mardi 21 juillet 2015

Ant-Man


Titre : Ant-Man
Réalisateur : Peyton Reed
Acteurs : Paul Rudd, Michael Douglas, Evangeline Lilly
Date de sortie en France : 14 juillet 2015
Genre : action, super-héros

Synopsis :
Scott Lang, cambrioleur de haut vol, va devoir apprendre à se comporter en héros et aider son mentor, le Dr Hank Pym, à protéger le secret de son spectaculaire costume d’Ant-Man, afin d’affronter une effroyable menace…

Avis :
Pour terminer la seconde vague de films inspirés de l'univers des Avengers, Marvel a choisi de mettre en avant un héros moins connu que les Iron Man ou Captain American : Ant-Man, l'homme-fourmi. Un choix étonnant, et d'autant plus audacieux que le projet a longtemps été confié à Edgar Wright, le réalisateur, entre autres, des excellents Shaun of the dead et Scott Pilgrim. Hélas, à la suite de divergences artistiques (le projet de Wright s'éloignant apparemment trop de l'univers des 11 films précédents), le britannique laisse la réalisation à Peyton Reed, tout en restant crédité au scénario. Dès lors, on pouvait presque craindre le pire : ce ne sera finalement pas le cas, et Ant-Man constitue même, à mes yeux, le film le plus réussi de la saga Avengers au cinéma, davantage même que le premier Iron Man ou que Captain America : le soldat de l'hiver.


Avec Ant-Man, on revient enfin à un héros plus humain, aux motivations plus classiques : plus question de sauver le monde d'une invasion extraterrestre quadridimensionnelle à la recherche d'un énième objet surpuissant : Scott Lang est un cambrioleur souhaitant continuer à voir sa fille malgré son divorce, et Hank Pym souhaite que son invention ne soit pas utilisée à des fins militaires. Une toile de fond plus réaliste qui va convenir à merveille à son héros et à ses caractéristiques.

Grâce à son costume, Ant-Man est donc capable de rapetisser, avec les avantages et les inconvénients que cela entraîne. Bien sûr, le héros, digne hériter de L'Homme qui rétrécit ou de Chérie, j'ai rétréci les gosses ! peut se faufiler presque n'importe où, mais il peut aussi service de petit-déjeuner à une souris, périr noyé dans une baignoire ou risquer sa vie en traversant une piste de danse. Le film va utiliser à la perfection ces situations, entraînant le pauvre Scott Lang dans des péripéties aussi spectaculaires que drôles

La découverte du costume, son entraînement auprès du docteur Pym, ses premières rencontres avec les fourmis donnent ainsi lieu à des passages très réussis, où le film joue parfaitement sur l'aspect ridicule de certaines situations et s'amuse constamment des perspectives visuelles et des lois de la physique. Les scènes d'action sont à ce titre une autre réussite, le mélange entre humour et spectaculaire faisant des merveilles.


La principale qualité de ce Ant-Man est finalement d'être pleinement conscient des aspects saugrenus de son héros, et d'en assumer pleinement et joyeusement les conséquences, passant même tout près de la meilleure mort de super-vilain de tous les temps. Cela donne un film aussi drôle que spectaculaire, qui fourmille d'idée (puisque tout le monde la fait, moi aussi !) et dont les éléments humoristiques font mouche à chaque fois (même remarque qu'au-dessus). 

Note : 9/10


dimanche 19 juillet 2015

Kingsman : services secrets


Titre : Kingsman : services secrets (Kingsman: the secret service)
Réalisateur : Matthew Vaughn
Acteurs : Colin Firth, Samuel L. Jackson, Taron Egerton
Date de sortie en France : 18 février 2015
Genre : comédie, espionnage

Synopsis : 
KINGSMAN, l’élite du renseignement britannique en costumes trois pièces, est à la recherche de sang neuf. Pour recruter leur nouvel agent secret, elle doit faire subir un entrainement de haut vol à de jeunes privilégiés aspirant au job rêvé. L’un d’eux semble être le candidat « imparfaitement idéal » : un jeune homme impertinent de la banlieue londonienne nommé Eggsy. Ces super-espions parviendront-ils à contrer la terrible menace que fait peser sur le monde l’esprit torturé du criminel Richmond Valentine, génie de la technologie ?

Avis : 
Après Kick Ass, Matthew Vaughn adapte un nouveau comic book de Mark Millar : The Secret service. Entre hommage et pastiche du film d'espionnage à l'anglaise, Kingsman va se révéler comme l'un des films les plus déjantés de 2015, avec un humour ravageur et des scènes d'action complètement folles.


Si on pense par moments à Men in black, avec cette relation entre le mentor flegmatique et son jeune élève turbulent qui découvre un nouveau monde, avec ses codes, ses gadgets, ses armes, Kingsman va surtout s'acharner à détourner les codes des James Bond et compagnie jusque dans les ennemis qu'auront à affronter les héros. On rit ainsi très souvent devant ces passages parodiques, mais aussi devant cette irrévérence qui renvoie Austin Powers dans les bacs à sable (notamment lors d'une série d'explosions hilarante).

A côté de cet humour, on trouve également quelques scènes d'action parfaitement jouissives, dans la lignée des passages mettant en scène Hit Girl dans Kick Ass. Les scènes de combat de Colin Firth, ou cet hallucinant passage dans l'église risquent ainsi de rester longtemps dans les mémoires. Enfin, on notera un casting impressionnant, d'un Samuel L. Jackson formidable en grand méchant exubérant, Colin Firth impeccable en espion so british, et Michael Caine est comme toujours parfait.

Kingsman : services secrets est donc une excellente surprise, d'autant que je ne savais même pas avant de le voir que le film était réalisé par Matthew Vaughn (ça se remarque cependant assez vite, avec quelques plans, quelques figures et même quelques éléments de décor rappelant Kick Ass). Un film complètement fou, qui enchaîne les scènes cultes et les passages vraiment drôles pour notre plus grand bonheur.

Note : 9/10


mardi 14 juillet 2015

Masaan


Titre : Masaan
Réalisateur : Neeraj Ghaywan
Acteurs : Richa Chadda, Vicky Kaushal, Sanjay Mishra
Date de sortie en France : 24 juin 2015
Genre :  drame

Synopsis : 
Bénarès, la cité sainte au bord du Gange, punit cruellement ceux qui jouent avec les traditions morales. Deepak, un jeune homme issu des quartiers pauvres, tombe éperdument amoureux d'une jeune fille qui n’est pas de la même caste que lui. Devi, une étudiante à la dérive, vit torturée par un sentiment de culpabilité suite à la disparition de son premier amant. Pathak, père de Devi, victime de la corruption policière, perd son sens moral pour de l’argent, et Jhonta, un jeune garçon, cherche une famille. Des personnages en quête d'un avenir meilleur, écartelés entre le tourbillon de la modernité et la fidélité aux traditions, dont les parcours vont bientôt se croiser...

Avis : 
Avec Masaan, Neeraj Ghaywan nous propose de suivre trois histoires plus ou moins imbriquées entre elles, trois drames illustrant les injustices et inégalités en Inde : place de la femme, police corrompue et relations inter-castes impossibles sont au programme... comme d'habitude lorsqu'on est en présence d'une oeuvre indienne finalement...


Car on a évidemment l'impression d'avoir déjà vu tout cela, et la volonté de rassembler trois histoires renforce encore ce sentiment en ne développant correctement aucune d'elle, jouant au contraire au maximum sur de grosses ficelles pour faire avancer les différents récits (la conclusion de l'histoire entre Deepak et l'élue de son coeur est franchement ridicule...) et s'appuyant sur des raccourcis scénaristiques grossiers pour relier l'ensemble (notamment la façon dont l'histoire de Deepak va se répercuter sur celle de Pathak).

Tout ceci est d'autant plus regrettable que, bien que classiques, les trois histoires démarraient plutôt bien, grâce notamment à des personnages attachants. Mais ce triple drame social indien finit rapidement par tourner en rond et être rattrapé par la banalité de ses thèmes, et le film n'étonne jamais. Masaan perd donc très vite tout son potentiel immersif et émouvant, et ne donne pas l'occasion d'être scandalisé par les éléments qu'il entend pourtant dénoncer...

Cela donne une oeuvre loin d'être mauvaise, mais qui ne souffle ni le chaud ni le froid et se contente malheureusement de rester en surface, sacrifiant chacune des trois histoires qui auraient peut-être mérité chacune un long métrage davantage développé et travaillé...

Note : 5/10