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mardi 16 février 2016

Chair de poule - le film


Titre : Chair de poule – le film (Goosebumps)
Réalisateur : Rob Letterman
Acteurs : Jack Black, Dylan Minnette, Odeya Rush
Date de sortie en France : 10 février 2016
Genre : comédie, aventures, épouvante

Synopsis :
Zach Cooper vient d’emménager dans une petite ville, et il a bien du mal à se faire à sa nouvelle vie... jusqu’à ce qu’il rencontre sa très jolie voisine, Hannah, et se fasse un nouveau pote, Champ. Zach découvre rapidement que la famille d’Hannah est spéciale : l’énigmatique père de la jeune fille n’est autre que R.L. Stine, le célébrissime auteur des bestsellers horrifiques Chair de poule. Plus bizarre encore, les monstres que l’écrivain met en scène dans ses romans existent bel et bien. Stine les garde prisonniers à l’intérieur de ses manuscrits. Mais lorsque les créatures se retrouvent libérées par erreur, Zach, Hannah, Champ et Stine sont les seuls à pouvoir sauver la ville…

Avis :
Un logo vert dégoulinant, une couverture colorée, de jeunes adolescents confrontés à d'horribles situations : si vous avez grandi pendant les années 90, vous connaissez sans doute la collection Chair de poule, les livres horrifiques pour enfants écrits par R.L. Stine. Des dizaines de courts romans, évoquant les thèmes majeurs du fantastique dans des histoires ponctuées par de nombreux climax. Vingt ans après avoir initié son jeune lectorat aux joies des créatures les plus étranges, Chair de poule revient cette fois au cinéma, pour une gentille petite aventure horrifique.


Le film va ainsi adapter l'esprit des livres et de la série télévisée, en reprenant d'abord l'idée qui illustrait le générique de cette dernière : les monstres s'échappent directement des livres de R.L. Stine. Un point de départ qui va permettre de réunir les créatures imaginées par l'auteur, des plus classiques (le loup-garou, l'abominable homme des neiges, le blob) aux plus loufoques (les nains de jardin maléfiques, la mante gigantesque) en passant par le pantin maléfique ou les goules.

Pour affronter cette menace, R.L. Stine en personne, interprété par un Jack Black toujours aussi agité, et un trio de jeunes ados qui n'auraient pas fait tache dans la collection de livres. C'est d'ailleurs là tout l'intérêt - et toute la limite - du film : il s'agit d'une adaptation très fidèle de l'esprit Chair de poule, ce qui laissera immanquablement de côté le profane... et le public adulte. A vouloir se cantonner à la gentille petite aventure fantastique sans relief, Chair de poule se contente d'être un petit divertissement sympathique, mais qui sera rapidement oublié au profit d'autres oeuvres mettant le fantastique et les figures majeures de l'horreur à la portée des plus jeunes (on pensera notamment aux récents L'Etrange pouvoir de Norman ou Hôtel Transylvanie). 

Bref, au-delà de l'incomparable odeur de nostalgie qui s'échappe du film, le film de Rob Letterman offre finalement le minimum syndical dans la catégorie aventures fantastiques familiales destinées à un très jeune public. Pas de frisson donc, quelques notes d'humour, mais une jolie collection de monstres qui auraient peut-être mérité un meilleur traitement. Finalement, c'est exactement ce qu'on pouvait attendre de ce Chair de poule, même si on aurait aimé une anthologie (exercice toujours compliqué et rarement concluant) un peu plus inspirée...

Note : 5.5/10



mardi 21 janvier 2014

King Kong (2005)


Titre : King Kong
Réalisateur : Peter Jackson
Acteurs : Naomi Watts, Jack Black, Adrien Brody
Date de sortie en France : 15 décembre 2005
Genre : aventures, fantastique

Synopsis : 
New York, 1933. Ann Darrow est une artiste de music-hall dont la carrière a été brisée net par la Dépression. Se retrouvant sans emploi ni ressources, la jeune femme rencontre l'audacieux explorateur-réalisateur Carl Denham et se laisse entraîner par lui dans la plus périlleuse des aventures...
Ce dernier a dérobé à ses producteurs le négatif de son film inachevé. Il n'a que quelques heures pour trouver une nouvelle star et l'embarquer pour Singapour avec son scénariste, Jack Driscoll, et une équipe réduite. Objectif avoué : achever sous ces cieux lointains son génial film d'action.
Mais Denham nourrit en secret une autre ambition, bien plus folle : être le premier homme à explorer la mystérieuse Skull Island et à en ramener des images. Sur cette île de légende, Denham sait que "quelque chose" l'attend, qui changera à jamais le cours de sa vie...

Avis : 
On parle souvent de magie en évoquant le cinéma. Pourtant, peu de films peuvent se vanter de représenter autant ce caractère magique que King Kong, le film d'Ernest B. Schoedsack et Merian C. Cooper. Face à une oeuvre si marquante, dont les moments de bravoure font partie de l'Histoire du cinéma et restent gravés dans la mémoire du spectateur et, plus fort encore, de celui qui n'a pas forcément vu le film, l'idée même d'un remake semble saugrenue. John Guillermin s'y est cassé les dents en 1976. Et en 2005, c'est Peter Jackson, grand fan déclaré du film de 1933, qui va nous en livrer sa version. Le spectaculaire en plus, la magie en moins.


On connaît le goût du réalisateur néo-zélandais pour la démesure : elle ne sera jamais aussi flagrante - et épuisante - que dans son remake de King Kong. Car passée une première partie consacrée aux préparatifs du voyage puis à la traversée jusqu'à l'île, Jackson va s'en donner à coeur joie, dans une volonté d'en faire toujours plus que l'on remarque souvent chez les jeunes enfants : il joue ainsi avec ses figurines, leur faisant défier les lois de la pesanteur, les précipitant dans des gouffres sans fin, organisant des mêlées indescriptibles, cultivant l'art du sauvetage in extremis, et sachant difficilement s'arrêter. Dans une orgie d'effets numériques déjà datés pour beaucoup, il nous épuise et nous agace, banalisant le spectaculaire jusqu'à nous arracher des soupirs.

En fait, il ne va réussir qu'une seule chose : Kong. Le singe monstrueux n'a jamais eu un aspect aussi simiesque...ni un comportement aussi humain. Bénéficiant d'effets incroyables et du talent d'Andy Serkis, Kong est en fait le seul personnage convaincant, offrant une variété d'expressions qui ne font que renforcer le statisme de Naomi Watts, particulièrement mauvaise, Jack Black et Adrien Brody. On sent que le réalisateur a voulu offrir une place de choix au véritable héros du film, quitte à déséquilibrer totalement son oeuvre (les scènes sans Kong n'ont aucun intérêt) et à concentrer sur le singe la majeure partie du budget dédié aux effets spéciaux (en dehors de Kong, la plupart des effets sont vraiment moches...). On s'attache ainsi facilement à la créature, et on aimerait qu'elle écrase maladroitement Naomi Watts afin d'éviter d'être capturée.

Le King Kong de Peter Jackson remplace donc la magie de l'original par la démesure puérile et épuisante du réalisateur néo-zélandais. Les scènes d'action sont ainsi bien trop longues et finissent par être lassantes et/ou grotesques. Dommage, car le héros du film, Kong, est une des plus belles créations du cinéma. Mais il est bien seul dans ce film...

Note : 4/10