mercredi 1 juillet 2015
Unfriended
Titre : Unfriended
Réalisateur : Levan Gabriadze
Acteurs : Shelley Hennig, Moses Jacob Storm, Renee Olstead
Date de sortie en France : 24 juin 2015
Genre : épouvante
Synopsis :
Une jeune lycéenne se suicide après qu'une vidéo compromettante sur elle ait été publiée sur Internet. Un an plus tard, six de ses amis se connectent, un soir, sur skype, pour "tchater" entre eux. Mais une septième personne, inconnue des autres, se connecte également. Cet intrus se montre très vite sous un visage inquiétant et menace les six amis de tuer le premier qui se déconnectera. Peu à peu, les événements tragiques qui ont marqué la bande, un an plus tôt, refont surface et se montrent sous un nouveau jour.
Avis :
A la fin d'Unfriended, je dois bien l'avouer : j'ai versé ma petite larme. En effet, j'ai eu l'impression d'avoir vécu quelque chose d'historique, un événement que je pourrai raconter aux enfants de mes enfants : après des années à voir le cinéma d'horreur et d'épouvante creuser, après avoir supporté du Paranormal activity, du The Baby, du Ouija ou du Possédée, j'ai enfin pu assister au moment précis où on a touché le fond. Oui, j'ai vu Unfriended au cinéma, et contrairement à beaucoup d'autres spectateurs de ma séance, je suis resté jusqu'au bout.
L'histoire s'inspire des faits divers dont on entend régulièrement parler depuis l'avènement des réseaux sociaux, en prenant comme base le suicide d'une adolescente harcelée sur Facebook et compagnie. Enfin, on aura du mal à la plaindre : c'est en fait l'histoire d'une fille qui, un soir, se bourre tellement la gueule qu'elle finit par se faire caca dessus, et évidemment, quelqu'un la filme et fout la vidéo sur youtube. Non, je n'invente même pas. Je ne peux pas être le seul à penser qu'elle a bien mérité qu'on se foute de sa gueule... Et donc, elle se suicide, et reviendra se venger par là où tout a commencé : par internet (non, pas par le caca).
Tout ça n'est donc qu'un prétexte pour imaginer une histoire de vengeance monstrueusement banale, avec un esprit qui va éliminer chacun de ses tortionnaires en s'efforçant de dévoiler la vérité sur leur rôle respectif, ainsi que leurs petits secrets. Problème : on s'en double-contrebat les couilles. Pas aidés par une direction inexistante, les acteurs interprètent les adolescents les moins sympathiques du monde, et on ne s'intéresse à aucun moment à eux, à ce qu'ils ont pu faire à Laura machin, ou à ce qui va fatalement leur arriver. En résumé, on est tout simplement devant les lycéens typiques de ce genre de film, qui consomment plus d'alcool, de drogue et d'amants que de dictionnaires. Mais peut-être est-ce là également le public ciblé par le film.
Non, la vraie "originalité" du film (enfin, "originalité", c'est juste le prolongement des found-footages qu'on bouffe par douzaines depuis plusieurs années, et l'idée de s'amuser avec les fonctionnalités d'un ordinateur a déjà été utilisée par des films comme Echap ou Open windows), c'est que pendant 1h20, nous ne verrons que l'écran d'ordinateur de l'un des personnages. Une idée franchement conne, mais qui a le mérite d'être exploitée jusqu'au bout : le film se déroule ainsi en temps réel, et on n'échappera pas à certains bugs et ralentissements inhérents au support. Mais là encore, il y a un sérieux problème : ça intéresse qui, franchement, de voir ce que fout une adolescente idiote sur son ordinateur qu'elle sait à peine utiliser pendant 1h20 ? Un conseil d'ailleurs : entre les multiples sons (vous savez sans doute à quel point une sonnerie skype ou les alertes facebook sont irritantes : vous en saignerez des tympans au bout de 10 minutes) et la réalisation qui vous filera la nausée, dévalisez une pharmacie avant de voir le film.
Nous suivrons donc les conversations sur skype de Blaire (non, la France n'a pas le monopole des prénoms pourris, merci !), ses discussions en abrégé, ses recherches qui n'intéressent qu'elle. Bref, le vide sidéral, à peine rempli par les interventions de camarades aussi creux qu'elle, et par les manifestations de plus en plus agressives d'un interlocuteur "inconnu" prenant l'identité de l'amie qui s'est suicidée après son accident de transit. A partir de là, tout va se dérouler exactement comme vous pouvez l'imaginer, l'entité (par ailleurs l'unique personnage à s'exprimer correctement) s'amusant avec ses victimes avant de les tuer.
Insupportable, Unfriended est l'une de mes pires expériences cinématographiques de ces dix dernières années. Une oeuvre si insipide que je vous encouragerais presque à le voir vous-même pour bien saisir l'ampleur de cette célébration du vide et de la bêtise ; un film qui vous fera saigner des yeux, des oreilles et du cerveau, et dont la nullité abyssale sera difficile à surpasser. Mais on sait déjà que certains vont essayer...
Note : 0/10
lundi 29 juin 2015
2012
Titre : 2012
Réalisateur : Roland Emmerich
Acteurs : John Cusack, Chiwetel Ejiofor, Amanda Peet
Date de sortie en France : 11 novembre 2009
Genre : catastrophe
Synopsis :
Les Mayas, l'une des plus fascinantes civilisations que la Terre ait portées, nous ont transmis une prophétie : leur calendrier prend fin en 2012, et notre monde aussi. Depuis, les astrologues l'ont confirmé, les numérologues l'ont prédit, les géophysiciens trouvent cela dangereusement plausible, et même les experts scientifiques gouvernementaux finissent par arriver à cette terrifiante conclusion. La prophétie maya a été examinée, discutée, minutieusement analysée. En 2012, nous saurons tous si elle est vraie, mais quelques-uns auront été prévenus depuis longtemps... Lorsque les plaques tectoniques se mettent à glisser, provoquant de multiples séismes et détruisant Los Angeles au passage, Jackson Curtis, romancier, et sa famille se jettent à corps perdu, comme des millions d'individus, dans un voyage désespéré. Tous ne pourront pas être sauvés...
Avis :
Avec la sortie il y a quelques semaines au cinéma de San Andreas, revenons sur le maître-étalon du genre très spécifique du film catastrophe over-apocalyptique-de la mort : 2012, de Roland Emmerich, qu'on imaginait difficilement à l'époque être surpassé en terme d'exagération et de puritanisme. Profitant du thème alors très à la mode de la fin du monde prétendument imaginée par les Mayas, le réalisateur d'origine allemande va nous offrir ce qu'il sait faire de mieux : de la destruction à grande échelle pendant plus de deux heures.
Très, très con, 2012 est heureusement très spectaculaire : séismes et glissements de terrain géants, explosion du supervolcan de Yellowstone, tsunamis gigantesques... On assiste à une sorte de best-of du film catastrophe, vraiment impressionnant sur un écran de ciné et surtout bien plus réussie que Le Jour d'après du même réalisateur. Le problème, c'est qu'il y a un scénario, et que Emmerich va attacher trop d'importance à des personnages trop nombreux (la famille américaine décomposé mais destinée à être réunie, les russes mafieux, l'adepte de la théorie du complot, le président courageux, le chien...). Si vous connaissez un minimum Emmerich, la description des personnages ci-dessus doit vous donner une idée assez précise de qui va survivre et qui va mourir.
On notera, dans le même ordre d'idées, un symbolisme assez primaire. Comme moi, vous rirez peut-être en voyant le USS. John F. Kennedy dégommer la Maison Blanche, le plafond de la Chapelle Sixtine se fissurer au beau milieu de La Création d'Adam, la statue du Christ Rédempteur s'écrouler à Rio, ou le dernier espoir des survivants se situer au Cap de...Bonne Esperance. Oui, Dieu nous a abandonnés, et les pélerins priant sur la Place Saint-Pierre ne seront pas épargnés. Heureusement, si Dieu nous renie, le salut viendra, comme dans "Le Jour d'après", du Tiers Monde, avec cette phrase lourde de sens accompagnant l'élévation tellurique du continent africain: "c'est toute l'Afrique qui s'est soulevée". Enfin, doit-on s'étonner de voir le héros, incarné par John Cusack, frôler la mort d'encore plus près et encore plus souvent que Tom Cruise dans La Guerre des Mondes ? Le problème, c'est que c'est très répétitif, et que Emmerich réussit à nous caser trois fois la même "poursuite" en avion (là encore, on pense à Independence Day), et deux fois la même poursuite en voiture (façon Twister cette fois). Elles n'en restent pas moins efficaces, et voir la voiture zigzaguer entre les roches expulsées par le volcan reste spécialement jouissif.
2012 est un film très spectaculaire, comportant son lot de séquences dantesques, mais également son lot de stéréotypes, d'héroïsme, de mise en avant de la figure paternelle américaine et d'incohérences. Du pur cinéma de divertissement, tout en spectacle et sans cervelle.
Note : 4/10
vendredi 26 juin 2015
A la poursuite de demain
Titre : A la poursuite de demain (Tomorrowland)
Réalisateur : Brad Bird
Acteurs : George Clooney, Hugh Laurie, Britt Robertson
Date de sortie en France : 20 mai 2015
Genre : science-fiction
Synopsis :
Casey, une adolescente brillante et optimiste, douée d’une grande curiosité scientifique et Frank, un homme qui fut autrefois un jeune inventeur de génie avant de perdre ses illusions, s’embarquent pour une périlleuse mission. Leur but : découvrir les secrets d’un lieu mystérieux du nom de Tomorrowland, un endroit situé quelque part dans le temps et l’espace, qui ne semble exister que dans leur mémoire commune... Ce qu’ils y feront changera à jamais la face du monde… et leur propre destin !
Avis :
On a parfois l'impression que Disney se fout un peu de ses productions, les lançant sans grande conviction, et avec une campagne promotionnelle très limitée. Ainsi, on avait très peu entendu parler de ce Tomorrowland, pourtant réalisé par l'excellent Brad Bird (Les Indestructibles, Ratatouille, Mission : impossible : protocole fantôme), avec George Clooney (Gravity, Monuments men...). Un traitement qui appelle un peu celui réservé à John Carter ou à Lone Ranger : c'est sûr que quand on produit des monstres de rentabilité comme les Avengers ou les futurs Star Wars, on n'a pas sans doute pas besoin de s'emmerder à mettre en avant les autres productions. Dommage.
Dommage oui, car A la poursuite de demain méritait une bien meilleure exposition. A l'image des précédents films de Brad Bird, il est en effet d'une incroyable générosité, brassant avec intelligence et humour des thèmes d'actualité, le tout avec un magnifique univers visuel lors des passages à Tomorrowland ou lors de passages très réussis, comme l'affrontement dans la boutique de produits dérivés ou le siège de la maison où se terre George Clooney.
Les relations entre les personnages sont également très réussies, avec des échanges vifs et jubilatoires entre Clooney, Robertson et Raffey Cassidy, ancant encore davantage le film dans le divertissement familial qui semble issu des meilleures oeuvres que le genre avait à offrir dans les années 80. Brad Bird renoue ainsi avec une science-fiction intelligente et généreuse, faussement naïve, et réimplante une certaine magie (le film cite d'ailleurs ouvertement Jules Verne, George Méliès ou Nikola Tesla) que le film d'aventures semble avoir perdu ces dernières années, à l'exception de quelques films comme Hugo Cabret.
Passée une première partie un peu longue, A la poursuite de demain se révèle être un film d'aventures et de science-fiction enthousiasmant et intelligent comme on n'en fait plus assez, et une passerelle étonnante entre l'univers Disney et celui de Brad Bird. On ne regrettera en fait que quelques touches de manichéisme un peu malvenues (pourquoi faire de Hugh Laurie un méchant ?), mais ne boudons pas notre plaisir devant cette oeuvre riche, drôle et touchante que l'on adorera sans doute revoir en famille.
Note : 8/10
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