jeudi 18 juin 2015

Un français


Titre : Un français
Réalisateur : Diastème
Acteurs : Alban Lenoir, Samuel Jouy, Paul Hamy
Date de sortie en France : 10 juin 205
Genre : drame

Synopsis : 
Avec ses copains, Braguette, Grand-Guy, Marvin, Marco cogne les Arabes et colle les affiches de l'extrême droite. Jusqu'au moment où il sent que, malgré lui, toute cette haine l'abandonne. Mais comment se débarrasser de la violence, de la colère, de la bêtise qu'on a en soi ? C'est le parcours d'un salaud qui va tenter de devenir quelqu'un de bien.

Avis : 
Si vous avez vu American History X, vous pouvez passer tout de suite votre chemin : Un français n'en est qu'une pale imitation, une oeuvre sans finesse se contentant d'aligner les plus gros clichés possibles dans une tentative aussi ridicule que vaine de "lutter" contre le FN. Dommage, parce que le thème, assez rare, des skinheads, se prêtait sans doute à une oeuvre bien plus forte, d'autant qu'elle est portée par quelques excellents acteurs, Alban Lenoir (Les Gamins, Goal of the dead) en tête.


On retiendra néanmoins une première partie très forte : si l'on regrettera le côté forcément très caricatural du groupe, la violence et surtout la bêtise crasse de leurs actes impressionnent. La suite aura beaucoup plus de mal à convaincre : à force d'ellipses, Diastème ne parvient pas à nous faire comprendre l'évolution de son personnage, qui passe pratiquement d'une scène à l'autre du garde du corps dans un meeting bien raciste à la célébration de la victoire de l'équipe de France "black blanc beur" en 1998.

Dès lors, ni les confrontations avec ses anciens camarades (toujours racistes, toujours profondément idiots), ni même l'échec de son mariage avec une frontiste (on ne sait pas trop pourquoi il est resté avec elle) ne nous concernent. Aucune piste n'est vraiment creusée, et chaque bond dans le temps nous laisse un peu circonspect et nous empêche d'appréhender pleinement un changement fort, réduisant les thématiques du film à un puzzle dont on devra nous-mêmes combler les trous.

Malgré un excellent casting et une très bonne première partie, Un français ne parvient donc pas à convaincre, se bornant aux raccourcis qui n'ont finalement fait que renforcer le FN ces dernières années et s'avouant vaincu avant même d'essayer de développer son personnage. Un coup d'épée dans l'eau, qui ne fera sans doute rien avancer...

Note : 5/10


mardi 16 juin 2015

Battle royale


Titre : Battle royale (Batoru rowaiaru)
Réalisateur : Kinji Fukasaku
Acteurs : Takeshi Kitano, Tatsuya Fujiwara, Aki Maeda
Date de sortie en France : 21 novembre 2001
Genre : action, drame

Synopsis : 
Dans un avenir proche, les élèves de la classe B de 3ème du collège Shiroiwa ont été amenés sur une île déserte par une armée mystérieuse. Un adulte surgit tout à coup devant eux : leur ancien professeur Kitano. Il leur annonce qu'ils vont participer à un jeu de massacre dont la règle consiste à s'entretuer. Seul le dernier des survivants pourra regagner son foyer...

Avis : 
L'aura qui entoure certains films est parfois étonnante : prenez Battle royale de Kinji Fukasaku. Elevée au rang de film culte, cette adaptation du roman - déjà pas terrible - de Koshun Takami semble profiter d'une formidable idée de départ pour dissimuler une réalité pourtant bien moins flatteuse : c'est un film très moyen, plombé par de multiples défauts et uniquement sauvé de la nullité totale par certaines idées réjouissantes.


Un peu comme si un enfant avait décidé d'adapter Sa Majesté des mouches en retirant tout élément subversif, Battle royale se contente de quelques pointes de cynisme (la vidéo de présentation du jeu) avant d'étaler toute sa niaiserie, toutes ses limites narratives, allant jusqu'à offrir un happy end grotesque (si seulement le film se terminait quelques minutes plus tôt) à une oeuvre constamment handicapée par l'interprétation de ses jeunes acteurs, apparemment obligés d'en faire des tonnes au moment de mourir, généralement après avoir confessé leur amour.

L'abondance de personnages nuit également au film, la plupart n'étant que des esquisses de caricatures, quand ils ne se limitent pas à une apparition de quelques secondes afin de nous informer de leur décès. Les personnages principaux ne sont guère plus réussis, la médiocrité des acteurs n'étant concurrencée que par la stupidité de leurs réactions : le couple Shuya - Noriko est d'une niaiserie et d'une connerie à toute épreuve, et on aimerait vraiment qu'ils se fassent buter par les concurrents plus crédibles comme Kiriyama ou Kawada.

Exemple type du pétard mouillé, Battle Royale ne développe jamais une idée de départ formidable, multiplie les artifices (la musique classique, qui ne met jamais rien en valeur à l'exception de la mort de Mitsuko Soma) et les fautes de goût (la direction d'acteurs). On se demande d'ailleurs ce que Takeshi Kitano est venu faire dans ce raté presque total, dont la médiocrité n'est concurrencée que par celle du manga du même nom...

Note : 2/10




dimanche 14 juin 2015

Trois souvenirs de ma jeunesse


Titre : Trois souvenirs de ma jeunesse
Réalisateur : Arnaud Desplechin
Acteurs : Quentin Dolmaire, Lou Roy Lecollinet, Mathieu Amalric
Date de sortie en France : 20 mai 2015
Genre : drame, romance

Synopsis : 
Paul Dédalus va quitter le Tadjikistan. Il se souvient… De son enfance à Roubaix… Des crises de folie de sa mère… Du lien qui l’unissait à son frère Ivan, enfant pieux et violent…Il se souvient… De ses seize ans… De son père, veuf inconsolable… De ce voyage en URSS où une mission clandestine l’avait conduit à offrir sa propre identité à un jeune homme russe… Il se souvient de ses dix-neuf ans, de sa sœur Delphine, de son cousin Bob, des soirées d’alors avec Pénélope, Mehdi et Kovalki, l’ami qui devait le trahir… De ses études à Paris, de sa rencontre avec le docteur Behanzin, de sa vocation naissante pour l’anthropologie… Et surtout, Paul se souvient d’Esther. Elle fut le cœur de sa vie. Doucement, « un cœur fanatique ».

Avis : 
Trois souvenirs de ma jeunesse est une préquelle de Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle), et nous raconte donc la jeunesse de Paul Dédalus autour de trois souvenirs. Enfin, plus exactement, autour d'un épisode de son passé et de deux courtes anecdotes qui n'apporteront rien à l'histoire, alors même que le second souvenir, se déroulant en URSS, est le meilleur moment du film. On va donc se concentrer sur l'histoire d'amour entre Paul et Esther, pour notre plus grand malheur.


Car le film va mettre en images les pires adolescents du genre, en nous les présentant comme des bavards prétentieux et insupportables, des têtes à claques incapables de s'exprimer autrement qu'avec des dialogues trop écrits. On ne sait pas trop quel était l'objectif recherché, mais voir ces jeunes roubaisiens s'exprimer de cette façon semble presque moqueur en plus d'être irritant.

L'histoire d'amour en elle-même ne débouche que sur du vent, et si l'on peut d'abord être touchés par le désespoir d'Esther, son comportement de salope paumée et chiante la rend vite aussi antipathique que son compagnon ou leurs conquêtes. Résultat, on s'emmerde royalement devant une histoire qu'on n'aurait clairement pas aimé vivre, devant des personnages qui nous rappellent les pires camarades de nos jeunesses, devant les plus gros clichés possibles sur le nord ou l'Europe de l'Est.

Bref, au bout de deux heures interminables, on a clairement l'impression d'avoir perdu notre temps et de s'être fait avoir sur la marchandise. Soyons tout de même honnêtes : Desplechin nous annonce rapidement la couleur avec le passage de l'enfance de Paul, quand il est confronté à sa mère cinglée dans une scène aussi ridicule que gênante qui aurait dû suffire à nous faire quitter la salle, et à ainsi moins souffrir...

Note : 1,5/10