samedi 4 novembre 2017

The Poughkeepsie tapes


Titre : The Poughkeepsie tapes
Réalisateur : John Erick Dowdle
Acteurs : Stacy Chbosky, Ben Messmer, Samantha Robson
Date de sortie en France : -
Genre : horreur

Synopsis : 
Des centaines de vidéos sont découvertes dans une maison abandonnée. En les visionnant, on s'apperçoit qu'il s'agit des preuves laissés par un serial killer ayant filmé tous ses crimes, du simple meurtre à la pire des séances de torture... 
Avis : 
Attention, film choc ! Sorti en festival en 2007 et accompagné d'une réputation sulfureuse, The Poughkeepsie tapes se présente sous la forme d'un faux documentaire décrivant les crimes d'un insaisissable tueur en série. Témoignages de proches des victimes, des enquêteurs, de profilers du FBI et images d'archives filmées par le tueur : tout est mis en oeuvre pour que l'on y croit... et il faut bien dire que ça marche étonnamment bien.

Car si les images tournées par le psychopathe sont souvent violentes et malsaines, c'est le réalisme de l'ensemble qui fait la force du film et laisse régulièrement un goût particulier en bouche. Si on pourra reprocher la qualité des films retrouvés (difficile de croire que ces cassettes, bien conservées, soient toutes d'aussi mauvaise qualité), les acteurs, les explications des personnages, l'intervention fictive de témoins connus, la qualité des maquillages, tout participe au sentiment de véritable documentaire.

Le film évite d'ailleurs de tomber dans la facilité du gore, préférant bien souvent le hors-champs, ce qui le rend finalement plus glauque que si on avait assisté à une boucherie à la Guinea Pig. Mieux encore, The Poughkeepsie tapes prend le temps de développer une certaine psychologie chez le tueur, insistant sur son talent pour ne pas se faire repérer ainsi que sur sa folie et son apparente spontanéité dans le choix de ses victimes. On va également suivre l'étrange rapport qu'il va entretenir avec l'une de ses victimes, relations que l'on aurait même aimé voir encore approfondie.

S'il ne sera pas à mettre entre toutes les mains, The Poughkeepsie tapes est sans doute l'une des meilleurs tentatives de faux documentaire horrifique. Très intéressant, souvent glauque, bénéficiant d'une histoire crédible et d'acteurs convaincants, le film mériterait clairement davantage d'exposition, même si son côté "extrême" le cantonne certainement à rester relativement confidentiel.

Note : 8/10


mercredi 18 octobre 2017

Que Dios nos perdone


Titre : Que Dios nos perdone
Réalisateur : Rodrigo Sorogoyen
Acteurs : Antonio de la Torre, Roberto Alamo, Javier Pereira
Date de sortie en France : 9 août 2017
Genre : policier

Synopsis : 
 Madrid, été 2011. La ville, plongée en pleine crise économique, est confrontée à l’émergence du mouvement des « indignés » et à la visite imminente du Pape Benoît XVI. C’est dans ce contexte hyper-tendu que l'improbable binôme que forment Alfaro et Velarde se retrouve en charge de l'enquête sur un serial-killer d’un genre bien particulier. Les deux inspecteurs, sous pression, sont de surcroît contraints d’agir dans la plus grande discrétion…

Avis : 
Après l'excellent La Isla minima, le cinéma espagnol nous propose un nouveau thriller policier sur fond de politique. La campagne d'une Espagne post-franquiste des années 80 d'un côté, la capitale madrilène au beau milieu de la crise économique de l'autre, pour deux enquêtes mettant en scène un duo que tout semble opposer, grand classique du genre.



Classique, mais pourtant extrêmement efficace. La chaleur madrilène, les meurtres particulièrement glauques (des femmes âgées violées, torturées et tuées), la personnalité des deux enquêteurs... tout participe à faire de ce Que Dios nos perdone un film à l'ambiance pesante, qui nous enfonce dans une noirceur de plus en plus prégnante. Même les rares éléments qui semblaient apporter un peu d'oxygène finissent par voler en éclat, comme la personnalité de Velarde(l'excellent Antonio de la Torre, vu notamment dans Balada Triste ou... La Isla minima), que l'on pense bien plus équilibré que son collègue, mais se qui se révèle presque pire.

On appréciera également le fait que le film laisse quelques zones d'ombre, comme les motivations profondes du tueur ou certaines mésaventures arrivant au duo de policiers en dehors de ce qu'on voit à l'écran. Et surtout, le film n'hésite pas à nous prendre totalement au dépourvu, notamment dans son final. Seul petit bémol, le sentiment que certains événements sont trop précipités, comme tombant du ciel, ce qui nuit un peu au réalisme d'une enquête pourtant passionnante.

Que Dios nos perdone est donc une nouvelle réussite pour le cinéma policier espagnol. Intelligent et glauque, bénéficiant d'un duo d'acteurs principaux impeccables, il restera sans doute comme l'un des films marquants de cette année 2017.

Note : 8/10


mardi 17 octobre 2017

Le Secret de la chambre noire


Titre : Le Secret de la chambre noire
Réalisateur : Kiyoshi Kurosawa
Acteurs : Tahar Rahim, Constance Rousseau, Olivier Gourmet
Date de sortie en France : 8 mars 2017
Genre : fantastique

Synopsis : 

Stéphane, ancien photographe de mode, vit seul avec sa fille qu'il retient auprès de lui dans leur propriété de banlieue. Chaque jour, elle devient son modèle pour de longues séances de pose devant l'objectif, toujours plus éprouvantes. Quand Jean, un nouvel assistant novice, pénètre dans cet univers obscur et dangereux, il réalise peu à peu qu'il va devoir sauver Marie de cette emprise toxique.
Avis : 
 Pour son premier film en dehors de son pays d'origine, Kiyoshi Kurosawa va, tout comme Asghar Farhadi pour Le Passé, choisir la France et Tahar Rahim. Avec Le Secret de la chambre noire, il reste sur son genre de prédilection, le film fantastique mélancolique, en installant l'étrangeté dans un cadre qui n'y semblait pourtant pas propice.


 On retrouve ainsi le rythme si particulier du réalisateur, qui prend comme souvent son temps pour créer une atmosphère étrange, oscillant constamment entre rêve et réalité, à l'image des fameux daguerréotypes qui sont au centre du film, qui rappelle régulièrement l'une des perles du cinéma fantastique, et une oeuvre parfois citée par Kiyoshi Kurosawa comme un des sommets de la terreur : Les Innocents, de Jack Clayton. Une porte qui bouge légèrement, des rideaux qui flottent, on a constamment l'impression, subtile, d'une présence invisible derrière les personnages.

 Et si on devine assez rapidement comment le film va se terminer, l'évolution de l'histoire reste passionnante, grâce aussi à l'interprétation de Olivier Gourmet (L'Affaire SK1, Chocolat) et de Constance Rousseau, impeccables dans leurs rôles. On aura en revanche plus de réserves sur Tahar Rahim, qui semble un peu paumé dans un rôle un peu stéréotypé, amoindrissant nettement l'impact dramatique de certaines séquences.

Mélancolique et fantastique, Le Secret de la chambre noire est une nouvelle réussite pour Kiyoshi Kurosawa, qui développe ses thèmes de prédilection dans un cadre nouveau pour lui. Un drame élégant dans lequel seul Tahar Rahim semble, un nouvelle fois, un peu perdu, dans un rôle sans doute trop lisse...

Note : 8.5/10