dimanche 3 février 2013

Flight


Titre : Flight
Réalisateur : Robert Zemeckis
Acteurs : Denzel Washington, Kelly Reilly, Don Cheadle
Date de sortie en France : 13 février 2013
Genre : drame, catastrophe

Synopsis : 
Whip Whitaker, pilote de ligne chevronné, réussit miraculeusement à faire atterrir son avion en catastrophe après un accident en plein ciel… L’enquête qui suit fait naître de nombreuses interrogations… Que s’est-il réellement passé à bord du vol 227 ? Salué comme un héros après le crash, Whip va soudain voir sa vie entière être exposée en pleine lumière.

Avis : 
Depuis Seul au Monde, en 2000, Robert Zemeckis s'était consacré aux films d'animation, expérimentant notamment la technologie de performance capture sur Le Pôle Express, La Légende de Beowulf et Le Drôle de Noël de Scrooge. Avec Flight, il revient donc au film live avec une oeuvre qui dénote un peu au sein de sa filmographie souvent sage.

Il annonce ainsi la couleur dès les premières minutes, nous montrant Denzel Washington buvant et se droguant dès son réveil aux côtés d'une femme nue. Alcools et drogues seront d'ailleurs au centre du film puisque le personnage principal, alcoolique, était ivre au moment de piloter l'avion qui se crashera, et répondra aux diverses accusations, soupçons et harcèlements en se réfugiant dans ses bouteilles. Zemeckis nous présente ainsi un personnage complexe, héros ayant miraculeusement sauvé une centaine de passagers d'un incident qu'il ne pouvait éviter, mais personnage abject voué à s'autodétruire...en attendant une éventuelle rédemption.


Car le thème de la volonté divine est omniprésent, de ce clocher détruit par une des ailes de l'avion piquant vers le sol à ces nombreuses références à Dieu de la part des rescapés. Il est d'ailleurs assez difficile de savoir où veut en venir Zemeckis, entre caricature religieuse ou véritable appel à la foi...Du coup, le film perd en peu de son piquant, et aurait d'ailleurs gagné à finir quelques minutes plus tôt, avant un final étrangement moralisateur.

On a donc une légère impression de gâchis avec ce Flight : Zemeckis démontre une nouvelle fois son talent pour le spectaculaire, avec une formidable scène de crash, et Denzel Washington est, comme très souvent parfait. Mais s'il dénonce efficacement les dérives des médias et l'acharnement de ces derniers sur quiconque entre dans la lumière, si le personnage principal est une merveille d'antihéros, le film s'égare dans un symbolisme parfois primaire qui le dessert véritablement...

Note : 7/10

Camille redouble


Titre :  Camille redouble
Réalisateur : Noémie Lvovsky
Acteurs : Noémie Lvovsky, Samir Guesmi, Yolande Moreau
Date de sortie en France : 12 septembre 2012
Genre : drame, comédie

Synopsis : 
Camille a seize ans lorsqu’elle rencontre Eric. Ils s’aiment passionnément et Camille donne naissance à une fille…
25 ans plus tard : Eric quitte Camille pour une femme plus jeune. Le soir du 31 décembre, Camille se trouve soudain renvoyée dans son passé. Elle a de nouveau seize ans. Elle retrouve ses parents, ses amies, son adolescence… et Eric. Va-t-elle fuir et tenter de changer leur vie à tous deux ? Va-t-elle l’aimer à nouveau alors qu’elle connaît la fin de leur histoire ? 

Avis : 
Le voici donc, le film qui balaie tout sur son passage, qui fait l'unanimité dans la presse et qui compte 13 nominations aux Césars 2013, devant le Amour de Michael Haneke ou De rouille et d'os de Jacques Audiard. Autant le dire tout de suite, je trouve ce succès vraiment étonnant, le film de Noémie Lvovsky m'ayant vraiment ennuyé.


Relecture à peine déguisée du Peggy Sue s'est mariée de Francis Ford Coppola, dont il reprend l'intrigue, certains thèmes ou quelques scènes (chez Coppola, Peggy Sue revient dans son passé à la fin d'une soirée où elle la seule à être déguisée ; chez Lvovsky, Camille est la seule à ne pas être déguisée...), Camille redouble va inévitablement souffrir de la comparaison, notamment en abandonnant la fraicheur de son modèle pour un récit manquant souvent de spontanéité. Ainsi, si Nicolas Cage était souvent touchant avec ses déclarations maladroites et son romantisme d'une gentille niaiserie, les ados de Noémie Lvovsky sont tous des philosophes marginaux et rebelles, ne concevant leur quotidien qu'avec un recul froid. Cest simple, on ne croit à aucun moment en cette adolescence idéalisée.

A côté de ses camarades, Camille, du haut de ses 25 ans d'expérience supplémentaires, sera finalement la seule à se comporter en adolescente, petite conne qui ne doit rien à personne, n'apprenant ni de son passé (enfin, de son futur...) ni de ses erreurs, elle finit par devenir irritante, irresponsable. On se demande bien comment le pauvre Eric a pu tenir 25 ans avant de la quitter. Enfin, on notera la transparence totale des personnages secondaires, dont les parents de Camille. Impossible dans ces conditions de s'émouvoir du décès de l'un d'eux...

Bref, en plus d'être une relecture bien moins réussie que l'original, Camille redouble n'est qu'une petite comédie romantique banale et sans grand intérêt, plombée par une vision de l'adolescence à côté de la plaque et une complaisance assez agaçante. Clairement le succès incompréhensible de ces derniers mois...

Note : 3,5/10

Les Seigneurs


Titre : Les Seigneurs
Réalisateur : Olivier Dahan
Acteurs : José Garcia, Jean-Pierre Marielle, Omar Sy
Date de sortie en France : 26 septembre 2012
Genre : comédie, sport

Synopsis : 
Patrick Orbéra, la cinquantaine, est une ancienne gloire du football qui a totalement raté sa reconversion. Sans emploi, alcoolique et ruiné, il n’a même plus le droit de voir sa fille Laura. Contraint par un juge de retrouver un emploi stable, il n’a d’autre choix que de partir sur une petite île bretonne, pour entraîner l’équipe de foot locale. Si ils gagnent les 3 prochains matchs, ils réuniront assez d’argent pour sauver la conserverie de l’île, placée en redressement judiciaire, et qui emploie la moitié des habitants. Patrick Orbéra est immédiatement confronté à un obstacle majeur : transformer des pêcheurs en footballeurs quasi-professionnels. Il décide alors de faire appel à ses anciens coéquipiers pour l’aider à hisser le petit club breton parmi les grands… 

Avis : 
Il ne faut parfois pas chercher bien loin pour trouver les raisons de la mauvaise réputation du cinéma comique français ces dernières années. Avec Les Seigneurs (les seigneurs de quoi ?), on a un condensé parfait de ce qui handicape la comédie grand public : un scénario écrit par un gosse de 10 ans, un casting misant plus sur la renommée que sur le talent, un thème à la mode et une prétention à toute épreuve.

A l'affiche, quelques "stars" du cinéma français populaire : José Garcia, enfermé depuis quelques années dans des comédies sans grand intérêt (Le Mac, La Vérité si je mens ! 3) ; Omar Sy, tout auréolé du succès de Intouchables ; JoeyStarr, subitement devenu un grand acteur depuis Polisse ; enfin, Gad Elmaleh, Frank Dubosc et Ramzy, dont les qualités d'acteurs sont autant à démontrer que les qualités humoristiques. Bref, le film mise clairement sur la popularité de ces humoristes pour attirer le public, mais oublie totalement de raconter une histoire ou de faire intéragir ces têtes d'affiche entre elles.


Car le scénario est d'une rare maigreur, se contentant d'enchaîner quelques gags et oubliant tout enjeu. Pire encore, on oublie rapidement de nombreux éléments qui n'auront aucune importance : la maladie du personnage d'Omar Sy ? le côté tyrannique de sa femme ? Oubliés. Les rapports houleux entre JoeyStarr et Ramzy ? Perdus dans le script. Les problèmes d'alcool et de drogue ? Ce n'était pas bien grave. Affichant un jeunisme parfois nauséabond (azy, ya un joueur qui s'appelle Le Penis tavu, on va le surnommer Le Pen, c'tro drole sa race quoi !), Les Seigneurs ne s'embarrasse à aucun moment de logique ou de continuité, bien conscient que son unique argument est sa brochette de "vedettes" pour ados.

Et le foot dans tout ça ? On se contentera de quelques matchs horriblement filmés, particulièrement mous, et complètement irréalistes. Le budget étant apparemment englouti dans le salaire des Garcia et compagnie, on n'a même plus assez pour des effets visuels ou des figurants crédibles (il faut voir les joueurs de l'OM, apparemment recrutés au MacDo du coin). Et comme en plus le film semble hésiter entre l'aspect épique de ses matchs et l'aspect comique, il ne fait jamais ni l'un ni l'autre et se contente de gags ratés (Ramzy qui rate toutes ces occasions, c'est tellement drôle !!!).

Les Seigneurs, c'est donc le fond du fond de l'humour français. Espèce d'hymne à la gloire d'humoristes sans aucun talent d'interprétation, le film est tout simplement affligeant de médiocrité à tous les niveaux, de la réalisation calamiteuse au scénario enfantin. Un navet, un vrai !

Note : 1/10