mercredi 1 mai 2013

Jumanji


Titre : Jumanji
Réalisateur : Joe Johnston
Acteurs : Robin Williams, Bonnie Hunt, Kirsten Dunst
Date de sortie en France : 14 février 1996
Genre : aventures, fantastique

Synopsis : 
Lors d'une partie de Jumanji, un jeu très ancien, le jeune Alan est propulsé sous les yeux de son amie d'enfance, Sarah, dans un étrange pays. Il ne pourra s'en échapper que lorsqu'un autre joueur reprendra la partie et le libèrera sur un coup de dés. Vingt-six ans plus tard, il retrouve le monde réel par le coup de dés de deux autres jeunes joueurs.

Avis : 
Réalisé par Joe Johnston (Chérie, j'ai rétréci les gosses, Jurassic Park 3), Jumanji s'inspire d'un livre pour enfants écrit par Chris Van Allsburg. Il raconte l'histoire d'un jeu maudit, chaque lancer de dé ayant une influence sur le monde réel. Bénéficiant de la présence de Robin Williams, figure de proue du divertissement familial à l'époque (Madame Doubtfire, Flubber) et de la toute jeune Kirsten Dunst (Spiderman, Virgin Suicides, Melancholia), Jumanji est un sympathique film d'aventures fantastiques, mais qui commence à souffrir un peu du poids des années.


Le film remplit parfaitement son objectif premier : divertir. En effet, il multiplie les manifestations issues du jeu, et les diverses épreuves attendant les joueurs assurent un rythme soutenu et quelques passages très spectaculaires : la charge du troupeau, l'arrivée du lion, les plantes carnivores, la mousson...D'autres, plus légères, assurent l'aspect comique et enfantin du film, comme les scènes mettant en scène les singes. Bref, on ne s'ennuie pas une seconde, mais ces nombreuses apparitions sont aujourd'hui handicapées par certains effets spéciaux ayant très mal vieillis.

Les singes, tout particulièrement, s'intègrent très mal à l'image, et les maquillages semblent eux-mêmes bâclés. En revanche, la destruction progressive de la maison des Parrish, frappée tour à tour par les plantes grimpantes, la charge du troupeau, la mousson et un tremblement de terre, est superbement réalisée. On pourra également reprocher l'aspect très enfantin de certains passages ou de certains seconds rôles, même si c'est un procès facile pour une oeuvre clairement destinée aux plus jeunes.

Jumanji reste donc un bon petit divertissement familial, malgré quelques effets spéciaux vieillissant et quelques éléments réservés au plus jeune public. Les nombreuses péripéties font que l'on ne s'ennuie pas une seconde devant ce qui restera, quand même, l'un des meilleurs films de Joe Johnston...

Note : 7/10


Evil Dead (2013)


Titre : Evil Dead
Réalisateur : Fede Alvarez
Acteurs : Jane Levy, Shiloh Fernandez, Lou Taylor Pucci
Date de sortie en France : 1er mai 2013
Genre : horreur

Synopsis : 
Mia a déjà connu pas mal de galères dans sa vie, et elle est décidée à en finir une bonne fois pour toutes avec ses addictions. Pour réussir à se sevrer de tout, elle demande à son frère David, sa petite amie Natalie et deux amis d’enfance, Olivia et Eric, de l’accompagner dans la cabane familiale perdue au fond des bois. Dans la cabane isolée, les jeunes gens découvrent un étrange autel, et surtout un livre très ancien, dont Eric commet l’erreur de lire un passage à haute voix. Les plus épouvantables des forces vont se déchaîner sur eux…

Avis : 
 La vague des remakes des classiques de l'horreur continue. Dernière victime en date : Evil Dead, le bijou de Sam Raimi, modèle d'efficacité et d'ingéniosité malgré un budget plus que serré. Cette fois, c'est Fede Alvarez (qui ça ?) qui se charge de donner une nouvelle jeunesse à ce classique de 1982, Sam Raimi et Bruce Campbell se contentant de le produire et, pour le second, d'apparaître dans une scène inutile après le générique.

Le film a beaucoup fait parler de lui avant même sa sortie grâce à une bande-annonce laissant entrevoir des scènes particulièrement violentes, grâce à une affiche annonçant de façon fort modeste "le film le plus terrifiant que vous ayez jamais vu", et des déclarations du réalisateur estimant avoir réalisé la scène la plus gore de tous les temps. Une publicité à double tranchant : si cela éveille évidemment l'intérêt du spectateur potentiel, cela crée surtout une attente qu'il serait dommage de décevoir. Oups...


Evil Dead ne fait jamais peur (à moins de se contenter de jump-scares grotesques), et ne semble d'ailleurs jamais chercher à le faire. Et la scène finale n'est pas la plus gore de tous les temps, loin de là. Au-delà de ces deux considérations, il faut bien reconnaître une chose : le film est vraiment très violent et sanglant, et bénéficie en plus d'effets spéciaux de qualité, réalisés à l'ancienne, à base de faux sang, de maquillages et de prothèses. Une vraie réussite qui ne parvient pas à éclipser les nombreux défauts du film.

Très long à se mettre en place, à cause d'une volonté de présentation des personnages qui n'ont pourtant aucun intérêt, le film est surtout horriblement explicatif. On passe la moitié du temps à nous expliquer ce qui se passe dans la cabane, parfois en ayant recours à des flashbacks d'événements survenus quelques minutes auparavant...En plus de donner l'impression de prendre le spectateur pour un imbécile, cela plombe constamment le rythme d'une histoire pourtant extrêmement simple...Et puis, le film souffre de la comparaison avec ses modèles, les démons étant moins réussis que dans l'original, et semblant d'ailleurs issus d'une copie ratée de L'Exorciste, lentilles de contact colorées et grossièretés comprises.

Ce remake d'Evil Dead prouve donc une nouvelle fois qu'il ne suffit pas d'aligner quelques scènes gore, aussi réussies soient-elles, pour faire un bon film d'horreur. A trop vouloir nous prendre par la main, le réalisateur uruguayen Fede Alvarez finit par nous perdre, ne nous laissant finalement qu'avec la sensation d'avoir été trompés sur la marchandise par une campagne publicitaire un poil prétentieuse...

Note : 4,5/10


4h44 Dernier jour sur Terre


Titre : 4h44 Dernier jour sur Terre (4:44 - Last day on Earth)
Réalisateur : Abel Ferrara
Acteurs : Willem Dafoe, Shanyn Leigh, Natasha Lyonne
Date de sortie en France : 19 décembre 2012
Genre : drame, science-fiction

Synopsis : 
New York. Cisco et Skye s'apprêtent à passer leur dernier après-midi ensemble. C'est l'heure des adieux, l'occasion d'une ultime étreinte. Comme la majorité des hommes et des femmes, ils ont accepté leur destin. Demain, à 4h44, le monde disparaîtra.

Note : 
Que feriez-vous si le Monde devait disparaître dans quelques heures ? Abel Ferrara (L'Ange de la vengeance, Go go tales) nous donne la réponse : vous vous emmerderiez sans doute profondément, errant sans véritable but, blasés et résignés, ne sachant pas comment combler ces derniers moments de votre existence. Ou alors, vous travailleriez jusqu'à la fin, ou diriez une dernière fois à vos proches que vous les aimez. En gros, vous n'en auriez pas grand chose à faire.


Difficile de dire si cette vision des choses d'un Abel Ferrara très sage est très optimiste ou particulièrement pessimiste. Il centre son film autour d'un couple, Cisco et Skye, qui entre deux étreintes vont combler ces quelques heures comme si elles n'étaient pas importantes. Elle continue à peindre, il regarde la télé, et seules quelques discussions avec des proches rappellent l'apocalypse imminente. Si la volonté d'aborder la fin du monde de façon plus intimiste, très loin de ce que peuvent nous offrir des blockbusters comme 2012, est une idée intéressante (que l'on retrouve déjà un peu dans Melancholia ou Perfect Sense), elle se traduit à l'écran par un immobilisme assez ennuyeux.

Mais surtout, on n'a finalement à aucun moment l'impression que la Fin est proche : personne ne semble véritablement concerné par la fin du monde, se contentant généralement de boire un verre avec des potes ou en famille. Résultat : la fin du monde semble surtout horrible parce qu'on s'y ennuie terriblement. Et malgré l'aspect alarmiste du film, qui insiste parfois lourdement sur la responsabilité de l'Homme dans le désastre, on peine à s'intéresser à ce qui se passe à l'écran, d'autant que l'errance des personnages est d'un intérêt limité, quand leurs réactions ne sont pas irritantes.

4h44 Dernier jour sur Terre ne parvient ainsi jamais à aller plus loin que son idée de base pourtant alléchante. Abel Ferrara nous livre même en fait - peut-être volontairement - l'une des apocalypses les plus chiantes de tous les temps, où même les personnages semblent ignorer totalement leur sort et continuent à vivre comme si rien n'allait bouleverser leur quotidien. Un exercice de style qui finit par lasser, même s'il n'est pas totalement dénué d'intérêt...

Note : 4/10