samedi 19 janvier 2013

Jack Reacher


Titre : Jack Reacher
Réalisateur : Christopher McQuarrie
Acteurs : Tom Cruise, Rosamund Pike, Robert DuVall
Date de sortie en France : 26 décembre 2012
Genre : action, polar

Synopsis : 
Un homme armé fait retentir six coups de feu. Cinq personnes sont tuées. Toutes les preuves accusent l’homme qui a été arrêté. Lors de son interrogatoire, le suspect ne prononce qu’une phrase : « Trouvez Jack Reacher. »
Commence alors une haletante course pour découvrir la vérité, qui va conduire Jack Reacher à affronter un ennemi inattendu mais redoutable, qui garde un lourd secret. 


Avis : 
On le prétend souvent au fond du trou, fini, has-been, entre sa vie privée mouvementée, son soutien à l'Eglise de scientologie, ses débordements... Pourtant, à 50 ans passés, Tom Cruise montre qu'il en a toujours dans le ventre et, après le succès de Mission Impossible : Protocole Fantôme, il endosse ici le rôle de Jack Reacher, héros d'une saga littéraire écrite par Lee Child, pour l'adaptation du neuvième volume de ses aventures : One Shot.

Réalisé par Christopher McQuarrie, à qui l'on doit notamment le scénario de Usual Suspects, Jack Reacher ne réinventera pas le film d'action policier, dont il reprend les éléments classiques : une enquête qui modifiera les convictions des personnages, un complot, des trahisons, un grand méchant russe, une jeune idéaliste... Pourtant, on a l'impression que ceci est totalement délibéré, afin de permettre au spectateur d'apprécier au mieux le personnage de Jack Reacher, ancien militaire dont la mémoire n'a rien a envier aux compétences derrière une arme ou à mains nues. Un personnage auquel Tom Cruise insuffle son humour et son autodérision, et dont il parvient également à retranscrire la soif aveugle de justice. A la manière d'un Chuck Norris ou d'un Charles Bronson, il ne faut pas venir emmerder ce Jack Reacher à moins de vouloir, au mieux, terminer aux urgences.


Car le personnage est déterminé et brutal, ce qui nous offrira quelques superbes scènes d'action, dont la violence soudaine et la réalisation particulièrement claire rappellent certains passages de Drive. On ne perd pas une mienne des combats, les scènes de poursuites sont parfaitement lisibles, et la dernière fusillade est une merveille.

Tom Cruise endosse donc avec ce Jack Reacher le costume de justicier sans concession, sans demi-mesure, sans peur mais avec un sens certain de la répartie. Parfaitement mis en valeur par la réalisation de Christopher McQuarrie, voilà un film qui, s'il n'invente rien et se montre souvent prévisible, remplit parfaitement son rôle de divertissement de haut niveau !

Note : 7,5/10



jeudi 17 janvier 2013

Populaire


Titre : Populaire
Réalisateur : Régis Roinsard
Acteurs : Romain Duris, Déborah François, Bérénice Béjo
Date de sortie en France : 28 novembre 2012
Genre : comédie

Synopsis : 
Printemps 1958. Rose Pamphyle, 21 ans, vit avec son père, veuf bourru qui tient le bazar d’un petit village normand. Elle doit épouser le fils du garagiste et est promise au destin d’une femme au foyer docile et appliquée. Mais Rose ne veut pas de cette vie. Elle part pour Lisieux où Louis Echard, 36 ans, patron charismatique d’un cabinet d’assurance, cherche une secrétaire. L’entretien d’embauche est un fiasco. Mais Rose a un don : elle tape à la machine à écrire à une vitesse vertigineuse. La jeune femme réveille malgré elle le sportif ambitieux qui sommeille en Louis… Si elle veut le poste, elle devra participer à des concours de vitesse dactylographique. Qu’importent les sacrifices qu’elle devra faire pour arriver au sommet, il s’improvise entraîneur et décrète qu’il fera d’elle la fille la plus rapide du pays, voire du monde ! Et l’amour du sport ne fait pas forcément bon ménage avec l’amour tout court… 

Avis :
La comédie française a, ces dernières années, plutôt mauvaise réputation. Pourtant, si l'on gratte un peu et que l'on regarde au-delà des Astérix et Obélix au service de sa Majesté ou des films avec Dany Boon, on trouve quelques oeuvres très drôles, telles que Adieu Berthe - l'enterrement de mémé ou Le Prénom. Avec Populaire, sa première réalisation,  Régis Roinsard nous offre à son tour une véritable réussite dans le genre.

Pourtant, avec l'étiquette "comédie romantique" et la dactylographie comme toile de fond, on pouvait être inquiet. Heureusement, le sujet est traité avec une telle fraicheur, une telle sincérité et une telle énergie que, très vite, on oublie tout a priori, emportés par le charme de la pétillante Déborah François, jeune française des années 60 dont l'ambition se heurte à la volonté de son père de la voir se marier avec le bon parti du coin. Il se dégage ainsi du film une tendre nostalgie, l'époque étant particulièrement adaptée à la jolie histoire d'amour entre Rose et Louis. Les quiproquos, les situations cocasses, les sous-entendus se succèdent à un rythme soutenu, et même si l'idylle est sans surprise, on se laisse entraîner par l'humour et la tendresse du duo.


Là où le film va davantage surprendre, c'est au niveau des concours de dactylographie. En effet, Régis Roinsard va filmer les compétitions et les entraînements à la façon d'un film sur le sport, apportant une étonnante intensité visuelle et un suspense incroyable à une discipline pourtant peu folichonne. Les différents duels deviennent alors de véritables affrontements où les adversaires se défient du regard, tentent de se désarçonner, au rythme des encouragements d'un public chauffé à blanc et des bruits de leurs machines.

Le film va même jusqu'à parodier cette hystérie autour du sport, érigeant du jour au lendemain Rose en tant que personnalité populaire, participant à toute sorte d'événement, prêtant son image à toute sorte de produit et sponsorisée par la Rolls Royce des machines à écrire, évinçant de la même occasion l'ancienne championne tombant rapidement dans l'oubli. Le destin de la jeune femme ne se limite dès lors plus aux compétitions nationales : il s'agit maintenant de devenir la championne mondiale, et de battre le record du monde !

Drôle et pétillant, piquant et bourré de charme, à l'image de son héroïne, Populaire mêle donc comédie et romance sur fond d'intrigue sportive et s'impose comme l'une des délicieuses surprises du cinéma français de ces dernières années. Arborant un irrésistible charme rétro et un visuel agréablement kitsch, ce premier film de Régis Roinsard rappelle même par moments certains classiques hollywoodiens, et s'impose comme une véritable réussite.

Note : 8/10


mercredi 16 janvier 2013

Les Bêtes du Sud sauvage



Titre : Les Bêtes du sud sauvage (Beasts of the Southern Wild)
Réalisateur : Benh Zeitlin
Acteurs : Quvenzhané Wallis, Dwight Henry, Levy Easterly
Date de sortie en France : 12 décembre 2012
Genre :  drame, aventure, fantastique

Synopsis :
Hushpuppy, 6 ans, vit dans le bayou avec son père.
Brusquement, la nature s'emballe, la température monte, les glaciers fondent, libérant une armée d'aurochs.
Avec la montée des eaux, l'irruption des aurochs et la santé de son père qui décline, Hushpuppy décide de partir à la recherche de sa mère disparue.

Avis :
Précédée d'une réputation flatteuse, récompensée à Deauville, à Sundance et à Cannes, comparée à du Terrence Malick, l'oeuvre de Benh Zeitlin fait presque l'unanimité. Pourtant, cette fable mêlant aventures, drame, film catastrophe et fantastique m'a véritablement laissé perplexe. Evidemment, le film fait figure d'OVNI dans le paysage cinématographique actuel (encore qu'on retrouve quelques similitudes avec le récent L'Odyssée de Pi), la prestation de la jeune Quvenzhané Wallis est remarquable, certains passages très spectaculaires ou poétiques (le début du film est magnifique), mais il manque clairement quelque chose pour véritablement entrer dans le film.

Peut-être est-ce dû à la réalisation, caméra à l'épaule, de Benh Zeitlin, qui finit par donner le tournis, s'amusant parfois à bouger dans tous les sens sans raison. Peut-être est-ce l'aspect répétitif de l'histoire, qui ne progresse pas beaucoup pendant 1h30 et s'évertue à nous montrer la jeune Hushpuppy faire une bêtise, se faire gronder puis apprendre de ses erreurs. Ou peut-être est-ce l'aspect moralisateur, le film ne se contentant pas de nous montrer la difficulté de la vie dans le bayou, face à une nature hostile, mais comparant régulièrement ce style de vie à celui de la population civilisée. Si les gens ne sont pas menacés par la tempête, s'ils ont accès à des soins, s'ils utilisent un couteau pour ouvrir un crabe, alors ce sont sans doute des incapables.


Dès lors, l'aspect initiatique du récit finit par ennuyer, d'autant qu'il est cousu de fil blanc. La jeune Hushpuppy, telle une princesse de Disney, triomphe aisément de chaque épreuve grâce à la bienveillance des personnes qu'elle rencontre ou grâce à son immense courage. Une facilité qui transforme certains événements forts en anecdotes, comme l'arrivée, préparée pendant tout le film, des fameuses bêtes, ou le décès d'un personnage principal.

Ainsi, la jeune fille devient peu à peu irritante, tout comme le fond plutôt ambigu. Dommage, car le bayou dégage une magie et une aura particulières, l'interprétation est parfaite. Mais le film pèche à mon sens par un excès d'esthétisation et un côté donneur de leçons qui, s'il plaira sans doute aux adeptes du retour à la nature, m'a semblé particulièrement mal amené...

Note : 5/10