jeudi 7 mars 2013

Chimpanzés


Titre : Chimpanzés (Chimpanzee)
Réalisateur : Mark Linfield, Alastair Fothergill
Acteur : Tim Allen (narrateur)
Date de sortie en France : 20 février 2013
Genre : documentaire animalier

Synopsis : 
A travers Oscar, un petit chimpanzé, nous découvrons l’apprentissage de la vie au cœur de la forêt tropicale africaine et suivons avec humour, émotion et angoisse ses premiers pas dans ce monde. Suite à un drame, il va se retrouver séparé de sa mère et laissé seul face à l'hostilité de la jungle. Jusqu'à ce qu'il soit récupéré par un chimpanzé plus âgé, qui va le prendre sous sa protection... 

Avis : 
Il est toujours assez compliqué de dire du mal d'un documentaire animalier, surtout quand celui-ci tend à nous faire (re)découvrir une espèce menacée. Pourtant, avec ce Chimpanzés de Disney Nature, il est clairement compliqué de passer sous silence les nombreux défauts du film.

Premièrement, le film s'adresse principalement, voire même exclusivement, aux enfants. Seulement, chez Disney Nature, on semble associer l'enfance à la niaiserie la plus pure, principalement par le biais d'un narrateur omniprésent aux interventions souvent puériles. Ainsi, à côté de la description minutieuse de chaque image du film (ce qui n'est pas nécessairement un défaut vu le public visé), on se retrouve avec une interprétation très personnelle des pensées du petit Oscar. Le jeune singe s'exclame ainsi "hummmm c'est bon !" en mangeant un fruit, ou "aïe, ça fait mal !!!" en s'écrasant le pouce sous une pierre. Rapidement irritant, cet aspect devient en plus gênant en associant directement les pensées du jeune singe à celles d'un jeune humain.

C'est là le second défaut majeur du film : prétendre que ces singes ont les mêmes préoccupations et réflexes que des humains, à l'image des manchots de La Marche de l'Empereur. Un bien joli mensonge, qui ruine l'aspect documentaire du film, et qui va jusqu'à diviser les deux groupes de singes rivaux en "gentils" : ceux qui s'introduisent sur le territoire des autres pour voler des fruits et défendent leur territoire ; et en "méchants" : ceux qui s'introduisent sur le territoire des autres pour voler des fruits et défendent leur territoire, mais c'est pas pareil parce que ce sont les ennemis, et que les ennemis sont forcément méchants. Un anthropomorphisme à côté de la plaque qui détruit le but premier d'un documentaire : informer.

Ces deux énormes défauts laissent surtout une impression d'immense gâchis, puisque les images sont magnifiques, on sent que l'équipe de tournage a fait d'innombrables efforts pour nous amener au plus près de ces animaux. Même les images inédites et exceptionnelles de l' "adoption" du jeune Oscar par le mâle dominant du groupe perdent tout leur impact à l'écoute des commentaires du narrateur...

Chimpanzés, c'est donc la promesse déçue d'un magnifique documentaire plombé par l'idée que les enfants ont besoin de niaiseries et de mensonges pour apprendre. Mon premier DisneyNature (je ne compte pas le superbe Océans, simplement distribué aux Etats-Unis sous ce label) m'a donc laissé un goût amer, celui d'un travail superbe horriblement défiguré par une narration stupide...

Note : 3/10


lundi 4 mars 2013

Louise Wimmer


Titre : Louise Wimmer
Réalisateur : Cyril Mennegun
Acteurs : Corinne Masiero, Jérôme Kircher, Anne Benoit
Date de sortie en France : 4 janvier 2012
Genre : drame

Synopsis : 
Après une séparation douloureuse, Louise Wimmer a laissé sa vie d’avant loin derrière elle. A la veille de ses cinquante ans, elle vit dans sa voiture et a pour seul but de trouver un appartement et de repartir de zéro. Armée de sa voiture et de la voix de Nina Simone, elle veut tout faire pour reconquérir sa vie.   

Avis : 
Louise Wimmer vit dans sa voiture. Voilà. C'est tout. On ne saura pas vraiment pourquoi, on ne saura pas vraiment comment. Plus qu'un postulat de base, c'est presque le scénario qui est résumé par ces cinq mots. Parce qu'il ne se passera rien du film, qui va adopter la pauvreté de la vie de son personnage principal à sa mise en scène et à son développement, jusqu'à avoir l'aspect d'un téléfilm de seconde partie de soirée ou d'un reportage un peu racoleur sur la pauvreté.

Comme si  la détresse de Louise Wimmer et le drame permanent qu'elle vit se suffisaient à lui-même, Cyril Mennegun ne va rien construire autour. Nous ne verrons que des tranches de vie : Louise dort dans sa voiture, Louise est confrontée à son employeur, la voiture de Louise est en panne, Louise s'envoie en l'air, etc...Une absence de construction qui nuit considérablement au film, puisqu'on en vient à se désintéresser totalement du destin de son "héroïne".



Un désintérêt qui cède parfois la place au sourire, tant l'interprétation et les dialogues semblent à côté de la plaque. Récitées de façon scolaire, les répliques surréalistes se succèdent dans la bouche de comédiens qui ne semblent croire ni à ce qu'ils disent, ni à leurs personnages, qui disparaissent de toute façon pour la plupart après une apparition de quelques minutes.

Louise Wimmer, c'est donc un film misérabiliste, qui prend bien soin de ne jamais se mouiller ou de proposer une quelconque réflexion sur un sujet pourtant grave. Une preuve qu'il ne suffit pas de montrer la misère pour provoquer l'empathie ou l'émotion...

Note : 1,5/10



dimanche 3 mars 2013

Zero Dark Thirty


Titre : Zero Dark Thirty
Réalisateur : Kathryn Bigelow
Acteurs : Jessica Chastain, Jason Clarke, Joel Edgerton
Date de sortie en France : 23 janvier 2013
Genre : thriller, espionnage

Synopsis : 
Depuis 2003, Maya, une jeune officier du Renseignement américain, se consacre exclusivement à la traque d'Oussama Ben Laden, leader du mouvement islamiste Al-Qaeda, responsable des attentats du 11 septembre 2001...

Avis :
Après la guerre en Irak avec Démineurs, Kathryn Bigelow s'attaque à un autre sujet sensible : la traque, puis l'exécution de Ben Laden, 10 ans après les attentats du 11 septembre. Un sujet forcément très fort, dont la réalisatrice nous rappelle la symbolique dès les premières secondes en diffusant des extraits sonores des derniers instants de certaines victimes de ce drame. Et si cette introduction laissait craindre un développement un peu trop patriotique (principal défaut de son précédent film), la séquence de torture qui suivra nous permet de voir que l'ex-Madame Cameron est bien décidée à ne pas prendre de gants, ni avec son pays, ni avec le spectateur. Ce qui sera confirmé dans l'extraordinaire séquence de raid qui conclura le film.

Mais avant cela, nous suivrons donc les grandes lignes de l'enquête pour retrouver Ben Laden. Découpée en chapitres, et rebondissant au rythme des divers attentats perpétrés pendant ces 10 années (à Londres, à Islamabad ou à Camp Chapman), celle-ci nous décrit donc les méthodes de la CIA pour obtenir les informations, mais aussi les errements du service ou les hésitations des supérieurs, bien décidés à ne prendre aucun risque pour leur carrière. Au milieu de tout ça évolue le personnage de Maya (Jessica - Take Shelter, Des hommes sans loi, The Tree of life - Chastain, comme toujours parfaite), au caractère bien trempé, dont la persévérance et la détermination permettront finalement d'assembler les pièces du puzzle et de décider tout le monde à attaquer la résidence fortifiée. Un personnage comme l'aiment les Américains, sans peur ni reproche, mais qui porte le film sur ses épaules pendant les 2 heures de l'enquête à l'écran.


A bien des égards, le film de Kathryn Bigelow emprunte au documentaire, retraçant scrupuleusement les grandes étapes de la chasse, rappelant les dates, utilisant des images d'archives. Le film est par ailleurs très bien documenté, et reproduit ainsi à l'identique certains décors, comme la cache de Ben Laden qui sera le théâtre de la dernière partie du film. L'occasion pour la réalisatrice de nous plonger au beau milieu de ce commando, dans le noir, n'ayant pour éclairage que les lunettes de vision nocturne ou les lumières de la demeure, et découvrant les lieux et les menaces en même temps que les SEAL, pour l'une des meilleures séquences d'infiltration jamais vues !

Zero Dark Thirty est donc un film coup de poing, une leçon de thriller d'espionnage exploitant un sujet difficile sans (trop) de complaisance. Grâce à une Jessica Chastain impeccable (franchement, comment peut-on ne pas lui avoir donné l'Oscar de la meilleure actrice ?) et une Kathryn Bigelow aussi efficace pour filmer les passages violents que les scènes plus calmes, ZDT s'annonce déjà comme l'un des meilleurs films sortis en France en 2013.

Note : 9/10