samedi 15 janvier 2022

Scream (2022)

 

Titre : Scream
Réalisateur : Matt Bettinelli-Olpin, Tyler Gillett
Acteurs : Neve Campbell, Courteney Cox, David Arquette
Date de sortie en France : 12 janvier 2022
Genre : horreur, slasher
 
Synopsis : 
Vingt-cinq ans après que la paisible ville de Woodsboro a été frappée par une série de meurtres violents, un nouveau tueur revêt le masque de Ghostface et prend pour cible un groupe d'adolescents. Il est déterminé à faire ressurgir les sombres secrets du passé. 
 
Avis : 
Ce n'est ni un remake, ni une séquelle, ni un reboot : c'est un "requel". Un film qui s'inscrit dans la continuité du film original, qui en reprend largement les ingrédients, en apporte de nouveaux. Comme un nouveau départ, mais d'une ligne différente. On pourra par exemple citer Jurassic World ou Mad Max : fury road. Un concept un peu bâtard, qui s'inscrit sans doute parfaitement dans le cadre "méta" (un autre concept à la mode en ce moment) lié à la saga Scream depuis le premier volet. 
 
 
Hélas, le film va totalement se noyer dans sa dimension méta. Là où Scream installait une espèce de connivence avec le spectateur, avec des clins d'oeil pas forcément très subtils mais bien placés et qui n'empiétaient pas sur le suspense, ce "requel" a la finesse du pote bourré qui fait une blague bien grasse et qui vérifie à coups de coudes dans les côtes si vous avez bien pigé. Cela donne un truc très cynique, une merde consciente d'être une merde et qui en fait son argument principal. Un Sharknado avec un masque de Ghostface, en quelque sorte. 
 
Résultat, pas de suspense, puisque les réponses sont données dès le début (surtout si on connaît la saga), peu d'intérêt, des personnages qui font regretter ceux de Scream 4, en dehors de la jeune soeur de la nouvelle héroïne et d'une Neve Campbell toujours aussi superbe, quelques passages ridicules (le meurtre de l'hôpital, certaines révélations grotesques, les visions) et un final interminable. Seules quelques séquences, dont l'introduction, se montreront vraiment réussies, dans un film qui tente vainement de donner le change en mettant le curseur "brutalité" un peu plus haut. Un cache-misère. 

Sans doute ne suis-je pas assez friand de cette mode "méta", qui semble trop souvent n'être qu'une excuse destinée à s'excuser de faire moins bien que le modèle (voir le récent Matrix Resurrection). Mais quand même, là où le procédé était utilisé judicieusement par Wes Craven, Scream 5 n'apporte rien, ni à la saga, ni au spectateur. Un film métastrophique...



 
 
 

jeudi 23 décembre 2021

Scream

 
Titre : Scream
Réalisateur : Wes Craven
Acteurs : Neve Campbell, Courteney Cox, David Arquette
Date de sortie en France : 16 juillet 1997
Genre : horreur, slasher

Synopsis : 
Casey Becker, une belle adolescente, est seule dans la maison familiale. Elle s'apprête à regarder un film d'horreur, mais le téléphone sonne. Au bout du fil, un serial killer la malmène, et la force à jouer à un jeu terrible : si elle répond mal à ses questions portant sur les films d'horreur, celui-ci tuera son copain...
 
Avis : 
Une sonnerie de téléphone. Une mauvaise réponse. Un hurlement dans la nuit. Et l'une des introductions les plus emblématiques du cinéma d'horreur. Lorsqu'il sort dans la seconde moitié des années 1990, Scream va venir redynamiser un genre alors agonisant : le slasher, popularisé par des sagas telles que Vendredi 13 ou Halloween, et peu à peu enterré par les suites et dérivés foireux. Le succès est immédiat, engendrera à son tour des suites moyennes et des copies aussi ratées qu'opportunistes, et marquera durablement le cinéma d'horreur. Mais, 25 ans plus tard, alors qu'un cinquième volet point le bout de son nez, que reste-t-il du film de Wes Craven ?

 
 Tout simplement un putain de bon film. Aussi ancré dans son époque (les personnages principaux sont incarnés par des acteurs surtout connus pour leurs rôles dans des sitcoms) que respectueux de son passé (Kevin Williamson va brillamment jouer avec les codes, les tourner en dérision, avec un vrai sens de l'à-propos), le film se savoure autant pour lui-même que pour cette espèce de connivence qui s'installe entre le spectateur et le réalisateur. Oui, on perçoit bien les clins d'oeil, on est parfaitement conscients des codes, on regarde même un slasher où le personnage regarde un slasher. 

Tout y est extrêmement maîtrisé, des références plus ou moins subtiles à Psychose (le nom d'un personnage, le fait de sacrifier très vite l'actrice la plus connue du casting), Halloween, Vendredi 13, Les Griffes de la nuit (notamment avec un caméo de Craven lui-même, ou une petite pique sur le reste de la saga), Le Bal de l'horreur, L'Exorciste ou encore Terreur sur la ligne au suspense qui fonctionne toujours aussi bien, même lorsque l'on connaît l'identité du tueur. Quitte à s'autoriser quelques libertés avec les raccords ou le plausible. L'équilibre est parfait, et ne sera d'ailleurs jamais approché de nouveau par la saga. 

Scream marque ainsi la renaissance du slasher movie, pour le meilleur et surtout pour le pire. Et de Wes Craven. Il va également redynamiser l'ensemble du cinéma d'horreur, et faire naître deux icônes : Ghostface, qui s'est rapidement élevé au rang des boogeymen les plus reconnaissables du genre, et Sidney Prescott, interprétée par Neve Campbell qui va côtoyer les Jamie Lee Curtis chez les scream-queens et Sigourney Weaver chez les femmes fortes. Un classique, tout simplement. 



dimanche 19 décembre 2021

M.A.L. : Mutant Aquatique en Liberté

 

Titre : M.A.L. : Mutant Aquatique en Liberté (DeepStar Six)
Réalisateur : Sean S. Cunningham
Acteurs : Greg Evigan, Nancy Everhard, Miguel Ferrer
Date de sortie en France : 31 mai 1989
Genre : horreur, science-fiction

Synopsis : 
L'équipage d'une plate-forme nucléaire aquatique expérimentale est menacé par une créature sous-marine inconnue. 
 
Avis : 
Malgré sa réputation de série B très moyenne, voire de nanar, je dois bien avouer que ce Mutant Aquatique en Liberté (les mystères insondables de certains titres VF...) m'a toujours intrigué, mais je n'avais jamais eu l'occasion de le voir. C'est enfin chose faite, et je dois avouer avoir été très agréablement surpris de me retrouver devant un film très sympathique malgré ses nombreux défauts. 


Réalisé par Sean S. Cunningham (Vendredi 13), M.A.L. nous propose de plonger dans les abysses quelques mois avant Abyss ou Leviathan, et nous offre une déclinaison évidente de Alien, le huitième passager, avec son huis-clos perturbé par une menace extérieure. Une menace qui se contentera longtemps d'agir hors-champ, attaquant les sous-marins et occasionnant de nombreux dommages à la base sous-marine, donnant à ce DeepStar Six de longues séquences plus proches du film catastrophe que du film d'épouvante. 

Mais on ne s'ennuie pas, malgré des péripéties assez banales, sans doute parce qu'on s'attache assez à ces personnages pourtant très archétypaux. On appréciera d'ailleurs la présence du regretté Miguel Ferrer (Twin Peaks, RoboCop, La Nurse) dans un rôle finalement assez crédible, qui éclipse assez facilement le reste du casting. Mention spéciale également aux effets spéciaux qui, s'ils ont immanquablement vieilli, gardent un certain charme et une certaine efficacité, notamment en ce qui concerne la créature, qu'il est presque dommage de ne pas voir davantage tant elle est réussie. 

Bref, une petite série B sympathique et sans prétention, qui ne prétend clairement pas révolutionner le genre, et qu'on pourra revoir sans déplaisir !