nous confrontant également à ses doutes et faiblesses, le poussant à entraîner son jeune frère avec lui.

Le film de Michael Noer semble ainsi suivre une trajectoire prédéfinie, faisant glisser ses personnages le long d'une progression inéluctable vers la violence. Et si l'on peine à s'attacher aux deux frères, certaines scènes très brutales viennent ponctuer le récit, achevant d'en faire une oeuvre glaciale bien que trop classique pour véritablement remporter une totale adhésion. Reste une oeuvre prometteuse, plus réussie à mon sens que le Pusher de Refn, qui donne envie de revoir le réalisateur et le duo d'acteurs dans le futur.

Note : 7,5/10



samedi 2 novembre 2013

Snowpiercer, le transperceneige


Titre : Snowpiercer, le transperceneige (Snowpiercer)
Réalisateur : Bong Joon-ho
Acteurs : Chris Evans, Song Kang-ho, Ed Harris
Date de sortie en France : 30 octobre 2013
Genre : science-fiction, anticipation

Synopsis : 
2031. Une nouvelle ère glaciaire. Les derniers survivants ont pris place à bord du Snowpiercer, un train gigantesque condamné à tourner autour de la Terre sans jamais s’arrêter. Dans ce microcosme futuriste de métal fendant la glace, s’est recréée une hiérarchie des classes contre laquelle une poignée d’hommes entraînés par l’un d’eux tente de lutter. Car l’être humain ne changera jamais…

Avis : 
Adapté de la bande-dessinée française créée par Jacques Lob et Jean-Marc Rochette, Le Transperceneige, Snowpiercer est le premier long-métrage en anglais de Bong Joon-ho, le réalisateur sud-coréen à qui l'on doit les excellents Memories of murder et The Host. L'occasion pour lui de goûter à une nouvelle façon de travailler, mais aussi de se frotter à la sinistre Weinstein Compagny qui, pour la diffusion américaine du film, a demandé au metteur en scène de raccourcir son film d'une vingtaine de minutes, pour que le spectateur américain de base comprenne bien tout ce qui se passe ! 

Snowpiercer nous installe donc dans cette arche sur rails, où survivent les derniers représentants de l'humanité, regroupés par classes : les plus aisés se retrouvent en tête de train, tandis que les pauvres sont relégués en queue, parqués les uns sur les autres dans un "wagonville" où ils ne se nourrissent que de protéines pures. Evidemment, une telle situation entraîne une volonté de révolte, mais jusqu'ici, aucune n'a jamais été bien loin. Mais, menés par Curtis (Chris Evans) et Namgoong Minsu (Song Kang-ho), les insurgés vont cette fois avancer de voiture en voiture, découvrant les microcosmes que chacun wagon constitue.

Du wagon aquarium au wagon école, en passant par les salles de luxe de la première classe (sauna, boîte de nuit), le groupe va ainsi progresser de niveau en niveau, dans une succession d'ambiances différentes qui vont permettre à Bong Joon-ho de faire parler tout son talent. Du wagon encombré et mal éclairé de la queue du train aux salles spacieuses de têtes, il va ainsi utiliser à merveille les décors, le temps d'un affrontement féroce dans un chaos presque illisible, le temps d'un ralenti aussi graphique que brutal où Chris Evans avance, à la manière d'une célèbre scène de 300, en éliminant ses ennemis dans des effusions de sang, le temps enfin de passages délicieusement cyniques, comme celui dans le wagon-école.


Le réalisateur coréen est fan de mangas, de comics et de bandes-dessinées, et cela se voit tant il travaille son visuel, construisant certaines séquences comme des planches de BD et livrant quelques passages d'une beauté à couper le souffle. Un visuel extraordinaire qui n'empêche pas le film de proposer un fond particulièrement intéressant, brassant de nombreux thèmes, comme l'écologie, la lutte des classes ou le fascisme.

Une intelligence qui permet à Snowpiercer, le transperceneige de s'élever au-dessus de la plupart des autres films de science-fiction de ses dernières années, et qui permet de pardonner les ficelles parfois trop visibles. Intelligent et spectaculaire, il confirme encore l'immense talent de Bong Joon-ho, tout comme celui de Song Kang-ho (Thirst, ceci est mon sang, The Host), et montre une nouvelle fois que Chris Evans (Captain America : first avenger, Scott Pilgrim) a décidément plus d'une corde à son arc...

Note : 8/10