dimanche 12 juillet 2015

Jupiter : le destin de l'Univers


Titre : Jupiter : le destin de l'Univers (Jupiter ascending)
Réalisateur : Andy et Lana Wachovsky
Acteurs : Mila Kunis, Channing Tatum, Sean Bean
Date de sortie en France : 4 février 2015
Genre : science fiction

Synopsis : 
Née sous un ciel étoilé, Jupiter Jones est promise à un destin hors du commun. Devenue adulte, elle a la tête dans les étoiles, mais enchaîne les coups durs et n'a d'autre perspective que de gagner sa vie en nettoyant des toilettes. Ce n'est que lorsque Caine, ancien chasseur militaire génétiquement modifié, débarque sur Terre pour retrouver sa trace que Jupiter commence à entrevoir le destin qui l'attend depuis toujours : grâce à son empreinte génétique, elle doit bénéficier d'un héritage extraordinaire qui pourrait bien bouleverser l'équilibre du cosmos…

Avis : 
Après le très bon Cloud Atlas, les Wachowski continuent à explorer leur vision de la science-fiction avec Jupiter : le destin de l'Univers (rien que ça !), une oeuvre à mi-chemin entre le space-opera à la Star Wars et le cyberpunk à la Matrix. Au programme donc, combats dans l'espace, créatures fantastiques, romance entre la princesse et le soldat pour un film dont la générosité n'a d'égale que le côté bordélique.


En effet, l'histoire part dans tous les sens, avec cette reine réincarnée dans le corps d'une terrienne, avec notre planète devenant la source de toutes les convoitises, avec cette idée déjà présente dans Matrix de l'humain élevé pour servir d'énergie à une entité qui l'élève comme du bétail, avec des trahisons dans tous les sens, des querelles familiales, avec des pouvoirs spéciaux, des passés torturés... Bref, tout ça aurait sans doute facilement rempli deux ou trois films et, si on ne va pas reprocher aux Wachowski de ne pas prendre le spectateur pour une vache à lait, leur film devient vite indigeste, d'autant qu'il ne fait que deux choses : en foutre plein la tête d'un spectateur incapable de gérer autant d'informations dont aucune ne semble vraiment majeure, et lui en foutre plein les yeux.

Quand il ne se montre pas bavard, Jupiter nous offre en effet un festival de scènes d'action, qui partent elles-aussi dans tous les sens. Si le duo fait un véritable effort pour rendre ces passages lisibles, il faut reconnaître qu'on s'y perd également par moments, la faute à une surenchère constante et à quelques idées un peu idiotes (les bottes anti-gravité de Tatum). Pourtant, la qualité des effets spéciaux et certains passages très spectaculaires permettent de remonter le niveau du film, réveillant le spectateur anesthésier par les histoires de cours et de coeur. Visuellement, ces passages sont très réussis, bien plus en tout cas que certains décors intérieurs ou certains aliens. Allez, on aura au moins le loisir d'admirer Mila Kunis (Black swan, Le Monde fantastique d'Oz) et / ou Channing Tatum (White House down, Foxcatcher).

Jupiter ascending est donc finalement assez symptomatique du cinéma des Wachowski : d'une générosité folle, mais souvent bordélique dans sa volonté d'en mettre le plus possible et d'aligner les inspirations, références et autres clins d'oeil avec un chausse-pied. Hélas, cette fois, la surenchère noie complètement le film, autant dans les nombreuses scènes d'action que dans les nombreuses scènes plus calmes, donnant un film bourrin et grossier dont on ressort épuisé...

Note : 6/10


jeudi 9 juillet 2015

Vice versa


Titre : Vice versa
Réalisateur : Pete Docter
Acteurs : Amy Poehler, Bill Hader, Mindy Kaling
Date de sortie en France : 17 juin 2015
Genre : animation, aventures, comédie

Synopsis : 
Au Quartier Général, le centre de contrôle situé dans la tête de la petite Riley, 11 ans, cinq Émotions sont au travail. À leur tête, Joie, débordante d’optimisme et de bonne humeur, veille à ce que Riley soit heureuse. Peur se charge de la sécurité, Colère s’assure que la justice règne, et Dégoût empêche Riley de se faire empoisonner la vie – au sens propre comme au figuré. Quant à Tristesse, elle n’est pas très sûre de son rôle. Les autres non plus, d’ailleurs… Lorsque la famille de Riley emménage dans une grande ville, avec tout ce que cela peut avoir d’effrayant, les Émotions ont fort à faire pour guider la jeune fille durant cette difficile transition.

Avis : 
Que peut donc avoir une gamine de 11 ans dans la tête ? Comment peut-on expliquer ses réactions, défiant parfois toute logique ? C'est simple : elle est contrôlée, comme nous tous, par cinq émotions qui organisent chaque instant de sa vie, qui gèrent la moindre de ses réactions... et qui sont parfois dépassées par les événements. Ainsi, quand Riley déménage avec sa famille dans une nouvelle ville, dans une maison peu accueillante, tout bascule.


Avec Vice versa, on retrouve enfin ce qu'on aime chez Pixar, et qu'on avait du mal à retrouver depuis quelques années. Loin des décevants Rebelle ou Monstres Academy, le dernier film de Pete Docter (à qui l'on doit déjà les excellents Là-haut et Monstres et Cie) renoue avec le divertissement de qualité, avec ce double niveau de lecture qui en fait toute la richesse, autant pour les enfants que pour les adultes.

Ainsi, aux côtés des scènes d'actions très réussies, des passages hilarants (la fabrique du cauchemar), des séquences plus tristes (Big Bong), on retrouve une réflexion très intelligente sur la perte de l'innocence, sur la nostalgie, avec des événements qui évoquent une foule de souvenirs aux adultes dans une étonnante complicité entre le film et le spectateur qui se reconnaît dans les Emotions, et qui aura sans doute une réaction bien plus forte que l'enfant face à la destruction de certains symboles ou de certaines illusions de la jeunesse.

Vice versa signe donc le retour au sommet de Pixar, par le biais de son réalisateur le plus doué. Il nous replonge avec humour (la chanson qui reste dans la tête) et intelligence dans nos souvenirs, et semble même s'adresser davantage à un public adulte qu'à un public enfantin - n'en déplaise à François Aubel, du Figaro. Et si je reste un fan absolu de Wall-e, ce Vice versa entre directement parmi les tous meilleurs films du studio.

Note : 9/10


dimanche 5 juillet 2015

La prochaine fois je viserai le coeur


Titre : La prochaine fois je viserai le coeur
Réalisateur : Cédric Anger
Acteurs : Guillaume Canet, Ana Girardot, Jean-Yves Berteloot
Date de sortie en France : 12 novembre 2014
Genre : policier

Synopsis : 
Pendant plusieurs mois, entre 1978 et 1979, les habitants de l’Oise se retrouvent plongés dans l’angoisse et la terreur : un maniaque sévit prenant pour cibles des jeunes femmes. Après avoir tenté d’en renverser plusieurs au volant de sa voiture, il finit par blesser et tuer des auto-stoppeuses choisies au hasard. L’homme est partout et nulle part, échappant aux pièges des enquêteurs et aux barrages. Il en réchappe d’autant plus facilement qu’il est en réalité un jeune et timide gendarme qui mène une vie banale et sans histoires au sein de sa brigade. Gendarme modèle, il est chargé d’enquêter sur ses propres crimes jusqu’à ce que les cartes de son périple meurtrier lui échappent.

Avis : 
"Inspiré de l'histoire vraie" du meurtrier Alain Lamarre, La prochaine fois je viserai le coeur nous fait donc suivre un gendarme tueur en série, interprété par un Guillaume Canet (Jappeloup, En solitaire) très loin de ses rôles habituels. Un assassin qui nous suivons au plus près, dans son quotidien, dans son travail... et dans ses crimes. Avec apparemment la volonté d'empiler le plus de clichés possibles.


Cela démarre pourtant bien, avec cette séquence où Guillaume Canet suit longuement une jeune femme avant de l'agresser. Hélas, alors que tout semblait indiquer que cet événement aurait une importance pour la suite, la victime semblant reconnaître le gendarme qui vient l'interroger à l'hôpital, l'épisode sera rapidement oublié, et le film s'enfoncera progressivement dans un classicisme assez agaçant, notamment dans la description de son meurtrier.

Car le gendarme assassin est, évidemment, une personne réservée, qui pratique la flagellation, qui est incapable d'avoir une relation avec une femme, qui est incompris par ses proches et ses collègues. Tous les clichés y passent, et font perdre toute leur force aux scènes de meurtres, pourtant réussies. L'interprétation de Guillaume Canet suit le même mouvement, sombrant peu à peu dans l'absence totale de nuances, flingué par un personnage mal écrit et dont la crédibilité s'efface à chaque seconde.

On attendait donc un peu mieux de ce film policier hélas balisé et se contentant de suivre le cahier des charges et la liste des idées les plus éculées du genre. La prochaine fois, je regarderai autre chose...

Note : 4/10